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Le Forbin détruit un missile supersonique avec un Aster 30

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Le Forbin détruit un missile supersonique avec un Aster 30

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Le 4 avril, les frégates de défense aérienne Forbin et Chevalier Paul ont, pour la première fois en Europe, fait face au missile d'exercice GQM-163A Coyote, mis en oeuvre par la société américaine Orbital. Dotée d'un booster, cette cible manoeuvrante, développée pour simuler une attaque de missile antinavire, peut atteindre la vitesse de Mach 2.5 et voler au ras des flots. Elle a été tirée depuis le Centre d'essais missiles de la Direction Générale de l'Armement, basé sur l'île du Levant, dans le Var, et visait un objectif fictif symbolisant une « unité précieuse », de type porte-avions ou bâtiment de projection et de commandement. Les FDA Forbin et Chevalier Paul, conçues pour traiter une menace anti-missile grâce à leurs radars (S-1850 M et EMPAR) ainsi que leur système d'armes principal PAAMS (avec missiles surface-air Aster 15 et Aster 30), avaient déjà réussi, lors d'exercices, à détruire des cibles. Mais jamais encore des mobiles supersoniques représentant aussi bien le comportement d'un missile antinavire.

 La cible Coyotte   (© : ORBITAL)
La cible Coyotte (© : ORBITAL)

 La cible Coyotte   (© : ORBITAL)
La cible Coyotte (© : ORBITAL)

 La cible Coyotte   (© : ORBITAL)
La cible Coyotte (© : ORBITAL)

 La cible Coyotte   (© : ORBITAL)
La cible Coyotte (© : ORBITAL)

Il convenait donc de tester les nouvelles frégates de la Marine nationale dans une situation de défense aérienne de ce genre. L'essai s'est conclu par une réussite. « Le Forbin a intercepté la cible en vol avec son système Aster 30. Le Chevalier Paul a assuré le suivi de la cible et des missiles tirés. Cet essai, mené en collaboration avec la DGA, conforte la capacité de la Marine à assurer la protection de forces à la mer (groupe aéronaval ou groupe aéromobile) face aux menaces de missiles antinavires les plus contraignants. Il constitue, par ailleurs, une première en Europe, aux cours de laquelle les deux frégates se sont préparées puis ont mené à bien un scénario opérationnel complexe, faisant face à une menace supersonique en vol rasant au dessus de l'eau », se félicite la DGA.
Compte tenu de la nature de l'armement mis en oeuvre, d'importantes mesures de sécurité étaient en place. Au préalable, la DGA avait mené différentes études (sauvegarde, trajectoire, retombées de débris...) ayant permis de déterminer des zones d'exclusion aérienne et maritime.
Pour mémoire, les frégates Forbin et Chevalier Paul, admises au service actif en 2010 et 2011, embarquent chacune 16 Aster 15 et 32 Aster 30.

 Tir d'Aster 30 le 4 avril   (© : DGA)
Tir d'Aster 30 le 4 avril (© : DGA)

 Tir d'Aster 30 le 4 avril   (© : DGA)
Tir d'Aster 30 le 4 avril (© : DGA)

Aster : La toute dernière génération de défense aérienne

Premier missile antiaérien conçu dès l'origine pour la lutte anti-missile, l'Aster est entré en service en 2001 sur le porte-avions Charles de Gaulle. Après la France, il a été vendu à la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Arabie Saoudite, Singapour et le Maroc. Dans la lignée de l'Aster 15, MBDA a développé la version Aster 30. D'une portée de 100 km, ce missile, capable d'atteindre la vitesse de Mach 4.5, est le fer de lance des nouveaux bâtiments de défense aérienne britanniques, français et italiens. Doté d'une grande agilité, l'Aster peut détruire, à l'impact, des missiles assaillants très rapides, manoeuvrants, à vol rasant et fort piqué final. Il est toujours le seul à offrir une parade contre des missiles antinavires supersoniques. Son autodirecteur lui permet, en outre, de traquer sa cible en toute autonomie, offrant au bâtiment porteur la capacité de tirer simultanément plusieurs munitions et, ainsi, de contrer les attaques saturantes. La famille Aster se positionne aussi contre les missiles balistiques (DAMB). Engin endo-atmosphérique, l'Aster Block1 est proposé pour la défense de théâtre face à des engins d'une portée inférieure à 1000 km. Pour l'heure, le Block1 n'existe qu'en version terrestre mais une application navale peut être facilement adaptée. Elle pourrait, par exemple, être embarquée sur les frégates Horizon qui offriraient ainsi, depuis la mer, une couverture DAMB aux forces déployées à terre.

 Le Forbin   (© : MARINE NATIONALE)
Le Forbin (© : MARINE NATIONALE)

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