Histoire Navale

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Le galion espagnol Galeón Andalucia

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Réplique bluffante d’un galion espagnol du XVIIe siècle, El Galeón Andalucia invite à la rêverie. Après son escale ce week-end au festival Temps Fête à Douarnenez (Finistère), le navire accostera ensuite à Saint-Malo puis Paimpol (*). David Ruiz, 25 ans, historien de formation, est à bord d’El Galeón depuis trois mois. Il s’est laissé prendre par la magie de ce trois-mâts, dont il dit « être tombé amoureux ».

Le navire El Galeón Andalucia, de la fondation espagnole Nao Victoria, est arrivé dans la baie de Douarnenez (Finistère) mardi en fin de soirée. Des vents trop forts l’ont obligé à tourner en rond dans la baie avant de pouvoir accoster dans le port du Rosmeur, à 7 h mercredi matin. Des aléas maritimes comme celui-ci, David Ruiz, marin à bord du trois-mâts andalou, en voit tous les jours.

Il y a trois mois, le jeune homme de 25 ans décide d’être volontaire pour intégrer l’équipage de cette réplique de galion. « J’ai fait des études d’histoire et d’archéologie. Mais quand j’avais 11 ans, je rêvais d’embarquer sur le Nao Victoria (NDLR : premier voilier de la fondation). Avec El Galeón, je réalise un rêve ». David Ruiz, originaire de Séville, reconnaît que l’éloignement avec sa famille est la chose la plus difficile à vivre depuis qu’il est parti.

 

 

Une deuxième famille

Mais les bons côtés de cette aventure prennent le dessus sur les mauvais. « Nous sommes entre 20 et 30 sur le bateau, selon les départs et arrivées des volontaires. On est tout de suite intégré. Aujourd’hui, c’est comme ma deuxième famille ». Il ajoute : « Le soir, on se retrouve, on mange ensemble, on rigole et on joue de la musique. Quand on est à bord, c’est un monde à part. On oublie les problèmes, la politique, les tracas… Tout ce qui importe, c’est de naviguer »

La magie des paysages et de la navigation en pleine mer, voiles déployées, est parfois contrariée par la météo, particulièrement changeante au large. « La pluie, ça ne pose pas de problème. Par contre, les vents trop forts et une mer agitée, ça devient compliqué, constate l’Andalou. Le bateau peut se mettre à tanguer violemment. Les nuits deviennent alors très courtes et difficiles. La moitié de l’équipage tombe malade ». El Galeón, bien que réplique d’un galion espagnol du XVIIe siècle, dispose de toutes les normes de sécurité indispensables aujourd’hui. « Pour déployer certaines voiles, il faut monter en haut des mâts. On est attaché à des harnais de sécurité, ce qui n’était pas le cas à l’époque ».

 

(© : FABIEN MONTREUIL)

 

En hommage aux expéditions vers les Amériques

Ouvert au public lors de ses escales, El Galeón Andalucia permet de découvrir le cadre de vie des aventuriers du XVIIe siècle. « C’étaient des marins vraiment courageux. Les conditions étaient difficiles ». Un navire comme celui-ci faisait partie des expéditions espagnoles vers les Amériques. « Ils n’importaient pas seulement de la nourriture ou du matériel, mais aussi un style de vie et une idéologie », explique l’historien de l’équipe. La fondation Nao Victoria est née en 1992 avec pour objectif de préserver le patrimoine maritime de cette époque. « Avant de construire El Galeón en 2010, trois ans de recherche sur l’architecture du navire ont été nécessaires ». Après Temps Fête, le galion reprend la mer. Cap sur Saint-Malo puis Paimpol.

(*) El Galeón Andalucia en escale à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) du 1er au 7 août puis à Paimpol (Côtes-d'Armor) pour la Fête des vieux gréements du 10 au 12 août

Un article de la rédaction du Télégramme