Construction Navale
Le GICAN se mobilise pour aider les grandes comme les petites entreprises du naval

Interview

Le GICAN se mobilise pour aider les grandes comme les petites entreprises du naval

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Construction Navale

A l’image de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), de nombreux clusters et fédérations professionnelles sont sur le pont depuis le début de la crise du coronavirus pour aider les entreprises face à cette situation inédite. Le secteur naval comme les autres. Interpellé par notre article d’hier sur les inquiétudes des petits chantiers, le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN) veut faire savoir qu’il se tient à disposition de tous les acteurs du secteur, grands comme petits, adhérents ou non, pour les accompagner en cas de besoin et faire remonter les difficultés aux autorités concernées. François Lambert, délégué général du GICAN, nous détaille les actions mises en place.

MER ET MARINE : Vous proposez aujourd’hui votre aide aux entreprises du secteur naval, en particulier les PME/PMI dont certaines se disent démunies face à la situation actuelle. Quel support pouvez-vous concrètement leur apporter ?

FRANCOIS LAMBERT : Le GICAN a la possibilité de transmettre toute information utile aux acteurs industriels de la mer qui le souhaitent. Nous avons mis en place à destination des adhérents différents modes d’information. Nous devons en faire profiter le plus grand nombre dans ce contexte si particulier. Les permanents du GICAN sont à disposition de tous ces acteurs, notamment ceux qui ont témoigné de leurs difficultés hier dans votre article.

Un exemple, l’assurance «  perte d’exploitation »  mise en place par l’Etat via le chômage partiel va-t-elle bien fonctionner pour les PME concernées dans le naval ? La DIRECCTE leur demandera-t-elle a posteriori des justificatifs ? Un autre exemple, l’octroi d’un prêt de trésorerie long terme par la BPI, comment cela se passe-t-il suite aux annonces gouvernementales ? Nous devons aller au-devant de ces difficultés et pouvoir accompagner les entreprises dans ces questionnements.

Pour bénéficier de ce support, faut-il être ou devenir adhérent du GICAN ?

Ce n’est pas une nécessité, non. A la guerre comme à la guerre ! D’ailleurs, parmi les adhérents du GICAN, il y a des clusters territoriaux, qui regroupent une partie des entreprises concernées, et nous sommes à disposition pour avancer, avec eux, pour faire remonter leurs préoccupations.

Avance-t-on sur la question de l’accès aux aides pour le chômage partiel ? C’est un besoin qui semble assez généralisé dans le secteur ?

Oui, mais de nombreux blocages existent et nous remontent. Certaines entreprises ont hésité à faire la demande car les conditions prévues par la loi n’étaient pas prévues. Les conditions ont évolué, le chômage partiel peut aller jusqu’à 4,5 smic. L’effort consenti est de 8 Mds€, déjà 400 000 dossiers, et pourrait monter à 2 millions. Nous devons nous assurer que le plus grand nombre peut utiliser ce dispositif, et sait le faire. En ces circonstances tout le monde est sur le pont.

Historiquement le GICAN était plutôt tourné vers l’activité militaire et les grands industriels. Il s’est plus ouvert ces dernières années vers le civil mais a gardé dans l’esprit de nombreuses sociétés de petite taille l’image d’une structure toujours orientée vers les grandes entreprises. Qu’avez-vous mis en place spécifiquement pour les PME ?

Le GICAN était même uniquement militaire avant la fusion avec la Chambre syndicale des constructeurs de navires, c’était en 2009. Le GICAN est résolument dual, civil et militaire. Il est composé de plus de 80% de PME. Cette image d’une fédération qui serait uniquement à la main des grands groupes est erronée. D’une manière plus générale, inciter à une solidarité inter-chantiers, les grands aidant les plus petits, se doit d’être mieux considéré, nous allons y travailler encore plus à compter d’aujourd’hui.

Pour les mesures immédiates, au-delà de l’information que nous avons pu transmettre dans quelques mails ciblés, nous avons établi un guide pratique, nous faisons aussi beaucoup de bilatéral avec les entreprises.

Un questionnaire va être adressé aux adhérentsnous placerons une autre version sur le site à destination des non-adhérents notre but est bien là aussi de recenser tous les besoins utiles de communication à destination des pouvoirs publics.

Alors que de nombreux chantiers et équipementiers ont cessé leur activité depuis la semaine dernière, quelle est la situation à ce stade dans l’industrie navale française ?

La situation est préoccupante dans la construction comme dans la réparation navale. La plupart des chantiers sont fermés. Certains vont tenter de rouvrir la semaine prochaine avec une partie de l’activité mais pas directement à bord des navires. Heureusement le télétravail permet à une partie de l’activité de se poursuivre. Bien entendu toute reprise d’activité devra respecter les mesures sanitaires prévues et notre communication est très axée sur cette question.

Une initiative particulière que nous souhaitons faire valoir dès maintenant : la possibilité de commande de masques groupée. Frédéric Massa, directeur achats de Naval Group, a été désigné référent PME ETI pour la filière des industriels de la mer. Il lui a été proposé de recenser tous les besoins des entreprises en la matière, les détails pour transmettre l’information sont sur le site du GICAN.

Quelles sont les craintes, les principaux problèmes que rencontrent les entreprises ? Certaines sont-elles menacées ?

A ce stade, les problèmes sont très pratiques, liés à la question des masques, du gel, des gants, mais aussi des conseils pour ce qui concerne le chômage partiel et le lien avec la branche.

Comment anticipez-vous les prochains mois ?

Les prochains jours d’abord, je veux vraiment insister, le GICAN réunit les informations qui nous parviennent et se tient à la disposition de tous les acteurs de la filière pour les accompagner : mesures exceptionnelles du Gouvernement et des administrations, des partenaires institutionnels et bancaires.

Pour la suite, la question qui se pose doit moins être celle du jour d’après que la capacité de redémarrage rapide. D’où les équipements en masques, en gel, les gants, et la poursuite de l’activité, pour ceux qui le peuvent, en télétravail.

Selon certaines prévisions, les chantiers européens risquent de souffrir proportionnellement plus que les autres, mais en même temps, des allongements des délais peuvent être profitables. Les chantiers chinois, et encore plus coréens, et encore plus japonais, n'ont que peu de commandes à livrer encore, et sont donc à la merci d'une nouvelle stagnation des commandes, dès les tous prochains temps. Il est cependant un peu tôt pour avancer des vérités sur ce qui attend le secteur. Nous devons aussi aider à sécuriser les contrats à l’export dans le militaire, en lien avec les pouvoirs publics.

Formulez-vous des demandes spécifiques auprès des pouvoirs publics ?

Nous travaillons à consolider cela avec l’UIMM. Les discussions avec les partenaires sociaux sont essentielles pour reprendre le travail après la fin de l’épidémie, sachant qu’il y aura bien un avant et un après coronavirus.

Un vœu peut-être, il y a beaucoup d’initiatives en cours, beaucoup trop peut-être. Il faut absolument faciliter leur coordination et éviter les redondances.

Pour les professionnels : Retrouvez l’ensemble des dispositifs d’aides annoncés par le Gouvernement et les guides de bonnes pratiques sur le site du GICAN ​

Vous pouvez contacter pour tout renseignement Marie-Christine Méchet, Délégué​e aux  Relations adhérents et ​à la stratégie territoriale : marie-christine.mechet@gican.asso.fr

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