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Le gouvernement britannique fixe un nouveau cap à la Royal Navy

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Le gouvernement britannique fixe un nouveau cap à la Royal Navy

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Le gouvernement britannique a dévoilé hier sa nouvelle doctrine en matière de défense. Les quatre premières menaces identifiées sont le terrorisme, les cyber-attaques, les catastrophes naturelles et les crises internationales. Dans un contexte très fort de réductions budgétaires, les armées britanniques voient leur format se réduire. La marine est évidemment touchée et devra supprimer dans les cinq prochaines années 5000 postes, avec un objectif de ramener les effectifs à 30.000 personnels en 2015. Mais, dans l'ensemble, la Royal Navy s'en sort plutôt bien, sauf dans le domaine des grands navires de surface. La force de dissuasion, assurée par quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) est pour le moment maintenue, de manière à assurer une permanence opérationnelle avec au moins un bâtiment à la mer. Du côté des sous-marins nucléaires d'attaque, la construction de 7 nouveaux SNA du type Astute est confirmée afin d'assurer la protection des SNLE et des groupes navals. Ces sous-marins remplaceront nombre pour nombre les unités de la classe Trafalgar actuellement en service.

SNLE du type Vanguard (© : ROYAL NAVY)
SNLE du type Vanguard (© : ROYAL NAVY)

SNA du type Astute (© : ROYAL NAVY)
SNA du type Astute (© : ROYAL NAVY)

Un nouveau porte-avions à catapultes

Le programme des deux nouveaux porte-avions de la classe Queen Elizabeth évolue significativement. La construction des deux navires est officiellement maintenue, une annulation étant considérée comme trop onéreuse. Mais, a indiqué le premier ministre britannique, l'un des deux bâtiments sera immédiatement placé en réserve et sans doute vendu. Le second sera, quant à lui, doté de catapultes et de brins d'arrêt afin de mettre en oeuvre le F-35 C et non le F-35 B à décollage court et appontage vertical. La future plateforme, qui va donc abandonner son tremplin sur l'avant, sera interopérable avec les avions mis en oeuvre par l'US Navy et la Marine nationale. « Les porte-avions que les travaillistes avaient commandés ne nous permettaient pas de travailler de manière effective avec nos principaux alliés en matière de défense : les Etats-Unis et la France. Nous adapterons les catapultes et les mécanismes d'arrêt au bâtiment. Cela permettra à nos alliés d'opérer depuis notre porte-avions et nous pourrons acheter la version catapultée du JSF, qui est plus efficace, moins chère, offre un rayon d'action plus important et emporte plus d'armes », a expliqué David Cameron. Cette décision ouvre, de fait, la voie à une coopération avec la France qui, en coulisse, attendait ce signe permettant de mutualiser les moyens aéronavals des deux pays. L'adoption de catapultes pour le futur porte-avions britannique autorise en effet l'accueil des Rafale français, alors que les Britanniques devraient pouvoir positionner des F-35 C sur le Charles de Gaulle. A Paris, on estime que la mutualisation pourrait, au moins, permettre de maintenir l'entrainement des pilotes durant les arrêts techniques de l'unique porte-avions français. On peut aussi imaginer, mais ce sera politiquement plus délicat, que la Marine nationale récupère la coque mise en vente par les Anglais. Dans ce cas, l'industrie française réclamerait des compensations, ce qui peut, par exemple, être imaginé en faisant participer les chantiers tricolores au nouveau programme de bâtiments de ravitaillement, que la Grande-Bretagne pourrait mener en coopération avec la France.
Longs de 284 mètres pour un déplacement de 65.000 tonnes, les porte-avions de la classe Queen Elizabeth pourront embarquer 40 aéronefs, dont 36 avions. En cours de construction, le premier navire devrait être opérationnel en 2016, alors que le second ne serait finalement pas livré avant 2020.

Le HMS Queen Elizabeth  avec catapultes (© : ROYAL NAVY)
Le HMS Queen Elizabeth avec catapultes (© : ROYAL NAVY)

Le HMS Ark Royal  (© : ROYAL NAVY)
Le HMS Ark Royal (© : ROYAL NAVY)

Le HMS Ocean  (© : ROYAL NAVY)
Le HMS Ocean (© : ROYAL NAVY)

Les porte-aéronefs désarmés ou transformés en porte-hélicoptères

En attendant que cette nouvelle capacité soit disponible, le gouvernement britannique a annoncé hier sa décision de désarmer immédiatement le porte-aéronefs HMS Ark Royal, en service depuis 1985. Son sistership, le HMS Illustrious (1982), ou bien le porte-hélicoptères HMS Ocean (1998), sera également désarmé à l'issue d'une étude devant déterminer lequel des deux navires constitue la meilleure plateforme pour la mise en oeuvre d'hélicoptères. Le MOD a, en effet, décidé de retirer du service les vénérables Harrier GR9 de la Royal Navy et de la Royal Air Force. Cette décision signifie donc la fin de l'aviation embarquée en Grande-Bretagne, au moins jusqu'à l'arrivée du HMS Queen Elizabeth en 2016. C'est un coup dur pour les marins britanniques mais il faut aussi reconnaître que le vieillissement du matériel et l'expérience catastrophique de la Joint Force (rassemblant les appareils de la Navy et de la RAF) rendaient les capacités de l'aviation embarquée britannique avant tout symboliques. La « Fleet Air Arm » ne pourra se relever qu'avec de nouveaux équipements, en l'occurrence le F-35 (JSF), qui a malheureusement pris beaucoup de retard.
Toujours dans le domaine aérien, on notera que le programme des nouveaux avions de patrouille maritime Nimrod MRA4 (armés par la RAF) est annulé. Devant la chambre des Communes, David Cameron a expliqué que ce programme accusait 8 ans de retard et aurait coûté 3 milliards de Livres.

Harrier  (© : ROYAL NAVY)
Harrier (© : ROYAL NAVY)

F-35  (© : ROYAL NAVY)
F-35 (© : ROYAL NAVY)

Nimrod MRA4 (© : BAE SYSTEMS)
Nimrod MRA4 (© : BAE SYSTEMS)

Moins de bâtiments d'escorte et une flotte amphibie réduite


Toujours dans le domaine des grands bâtiments de surface, le gouvernement a décidé de placer en réserve l'un des deux transports de chalands de débarquement (TCD) du type Albion (2003 - 2005). L'un des quatre TCD auxiliaires du type Bay 2006 - 2007) sera également retiré du service. Concernant les navires d'escorte, quatre frégates (type 22) vont être désarmées. La revue stratégique de défense va réduire le nombre de bâtiments de premier rang à 19 en 2015, contre 25 aujourd'hui. C'est donc mieux que les prévisions les plus pessimistes évoquées ces dernières semaines (12 unités). La future flotte comprendra, selon le MOD, les 6 nouveaux destroyers lance-missiles du type 45 (qui remplacent les type 42) et 13 autres frégates, actuellement du type 23 puis, à partir de 2020/2021, du nouveau type 26.

Le HMS Albion  (© : ROYAL NAVY)
Le HMS Albion (© : ROYAL NAVY)

TCD auxiliaire du type Bay  (© : ROYAL NAVY)
TCD auxiliaire du type Bay (© : ROYAL NAVY)

Les HMS Daring et HMS Dauntless, du type 45  (© : ROYAL NAVY)
Les HMS Daring et HMS Dauntless, du type 45 (© : ROYAL NAVY)

Destroyer du type 42  (© : ROYAL NAVY)
Destroyer du type 42 (© : ROYAL NAVY)

Frégate du type 23  (© : ROYAL NAVY)
Frégate du type 23 (© : ROYAL NAVY)

Frégates du type 22  (© : ROYAL NAVY)
Frégates du type 22 (© : ROYAL NAVY)

Frégate du type 26  (© : BAE SYSTEMS)
Frégate du type 26 (© : BAE SYSTEMS)

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