Science et Environnement

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Le gouvernement charge La Boudeuse d'une mission d'observation des milieux marins

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Vendredi, à l'occasion du lancement du Grenelle de la Mer, Jean-Louis Borloo a remis au commandant de la goélette d'exploration La Boudeuse une lettre de mission. Le trois-mâts appareillera prochainement pour l'Amérique du sud, où il débutera une importante mission scientifique destinée à mieux connaître le milieu marin et ses implications dans l'étude de la biosphère, du réchauffement climatique, de la protection de l'environnement et du développement durable. A l'heure où les atteintes et les menaces qui pèsent sur la biodiversité sont nombreuses, le ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, souhaite « renforcer son action en faveur de la biodiversité. L'observation approfondie des milieux marins, estuariens, fluviaux et îliens est particulièrement urgente. La connaissance et l'observation des écosystèmes et de leurs évolutions donnent des moyens incomparables d'intervention auprès des instances régionales et internationales et permettent ainsi de prendre les mesures de gestion adaptées qui s'imposent ».

Le détail de la mission

En matière scientifique, l'équipage de La Boudeuse et ses équipes de spécialistes s'attacheront à l'étude des problématiques environnementales du bassin amazonien et de l'océan Pacifique : déforestation, pollution des fleuves, montée des eaux dans les îles isolées, dégradation des biotopes, disparition des espèces animales et végétales... Ils établiront les inventaires les plus exhaustifs possibles en botanique et en entomologie afin de compléter les connaissances actuelles. Ils échangeront à chaque fois avec les résidents et les sociétés locales, véritables acteurs de leurs environnements et initiateurs de solutions.
Dans le domaine des relations entre les peuples, le trois-mâts français s'attachera, dans les mêmes régions géographiques de l'Amérique du sud et de l'Océanie, à l'étude des groupes humains les plus menacés par les mutations du monde moderne. Partout, l'équipage axera son travail dans le sens d'une meilleure compréhension des peuples entre eux et se mobilisera pour proposer des formes originales de «dialogue des cultures» intégrant la prise en compte des problèmes environnementaux, des ressources énergétiques et du développement durable. Il s'efforcera de diffuser les messages de développement durable auprès des populations rencontrées et évoquer avec eux les mobilisations qui s'imposent.

Communiquer auprès du grand public


Un important volet est également consacré à l'information et la communication, afin de sensibiliser le grand public à ces problématiques. L'équipage fera part de ses travaux au plus grand nombre avec les moyens offerts par les technologies de l'information. Avant d'appareiller pour l'Amérique du Sud, La Boudeuse, procédera au printemps à une tournée des principaux ports de France afin de promouvoir la mission. Après quoi, le navire et son équipage mettront le cap sur l'Amérique du sud. Au cours de l'année suivante, ils concentreront leur travail sur 3 zones géographiques et fluviales de ce continent: les fleuves Amazone, Orénoque, et Parana. Ils remonteront ces fleuves au plus loin qu'ils le pourront, jusqu'au pied de la Cordillère des Andes si possible, sans pour autant négliger les affluents de ces grands fleuves.
Construite il y a près d'un siècle en Hollande, la Boudeuse a été armée au commerce dans la Baltique et la mer du nord avant de devenir navire école suédois peu après la seconde guerre mondiale. En 2003, elle passe sous pavillon français lorsque Patrice Franceschi la rachète pour la transforme en navire d'aventure et d'exploration. Un an de rénovation sera nécessaire dans un chantier breton. La Boudeuse appartient à une association et, d'un point de vue financier, fonctionne essentiellement par les revenus qu'elle tire de sa production intellectuelle. En 2004, la Boudeuse avait quitté la Corse pour une mission d'exploration de trois ans sous le haut patronage de l'UNESCO. Au cours de cette circumnavigation de 50.000 milles, le navire et ses hommes se sont consacrés essentiellement à la découverte de huit peuples mal connus et difficiles d'accès, disséminés entre l'Amérique du sud, le Pacifique, l'Asie et l'Afrique.