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Le gouvernement dit non au terminal méthanier du Verdon

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Le gouvernement dit non au terminal méthanier du Verdon

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A la satisfaction des associations opposées au projet, le gouvernement a décidé de ne pas reconduire la convention de réservation signée en 2006 entre le port de Bordeaux et le groupe néerlandais 4Gas. D'une durée de 3 ans et expirant le 4 août, cette réservation d'un terrain, situé au Verdon, devait servir à la réalisation d'un nouveau terminal méthanier. Mais ce projet, controversé, n'a pas reçu l'appui des pouvoirs publics. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, a précisé qu'il ne souhaitait pas l'implantation d'une telle structure dans l'estuaire de la Gironde, « seul estuaire encore naturel en Europe ».
Annoncée à l'été 2006, la construction du terminal devait initialement débuter l'an dernier. Le chantier était évalué à 400 millions d'euros, le site devant comprendre deux cuves de stockage de gaz naturel liquéfié. 4Gas pourrait intenter un recours juridique contre la décision du gouvernement. la bataille n'est donc pas encore terminée, d'autant que la décision de l'Etat a provoqué de vives protestations dans la communauté portuaire.

L'Union Maritime et Portuaire dénonce les méthodes gouvernementales

C'est au cours de la réunion du Conseil de surveillance du port de Bordeaux, le 23 juillet, que le commissaire du gouvernement a indiqué au nom de l'Etat qu'il s'opposait à la prolongation de la convention signée le 4 août 2006. Cette position suscite le mécontentement de l'Union Maritime et Portuaire de Bordeaux. Cette dernière rappelle que le projet de 4Gas a été inscrit au plan stratégique du port, élaboré par le Directoire, et validé par le Conseil de surveillance et le Conseil de développement, sans veto de l'Etat à l'époque. « Cette prise de position émanant du secrétaire d'Etat aux transports et président du Conseil général de Charente-Maritime, s'oppose ainsi aux décisions prises par les instances portuaires et constitue, en soi, une position inacceptable pour plusieurs raisons », explique l'UMPB. Pour l'Union : « Elle bafoue les règles de fonctionnement de la nouvelle gouvernance du Port ; elle restaure une forme de tutelle de l'Etat que nous croyions disparue ; elle décrédibilise la direction du Port aux yeux des opérateurs portuaires privés impliqués dans la vie de cet établissement mais plus largement aux yeux de l'ensemble des acteurs économiques régionaux et des investisseurs potentiels ; elle fait fi des espoirs de développement industriel d'une région en proie à une crise sans précédent ; elle place un risque juridique et financier extrêmement important sur le GPMB, face aux recours probables de 4Gas ; elle répond enfin à des motivations plus électoralistes qu'environnementales ».

La moitié du Conseil de développement démissionne

Alors que le président de la République a appelé, dans son discours du 16 juillet, au développement des terminaux méthaniers, l'Union Maritime et Portuaire rappelle l'importance économique du projet de 4Gas. « Il est d'un enjeu majeur pour le développement portuaire, le développement économique régional (2 à 4 millions de tonnes de trafic par an et des recettes financières correspondantes, 200 emplois directs et 5 à 7 millions d'euros de recettes fiscales par an, 26 millions d'euros de retombées financières globales) mais aussi pour l'approvisionnement énergétique national et européen ». Parlant de « contradictions » et de « décision choquante », la moitié des membres du Conseil de développement du port de Bordeaux, dont les représentants de la communauté portuaire et des salariés du Port, a décidé de remettre collectivement sa démission. « Par ce geste symbolique, ils comptent souligner l'absence totale de légitimité de ce conseil, dont les décisions et les avis sont ainsi écartés de façon discrétionnaire par l'autorité politique. Ils souhaitent également que la direction générale du Port assume ses responsabilités et les décisions prises antérieurement en autorisant la prolongation de la convention foncière de 4Gas, permettant ainsi l'instruction du dossier industriel auxquels l'opérateur a droit », souligne l'UMPB.

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