Marine Marchande
Le gouvernement et la priorité maritime

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Le gouvernement et la priorité maritime

Marine Marchande

Il y a une semaine, lors du sommet de Barcelone, Dominique Perben et son homologue espagnol ont signé une déclaration d’intention pour la mise en place d’une autoroute de la mer en Atlantique à l’horizon 2007. Il ne s’agit toutefois pour l’heure que d’ « intention » et, pour ce projet dont on parle depuis si longtemps et destiné à désengorger les grands axes routiers, Armateurs de France se demande « s’il est prévu que les déclarations se transforment enfin en actes ».
L’organisme semble en effet douter de l’intérêt du gouvernement pour la chose maritime et déplore les choix du dernier Comité Interministériel d’Aménagement et de Compétitivité des Territoires (CIACT). A cette occasion ont été présentés les 94 projets routiers, ferroviaires, aéroportuaires et maritimes retenus par le gouvernement pour les années 2006 et 2007. « Un (seul) projet parmi les 94 concerne le maritime : c’est le 94ème et unique pour ce mode de transport alternatif au tout route. Une nouvelle fois, la place réservée au transport maritime en tant qu’élément d’une politique d’aménagement du territoire permettant de désengorger le réseau routier, nous semble bien mince… Et la part belle a été faite à des modes (notamment le ferroviaire) beaucoup plus coûteux et qui n’offrent que des solutions à moyen et long terme », explique Armateur de France. L’organisme en profite pour rappeler quelques « chiffres éloquents : Liaison ferroviaire Lyon-Turin = 12,4 milliards d’euros. Coûts d’aménagement de la Transalpine = 15 milliards d’euros. Traversée des Pyrénées (nouveau tunnel central) = 6 milliards d’euros (délai de réalisation : 20 ans). Face à ces investissements colossaux, le coût de l’autoroute de la mer parait en effet dérisoire. L’aménagement des installations portuaires en Atlantique et l’achat de 30 navires ro-ro ne sont estimés qu’à 1,5 milliard d’euros.