Construction Navale
Le groupe Damen accuse le coup
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Le groupe Damen accuse le coup

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Il a pris les commandes du groupe familial début janvier et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’arrive pas au meilleur moment. Arnout Damen est le fils de l’ancien patron Kommer Damen et le petit-fils de Jan, fondateur avec son frère Marinus du groupe naval néerlandais en 1927.  Les résultats 2019 du groupe, qui compte près de 50 chantiers dans le monde, ne sont pas encore publiés, mais ils ne seront pas bons. En 2018, Damen avait déjà affiché une perte de 7 millions d’euros. Pour 2019, cela risque d’être beaucoup plus et le groupe serait déjà en train de provisionner plusieurs dizaines de millions d’euros.

Comme pour une bonne partie de la construction navale européenne, Damen a du mal à se relever de la crise de l’offshore, qui a provoqué à la fois un arrêt net des investissements des armateurs en constructions neuves, mais aussi un très fort ralentissement des entretiens, maintenances, reconversions et arrêts techniques qui alimentaient une bonne partie des chantiers du groupe tournés vers la réparation navale.

Mais ce n’est pas la seule raison. Arnout Damen a donné sa première interview en tant que patron la semaine dernière au quotidien économique néerlandais Het Financieele Dagblad. Il y évoque le fait qu’il y ait « moins de travail » et surtout que les chantiers Damen ont signé des contrats « bien en dessous des coûts réels ». Il y évoque notamment une drague, commandée au chantier d’Albwardy, à Dubai, « pour laquelle nous n’avons pas bien évalué le chantier et qui sera livrée en retard », un bateau fluvial britannique qui a coûté beaucoup plus cher que prévu, une conversion de navire offshore en navire de luxe ou encore des difficultés sur un chantier de maintenance de FPSO. Sa réorientation stratégique serait de revenir davantage vers « ce que nous savons bien faire, la standardisation et la production de série ».

Outre une nouvelle organisation du groupe, avec notamment une évaluation systématique des risques industriels des projets, la nouvelle direction de Damen pourrait aussi envisager la vente de certains chantiers. On évoque notamment les site récemment achetés à Curaçao, Rotterdam ou encore en Roumanie. 

Pour mémoire, Damen possède deux chantiers en France, un à Dunkerque et l'autre à Brest. Le groupe vient de remporter, aux côtés de Lürssen et Thales, le plus gros contrat de son histoire portant sur la conception et la construction des nouvelles frégates allemandes MKS 180. Ce dernier, évalué à 5.7 milliards d'euros, est actuellement contesté par German Naval Yards.

 

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