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Le groupe DCNS va-t-il construire une Gowind sur fonds propres ?

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Le groupe DCNS va-t-il construire une Gowind sur fonds propres ?

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Le groupe naval français fonde de grands espoirs dans sa nouvelle gamme de bâtiments de petit tonnage. Lancée en 2006, la famille Gowind a été totalement revisitée en 2008, afin d'aboutir à une série de bateaux de 1000 à 2000 tonnes. Conçus pour être simples et faciles à construire, tout en étant peu chers à l'achat comme à l'entretien, ces corvettes et OPV (patrouilleurs hauturiers) ont vocation à répondre aux besoins actuels (surveillance et secours maritime, antipollution, lutte contre la piraterie, le narcotrafic et le terrorisme, police des pêches et combat en zone littorale). A l'export, les perspectives pourraient être importantes. Mais, comme pour tout nouveau produit, les clients hésitent à s'engager sur une première commande, craignant d'avoir à essuyer les plâtres d'un prototype. Jusqu'ici, DCNS s'est presque systématiquement appuyé sur les bâtiments de la marine française pour, ensuite, promouvoir ses produits à l'export (sous-marins Daphné et Agosta, avisos A69, frégates La Fayette, FREMM...) Mais, cette fois, la Marine nationale ne pourra pas aider l'industriel, du moins à court terme. En France, le besoin pour ce type de bateau est réel. Dans le cadre du projet BATSIMAR (Bâtiments de surveillance et d'intervention maritime), le ministère de la Défense travaille sur le renouvellement des patrouilleurs du type P400, des avisos et pourquoi pas des frégates de surveillance par une classe de navires uniques. La cible est fixée à 18 unités dans les années 2020. Mais le programme BATSIMAR ne devrait être lancé qu'au cours de la seconde partie de la Loi de Programmation Militaire (LPM), c'est-à-dire après 2012.

Bâtiment de la famille Gowind (© : DCNS)
Bâtiment de la famille Gowind (© : DCNS)

« Faire en sorte que nous ayons un OPV sea proven »

DCNS espérait pouvoir placer ses premières Gowind en Bulgarie mais l'accord politique signé fin 2007 n'a finalement pas débouché sur une commande. « Il est vrai que c'est un produit que nous cherchons à promouvoir et que l'un des atouts pour vendre un produit, c'est qu'il soit, comme on dit, "sea proven", c'est-à-dire qu'il y en ait déjà un qui ait été acheté. Donc, nous sommes en train de réfléchir à la manière de faire en sorte que nous ayons un OPV "sea proven" », explique Patrick Boissier, président de DCNS. Or, le groupe naval ne semble apparemment pas vouloir attendre le milieu de la prochaine décennie pour appuyer sa démarche commerciale à l'export avec une Gowind française, d'autant que DCNS n'a aucune assurance de remporter ce contrat. D'autres industriels, y compris français, convoitent en effet le programme BATSIMAR, à commencer par les CMN de Cherbourg, qui proposent une nouvelle version des patrouilleurs hauturiers de la famille Vigilante.
Pour faire en sorte que la Gowind ne soit plus uniquement un produit « papier » mais un bateau qui navigue, DCNS étudie donc la possibilité de réaliser, sur fonds propres, une première corvette. La décision n'est, cependant, pas évidente à prendre. D'abord, une telle initiative représente un investissement important. Ensuite, après avoir déterminé quelle version de la famille Gowind construire, il faudra trouver une utilité à cette plateforme, qu'on voit mal servir uniquement à la représentation une fois les essais terminés. Au cours d'une conférence de presse le 8 décembre, à la question de savoir si un partenariat public-privé était à l'étude avec la marine, Patrick Boissier a, en tous cas, répondu qu'il ne voyait pas à quoi le journaliste faisait allusion.
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- Voir notre dossier sur les corvettes de la famille Gowind

 Gowind Action (© : DCNS)
Gowind Action (© : DCNS)

 Gowind Presence (© : DCNS)
Gowind Presence (© : DCNS)

 Gowind Control (© : DCNS)
Gowind Control (© : DCNS)

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