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Le groupe de guerre des mines déployé dans le Golfe de retour à Brest
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Le groupe de guerre des mines déployé dans le Golfe de retour à Brest

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Convoyés en cargo, les deux chasseurs de mines tripartites (CMT) de la Marine nationale déployés ces derniers mois au Moyen-Orient sont revenus hier à Brest. Ils en étaient partis le 4 février en pontée du Trina. Pour leur transit retour, ils ont pris place sur un autre navire spécialisé dans le transport de colis lourds de l’armement allemand SAL Heavy Lift, en l’occurrence le Svenja. Cette unité, longue de 160.5 mètres pour 27.9 mètres de large et 12.500 tonnes de port en lourd, est équipée de deux grues d’une capacité de levage de 1000 tonnes chacune qui peuvent être jumelées pour soulever des charges de 2000 tonnes. Elles ont servi à embarquer l’Aigle et le Sagittaire à Abu Dhabi, que le navire a quitté le 19 juin, et vont maintenant permettre la remise à l’eau des deux CMT à Brest.

 

Les deux CMT sur le pont du Svenja lors de leur arrivée à Brest hier (© MICHEL FLOCH)

Les deux CMT sur le pont du Svenja lors de leur arrivée à Brest hier (© MICHEL FLOCH)

 

 

Les deux CMT sur le pont du Svenja lors de leur arrivée à Brest hier (© MICHEL FLOCH)

Les deux CMT sur le pont du Svenja lors de leur arrivée à Brest hier (© MICHEL FLOCH)

 

Les équipages, soit 49 marins dont 6 plongeurs démineurs par bâtiment, ont fait le transit aller et retour par avion, de même que l’état-major de guerre des mines déployé sur zone à l’occasion de cette mission, qui a vu les CMT évoluer dans la région du golfe arabo-Persique. Le groupe de guerre des mines a été opérationnel de début mars à fin mai, le transit entre la Bretagne et les Emirats Arabes Unis prenant environ un mois.

La mission du GGDM a notamment consisté à effectuer des levés de fonds afin de collecter des données pour mieux connaître l'environnement sous-marin et les approches des ports de la région. Objectif : être en mesure de remplir efficacement leur mission de chasse aux mines en cas de conflit dans la zone et, ainsi, garantir la liberté de navigation. Le groupe a travaillé pendant son déploiement en coopération avec des marines régionales ainsi qu’avec les forces américaines et britanniques détachées de manière permanente dans le secteur.

C’est la quatrième fois que la marine française opte pour ce mode de transport dans le cadre du déploiement régulier (tous les deux ans), dans la région du Moyen-Orient, d’un groupe de guerre des mines. Le concept avait été testé avec succès en 2013 puis reconduit en 2015 et 2017. Ce mode d’action permet selon les militaires de se déployer loin des bases métropolitaines, en optimisant le potentiel matériel et humain sur le transit pour se concentrer sur le cœur opérationnel de la mission sur zone.

L’idée est née suite au retrait du service, en 2009, du bâtiment de soutien mobile Loire. C’était en effet avec lui que, jusque-là, les CMT étaient régulièrement envoyés au Moyen-Orient. Le BSM assurait leur ravitaillement et soutien technique grâce à ses ateliers, ainsi que l’accueil de l’état-major de guerre des mines. En 2011, une nouvelle formule avait été testée avec le bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) Var. Validé, ce concept de GGDM articulé autour d’un BCR n’a pas été abandonné car il permet de déployer des capacités anti-mines partout dans le monde et en toute autonomie. Toutefois, dans la mesure où la France dispose depuis 2009 d’une base navale à Abu Dhabi, sans oublier d’autres points d’appui, comme Djibouti, l’emploi d’un BCR pour les missions régulières dans le Golfe et l’océan Indien n’était pas indispensable. Plus économique, le transport par un navire civil permet de répondre à la problématique de la faible autonomie des chasseurs, qui ne sont pas conçus pour réaliser de longues navigations. Et il offre le gros avantage de préserver le potentiel de ces unités mais aussi de leurs équipages au profit de la mission.

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