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Le groupe Jeanne d’Arc en mission Atalante

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Le groupe Jeanne d’Arc en mission Atalante

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Après leur engagement dans l’opération Résilience de soutien à la lutte contre le Covid-19, le porte-hélicoptères amphibie Mistral et la frégate Guépratte, sitôt leur départ de Mayotte le 13 mai, ont intégré l’opération européenne anti-piraterie Atalante au large de la corne d’Afrique. Les deux bâtiments de la Marine nationale doivent participer à cette mission jusqu’au 15 juin.

Partis de Toulon le 26 février dans le cadre de la 11ème mission Jeanne d’Arc, qui vise notamment à assurer la formation des officiers élèves (138 sont à bord), le Mistral et le Guépratte ont vu leur programme largement modifié du fait de la pandémie. Ils n’ont pas poussé comme prévu jusqu’en Océanie, étant après leur escale aux Maldives fin mars redéployés vers Mayotte, où une partie du sous groupement tactique embarqué (SGTE) de l’armée de Terre présent sur le Mistral a été débarqué le 4 avril. Le PHA et sa frégate d’escorte ont ensuite effectué des liaisons logistiques, acheminant depuis La Réunion des vivres, du fret sanitaire et différents équipements. Soit en tout 750 tonnes en deux rotations.

La situation sanitaire internationale demeurant compliquée, la fin du programme de cette 11ème mission Jeanne d’Arc est également modifiée, un certain nombre d’escales et d’interactions avec des alliés n’étant pas possibles. Le groupe va donc cumuler les jours de mer et les exercices, ce qui permettra d’atteindre plus rapidement les objectifs fixés pour la formation des officiers élèves, qui vivent là leur premier grand déploiement à la mer. De ce fait, les bâtiments devraient rentrer à Toulon au début et non à la fin du mois de juillet, la « guerre OE » intervenant peu avant le retour à la base.

En attendant, le Mistral et le Guépratte sont donc engagés au profit d’Atalante, au sein de laquelle la France n’avait pas intégré de bâtiment depuis un bon moment. Lancée en décembre 2008 par l’Union Européenne, au plus fort des assauts de pirates depuis les côtes somaliennes, cette opération se poursuit sans discontinuer, même si le nombre d’attaques de navires a sensiblement baissé ces dernières années. Il s’en produit toutefois encore et l’EUNAVFOR Atalanta est d’ailleurs intervenue fin avril suite au détournement d’un boutre de pêche, dont les 23 occupants avaient été pris en otage. Ils ont pu être libérés par les marins européens, qui ont interpellé cinq suspects.

 

La frégate Numancia a intercepté un boutre détourné par des pirates fin avril 

La frégate Numancia a intercepté un boutre détourné par des pirates fin avril (© EUNAVFOR)

 

En dehors de la protection du trafic maritime au large de la corne d’Afrique, l’une des principales missions d’Atalante est d’escorter les cargos affrétés par le Programme Alimentaire Mondial pour aider la population somalienne. Les bâtiments et aéronefs européens réalisent également des patrouilles côtières afin de surveiller les activités de pêche devant les côtes de la Somalie.  

 

Les frégates Numancia et Carlo Bergamini avec leurs hélicoptères et un avion de patrouille maritime Orion devant les côtes somaliennes 

Les frégates Numancia et Carlo Bergamini avec leurs hélicoptères et un avion de patrouille maritime Orion devant les côtes somaliennes (© EUNAVFOR)

Les frégates Numancia et Carlo Bergamini 

Les frégates Numancia et Carlo Bergamini (© EUNAVFOR)

 

L’opération est actuellement commandée à la mer par un amiral espagnol, embarqué avec son état-major (21 personnes) à bord de la frégate Numancia, qui doit être remplacée en juin par l’une de ses jumelles, la Santa Maria. Jusqu’à la semaine dernière, la force comprenait également la frégate italienne Carlo Bergamini, qui est désormais sur le chemin du retour. La présence du Mistral et du Guépratte est donc précieuse pour l’opération en cette période où le coronavirus perturbe les missions et relèves. Sans eux, Atalante n’aurait temporairement plus reposé que sur un unique bâtiment, même si d’autres nations participent à la sécurisation du trafic maritime dans cette zone et que la coopération y est forte. On rappellera par ailleurs que des moyens aériens européens sont également engagés dans l’opération Atalante, en particulier des avions de patrouille maritime.

Quant au Dixmude, l’autre PHA de la Marine nationale qui avait été engagé Outre-mer dans l’opération Résilience, il y était arrivé le 17 avril aux Antilles avec du fret embarqué à Toulon. Il a quitté la Martinique le 12 mai pour rentrer en métropole, son arrivée dans la base navale varoise étant prévue cette semaine.

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