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Le groupe Jeanne d’Arc a quitté Toulon

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Le groupe Jeanne d’Arc a quitté Toulon

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A l'issue d'une cérémonie présidée par l'amiral Christophe Prazuck, le bâtiment de projection et de commandement Mistral, ainsi que la frégate Courbet, ont appareillé hier pour une mission Jeanne d’Arc exceptionnelle. L’édition 2017 emmènera en effet le groupe amphibie jusqu’au Japon et à l’île de Guam, dans la Pacifique, et s’inscrit dans le cadre d’un renforcement de la coopération avec les alliés anglo-saxons. Ainsi, pour la première fois, des unités de la Royal Navy et de l’US Marine Corps sont à bord du BPC français, en plus des détachements de l’armée de Terre. Une soixantaine de militaires britanniques embarquent ainsi pour toute la durée de la mission avec deux hélicoptères Merlin Mk3 de l’escadron 845 NAS. Ils s’ajoutent aux deux Gazelle de l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) et au Dauphin de l’aéronautique navale également présents à bord.

 

Merlin Mk3 britannique sur le BPC Mistral (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Merlin Mk3 britannique sur le BPC Mistral (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

« La marine britannique opère déjà très régulièrement avec la Marine nationale. Cette coopération atteindra cette année encore un niveau supérieur, avec, en plus de la mission Jeanne d’Arc, la prise de commandement par la France et le Royaume Uni de la coalition multinationale opérationnelle de lutte contre le terrorisme « Combined Task Force 150 » au printemps 2017 », souligne l'état-major de la marine française. En plus des Britanniques, il y a donc des Marines américains sur le Mistral, là encore une grande première. « L’US Marine Corps participe à la mission avec un détachement pendant le premier mois puis dans le Pacifique, impliquant au total près de 125 soldats américains. Ils participeront notamment à des exercices amphibies de grande ampleur : l’un dans l’océan Indien, l’autre dans l’océan Pacifique. Ce niveau de coopération avec les Etats-Unis, témoigne de la confiance durable et du niveau d’interopérabilité entre nos deux pays ».  

 

Cérémonie sur le pont du Mistral avant le départ (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Cérémonie sur le pont du Mistral avant le départ (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

La cérémonie et le départ en images

 

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le Courbet quittant Toulon (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Courbet quittant Toulon (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Mistral quittant Toulon (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Mistral quittant Toulon (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Armée de Terre : 150 hommes et une quarantaine de véhicules

Côté armée de Terre, outre les Gazelle de l’ALAT, appartenant au 3ème régiment d’hélicoptères de combat (3ème RHC) et qui débarqueront à Djibouti, le groupe tactique embarqué (GTE)  est fort de 150 hommes et comprend différents moyens matériels, issus principalement du 21ème régiment d'infanterie de marine (21ème RIMa). Il y a là 18 véhicules à haute mobilité (VHM), un camion lourd de dépannage, 8 poids lourds du type GBC 180, une remorque citerne RQ1500L et un engin du génie d’aménagement (EGAM). S’y ajoutent deux véhicules de l’avant blindé (VAB), deux camions, deux véhicules légers de reconnaissance et d’appui (VLRA) et deux P4 du 3ème Régiment d’artillerie de marine (3ème RAMa) ainsi que 8 véhicules blindés légers (VBL), dont deux Milan, appartenant au Régiment d’infanterie chars de marine (RICM). Ces moyens pourront être débarqués via les rampes du Mistral ou sa batellerie, composée d’un engin de débarquement amphibie rapide (EDAR) et de deux chalands de transport de matériel (CTM).

 

VHM débarqué par un CTM (© ADC J-R DRAHI - SIRPA TERRE)

VHM débarqué par un CTM (© ADC J-R DRAHI - SIRPA TERRE)

 

Plus de 300 marins et près de 140 officiers-élèves

En plus des équipages du BPC et de la frégate, soit plus de 300 marins, le groupe embarque comme à son habitude des officiers élèves en formation : 77 enseignes de vaisseau dont 6 officiers-élèves internationaux intégrés à la promotion 2014 de l’Ecole navale originaires d’Allemagne, de Corée du Sud, du Bénin, de Madagascar, d’Algérie et du Cameroun ; 29 officiers-élèves sous contrat long dit « OMSC » ; 6 commissaires-élèves des armées d’ancrage Marine ; 11 administrateurs des affaires maritimes ; 6 médecins des armées appelés à débuter leur carrière dans la Marine nationale ; 8 officiers-élèves invités en cursus « extérieur » originaires du Royaume-Uni, d’Egypte, d’Indonésie, du Cameroun, du Canada, du Maroc. Ils seront rejoints pour de courtes périodes par 10 sous-lieutenants de Saint-Cyr Coëtquidan, 10 stagiaires-ingénieurs de l’armement et 15 stagiaires de l’EDHEC.

Pré-positionnement stratégique, coopération et diplomatie

Initiée en 2010 afin d’assurer la succession de l’ancien bâtiment école dont elle porte le nom, la mission Jeanne d’Arc, qui se déroule tous les ans, vise non seulement à former ces jeunes militaires, qui vivent là leur premier grand déploiement à la mer dans un cadre interarmées et international, mais aussi à remplir des missions très opérationnelles. Il s’agit d’abord, pour la Marine nationale et l’Etat-major des Armées, de déployer le groupe amphibie dans des zones considérées d’intérêt stratégique, comme le Moyen-Orient, l’océan Indien et la région Asie-Pacifique. « Le pré-positionnement du groupe Jeanne d’Arc permet de maintenir une connaissance approfondie de ces zones, d’en évaluer les évolutions et d’anticiper l’apparition des crises. Il confère également une autonomie de décision à la France. Comme tout bâtiment en mer, les marins de combat composant la mission Jeanne d’Arc peuvent être engagés en opérations sur ordre du chef d’état-major des armées », rappelle la marine.

 

BPC et EDAR (© MARINE NATIONALE)

BPC et EDAR (© MARINE NATIONALE)

 

C’est aussi l’occasion, et c’est frappant cette année avec l’embarquement d’unités anglo-saxonnes, de renforcer la coopération avec des pays alliés, en particulier via des exercices et échanges incluant au fil du déploiement des forces armées riveraines des régions traversées. « Lors du déploiement du groupe Jeanne d’Arc, de nombreuses actions de coopération sont programmées, notamment avec les marines britanniques et américaines accueillies à bord du BPC Mistral. Elles témoignent de la volonté de maintenir un très haut niveau d’interopérabilité avec nos alliés, nécessaire à la conduite d’opérations dans une coalition internationale. Aujourd’hui, la Marine nationale agit dans le cadre de coalitions dans la lutte contre Daech, dans la lutte contre la piraterie maritime en océan Indien, ou encore contre les trafics de migrants et en tout genre ».

Cette mission a aussi une dimension diplomatique importante, avec en particulier des séquences fortes, comme la traversée de la mer de Chine, considérée comme un pré-carré par Pékin et où la France va, une nouvelle fois, affirmer son attachement à la liberté de naviguer dans les eaux internationales. Exercices et escales seront aussi l’occasion de renforcer des liens et faire passer des messages. « Le groupe Jeanne d’Arc est une partie du territoire national. Il contribue ainsi à renforcer le rayonnement de la France. Sa seule présence est un signal fort de notre pays et un appui incontestable à notre diplomatie. Comme pour tous les bâtiments de la Marine nationale à l’étranger, les escales permettent de développer les relations que la France entretient avec le pays d’accueil. Elles sont une opportunité pour des actions à forte valeur ajoutée, au soutien de l’influence française ».

 

Programme de la mission Jeanne d'Arc 2017 (© MARINE NATIONALE)

Programme de la mission Jeanne d'Arc 2017 (© MARINE NATIONALE)

Retour mi-juillet

Enfin, le groupe amphibie participera au soutien à l’exportation de l’industrie française. La mission, qui durera quatre mois et demi, s’achèvera avec le retour prévu mi-juillet du Mistral et du Courbet.

 

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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