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Le Harrier embarque sur le bâtiment de projection espagnol Juan Carlos I

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Le Juan Carlos I, qui devrait être à Toulon du 20 au 24 mai, a accueilli pour la première fois, le 3 mai, un AV-8B Harrier Plus. L'appareil s'est posé verticalement sur le pont du nouveau navire amiral de la flotte espagnol. Il s'agit d'un évènement très important dans la montée en puissance du programme BPE (Buque de Proyección Estratégica ), initié par l'Espagne non seulement pour ses besoins nationaux, mais également pour permettre au constructeur du bâtiment, Navantia, de décrocher des marchés à l'export. Adoptant le concept des porte-hélicoptères d'assaut américains (LHD), le Juan Carlos I est à la fois un transport de troupes et de matériel, un transport de chalands de débarquement, une unité de commandement et un porte-aéronefs. Long de 231.4 mètres pour 32 mètres de large et un déplacement de 26.800 tonnes en charge, le BPE est armé par 247 marins et peut embarquer 900 soldats. Quelques 5600 mètres carrés de ponts sont réservés au stockage de matériel et de véhicules, dont des chars lourds ; alors que le radier peut accueillir quatre chalands de débarquement ou un engin sur coussin d'air de type LCAC.

 (© : ARMADA ESPANOLA)
(© : ARMADA ESPANOLA)

L'atout des installations aéronautiques

Long de 202.3 mètres, le pont d'envol du Juan Carlos I dispose de six spots d'appontage (pour hélicoptères de type NH90) et s'achève par un tremplin incliné à 12 degrés. Il est relié par deux ascenseurs à un hangar, qui peut abriter 12 appareils. En tout, le navire peut embarquer jusqu'à 30 hélicoptères moyens et lourds, ou 12 Harrier et une douzaine d'hélicoptères. La capacité de mise en oeuvre d'avions à décollage court et appontage vertical est un véritable atout pour le BPE. En adoptant ce design, des marines se réservent en effet le choix, si le besoin s'en fait sentir, de convertir leur porte-hélicoptères en porte-aéronefs. Certes, cet atout peut paraître relatif mais, psychologiquement, il permet aux acquéreurs potentiels de conserver une liberté de choix ultérieure ce qui, dans un contexte stratégique évoluant sans cesse, est considéré comme un avantage. Cette possibilité fut, sans doute, l'une des raisons pour lesquelles l'Australie a préféré le BPE espagnol au BPC français, qui a seulement été conçu pour embarquer des hélicoptères. En faisant ce choix, l'Australie (qui a commandé deux exemplaires) conserve la possibilité de recouvrer, si elle le souhaite, des porte-aéronefs, une composante qu'elle ne possède plus depuis le désarmement du HMAS Melbourne en 1982. Les industriels espagnols jouent probablement la même carte avec la Turquie, où le BPE est aussi en compétition avec le BPC français. Là encore, Ankara pourrait être séduite par la perspective de pouvoir posséder son premier porte-aéronefs. Comme pour l'Espagne, les acquéreurs étrangers du BPE pourraient équiper leurs navires, dans quelques années, de la version à décollage court et appontage vertical du F-35 (le F-35B), programme dont l'Australie et la Turquie sont d'ailleurs partenaires.

 (© : ARMADA ESPANOLA)
(© : ARMADA ESPANOLA)

Traversée de longue durée jusqu'au 11 juin

Livré le 30 septembre dernier à la marine espagnole, le Juan Carlos I a appareillé lundi de la base navale de la Rota pour sa traversée de longue durée. Cette campagne, qui durera jusqu'au 11 juin, vise à tester les systèmes sur une période significative et poursuivre les essais comme la mise au point des matériels, ainsi que l'entrainement de l'équipage. Au-delà des aspects purement techniques, cette traversée a aussi des ambitions politiques et commerciales, le navire étant en représentation dans plusieurs ports. Il est, ainsi, du 6 au 8 mai à Las Palmas, dans l'archipel des Canaries, puis rejoindra la Méditerranée pour gagner Carthagène (13 au 15 mai) et Toulon (20 au 24 mai). Il sera ensuite présenté aux autorités turques à Istanbul, du 30 mai au 3 juin puis, sur le chemin du retour, fera une escale très symbolique dans l'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, du 9 au 10 juin. Pour cette campagne, le BPE conserve l'AV-8 B qui est arrivé à bord lundi, ainsi que trois hélicoptères et deux chalands de débarquement. En plus de son équipage, 287 personnes sont à bord, dont 100 hommes de l'infanterie de marine avec leur matériel et des véhicules, ainsi que 56 officiers-élèves (Guardias marinas) qui ont achevé dimanche dernier leur campagne d'application sur le voilier école Juan Sebastian de Elcano.

 (© : ARMADA ESPANOLA)
(© : ARMADA ESPANOLA)

 (© : NAVANTIA)
(© : NAVANTIA)

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