Marine Marchande
Le Havre : La CFDT obtient de Louis Dreyfus le retrait du pavillon bis italien

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Le Havre : La CFDT obtient de Louis Dreyfus le retrait du pavillon bis italien

Marine Marchande

Après l’action menée, le 8 décembre 2005, contre le Norman Spirit, le syndicat a obtenu de la direction de Louis Dreyfus Lines l’abandon du pavillon bis italien, sous lequel le ferry opère depuis le début de son exploitation, le 30 octobre dernier. La CFDT Maritime Normandie se « félicite de cette décision. Le registre bis italien amen(ait) la déréglementation sur le transmanche » et affirme que, grâce à son action, elle permet « aux compagnies opérant actuellement sur le secteur transmanche (SeaFrance, Brittany Ferries et Transmanche Ferries), armées sous pavillon français, de garantir les 3 000 emplois de navigants français sans être confrontées à une déréglementation sur ce secteur, qui se serait avérée catastrophique pour l’emploi ». LDL s’est donné jusqu’au 30 mars prochain pour armer le Norman Spirit sous pavillon français ou britannique; cette dernière solution étant la plus probable, selon l’armateur. La date correspond à la fin de l’affrètement du Sardinia Vera, un bateau de Transmanche Ferries lui aussi armé sous registre italien.

2,5 millions d’euros de surcoût

Après le départ de P&O, Louis Dreyfus Armateurs avait décidé de prendre le relais sur la ligne Portsmouth – Le Havre. Pour parvenir à un modèle rentable, la compagnie avait souhaité minimiser ses frais de fonctionnement en utilisant le pavillon bis italien, mesure qui avait été présentée aux autres directions des opérateurs transmanche avant l’entrée en service du ferry. L’action syndicale très forte menée le 8 décembre dernier au Havre n’a, toutefois, pas laissé le choix à LDL : « La CFDT faisait peser des risques bien trop importants sur l’exploitation de la ligne, alors que la saison débute progressivement en mars. Par soucis d’apaisement et de maintien de l’emploi, nous nous sommes donc engagés à changer de pavillon », explique Antoine Person. Selon le Secrétaire Général de Louis Dreyfus, cette mesure n’est toutefois pas sans risque : « La question est désormais simple : Est-ce que la ligne sera rentable avec le surcoût que nous avons estimé à 2,5 millions d’euros ? ». La décision de poursuivre l’armement d’un ferry, entre l’estuaire de la Seine et l’Angleterre, sera prise après la saison estivale, à l’heure du bilan annuel. Pour la région, le trafic annuel entre Le Havre et Portsmouth est estimé à 600.000 passagers et 50.000 camions. Louis Dreyfus Lines emploie également 25 personnes en Normandie et reverse 700.000 euros de taxes au port du Havre.

Louis Dreyfus Armateurs