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Le Havre : Le projet de la SNRH retoqué par les Affaires Maritimes

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Le Havre : Le projet de la SNRH retoqué par les Affaires Maritimes

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La Société Nouvelle de Remorquage du Havre a décidé de lancer une série de recours, suite au rejet par l’administration de son nouveau projet détaillant les modalités d’armement de ses navires. Cette « décision d’effectif » doit prendre en compte, depuis le 15 janvier, l’accord signé entre les partenaires sociaux et les entreprises de remorquage sur les 35 heures. Les Affaires maritimes ont estimé cette semaine que le rythme et l’organisation du travail violaient une disposition de ce décret sur la RTT. « Nous proposons 10 heures de travail par jour, pendant 7 jours, puis une semaine entière de repos, ce qui nous fait en moyenne 72 heures par semaine travaillée. Nous sommes donc complètement dans l’accord cadre », tempête la direction de la SNRH. Le rythme prévu, avec une semaine de travail sur deux, serait « le système appliqué dans la plupart des ports européens ». Les Abeilles (groupe BOURBON), ne fonctionnent pas sur ce modèle. Les équipages des 9 remorqueurs havrais travaillent en 24 H – 48 H, ce qui impose trois bordées, contre deux seulement pour la SNRH : « Si pendant 7 jours vous devez prendre tous les navires qui se présentent, vous travaillez en continu. A partir du moment où on donne des repos, on ne peut plus travailler. Nous estimons que ce n’est pas faisable et qu’avec le système proposé par la SHRH, il faut être 3,7 bordées », assure Patrick Le Bris. Pour le secrétaire de la CGT Marins du Havre : « Le problème, c’est qu’ils ne respectent pas la législation. S’ils avaient voulu travailler, ils auraient travaillé dès le 1er janvier, comme ils l’avaient annoncé ».

Recours déposé ce matin

Du côté de la SNRH, on ne décolère pas. Selon la société, qui estime que l’administration souhaite imposer le système de fonctionnement des Abeilles : « C’est une volonté de ne pas nous faire travailler, ce n’est pas autre chose. Ils ont toutes les garanties sur le temps de travail et les repos respectés, sans compter que le projet a reçu l’agrément du port autonome en janvier ». En conséquence, un recours hiérarchique sera déposé ce matin devant le directeur interrégional des Affaires maritimes. Si la SNRH n’obtient pas satisfaction, un nouveau recours sera déposé devant le ministre des Transports. En parallèle, l’entreprise et ses avocats peaufinent une procédure destinée à casser l’arrêté d’extension. Cette requête sera examinée par le Conseil d’Etat, celui-là même qui avait signé le texte. En attendant la décision, la SNRH compte sur une mesure suspensive, lui permettant de débuter l’exploitation de ses remorqueurs. « Nous allons expliquer à Dominique Perben que la SNRH ne travaillera pas dans le port tant que la justice n’aura pas tranché. Si le décret est cassé et qu’il y a une mesure suspensive, nous appellerons au blocus des ports français », menace la CGT.

Commission de sécurité régionale

En parallèle de la décision d’effectif, la commission régionale de sécurité s’est réunie hier pour faire l’état des lieux des remorqueurs de la SNRH. Seul le RT Pioneer, ancien navire exploité à Rotterdam, n’avait pas soulevé d’objection en matière de sécurité. En revanche, les quatre unités neuves ne répondaient pas à tous les critères. Construits en Turquie, les SD Loire et SD Seine ont obtenu des dérogations sur la mise en œuvre de leur embarcation de sauvetage. Suivant la législation, le canot doit pouvoir être mis à l’eau sur les deux bords, ce qui n’est pas le cas sur ces bateaux. Une grue télescopique pourra néanmoins faire le travail. Concernant les deux coques construites à Singapour, les RT Stéphanie et RT Claire, c’est la position des cabines équipage qui pose problème. Les logements sont situés 400 mm sous la ligne de charge, ce qui est formellement interdit. La SNRH a proposé de réaménager un local situé au pont principal. Dans l’attente des travaux, les marins ne sont normalement pas autorisés à dormir à bord. Le mois dernier, les cinq remorqueurs avaient reçu leur certificat de navigation mais, ne disposant pas d’autorisation pour remorquer, ils restent cloués à quai. La SNRH, qui devait commencer à opérer au 1er janvier, perdrait, selon son président, Michel Kindermans, 25.000 euros par jour. L’entreprise serait parvenue à signer des contrats avec 30% des armements escalant au Havre.

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