Marine Marchande
Le Havre : Le ras le bol des employés de la SNRH

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Le Havre : Le ras le bol des employés de la SNRH

Marine Marchande

Depuis lundi, les remorqueurs de la Société Nouvelle de Remorquage du Havre (SNRH) sont de nouveau bloqués à quai. Cette situation fait suite à l'ordonnance rendue le 15 juillet par le Conseil d'Etat. Ce dernier, saisi par le ministère de l'Ecologie et de la Mer (dont dépendent les Affaires maritimes), a suspendu une décision du tribunal administratif de Rouen. Après un premier jugement favorable à la SNRH en janvier, le TA avait été de nouveau saisi par les Affaires maritimes dans le but de suspendre la décision d'effectifs de la compagnie, qui se heurte depuis des années aux syndicats de Boluda, le principal opérateur de remorquage dans les ports français. Les uns et les autres font une interprétation différente des textes règlementaires en matière d'horaires de travail et de temps de repos. Filiale du Néerlandais Kotug, la SNRH livre une véritable guerre de tranchée depuis qu'elle s'est implantée dans un secteur historiquement tenu par son concurrent (autrefois Les Abeilles). Une nouvelle fois saisi, le tribunal administratif de Rouen a de nouveau donné raison à la SNRH. Mais c'était sans compter avec le recours formulé auprès du Conseil d'Etat, qui lui a été défavorable. Par conséquent, les 6 remorqueurs de la société ont interdiction de travailler depuis le 19 juillet. Face à ce nouveau rebondissement, les salariés de la SNRH expriment leur ras le bol : « Tous les salariés, navigants et sédentaires sont aujourd'hui inquiets pour la pérennité de leurs emplois. Plus de 75 emplois sont en jeu. Les salariés navigants de la SNRH qui sont avant tout des marins pleinement satisfaits de leur condition de travail en comparaison avec les embarquements qu'ils ont pu connaître et ne souhaitent en rien modifier l'organisation actuelle du travail adoptée au sein de leur compagnie. Il est tout à fait hors de question que notre statut de marin soit aujourd'hui remis en cause pour le confort de certains qui se disent représentatifs d'une profession et craignent de perdre leur prétendu acquis sociaux », s'indigne le Syndicat Indépendant du Personnel du Remorquage, qui parle de « harcèlement ».

Les marins veulent rester sur leurs bateaux

Cette organisation n'est aujourd'hui active qu'au sein de la SNRH et a été créée en 2008 pour contrer les attaques de certains représentants syndicaux, qui accusaient la SNRH de ne pas respecter la règlementation et d'entrainer une « distortion de concurrence » par rapports aux opérateurs historiques. « Nous avons créé ce syndicat car nous voulions faire entendre la voix de la grande majorité des salariés de la SNRH et répondre à l'agacement interne face au tapage de gens qui se disaient représentatifs du personnel. Au début, il y avait des choses à régler mais cela a été fait grâce à un accord d'entreprise conclu à l'été 2008 et approuvé à l'unanimité par les salariés », explique un responsable du SIPR. Le syndicat de la SNRH défend, notamment, la possibilité pour les équipages de rester à bord des navires durant leur temps de repos, plutôt que de quitter les remorqueurs pour rejoindre un hôtel. « Ce que nous défendons, c'est notre statut de marin. On ne voit rien de choquant à vivre sur un bateau et être disponible pour les astreintes ou des tâches relevant de la sécurité. Partout dans le monde, quand on va dans sa cabine on se repose. On n'imagine pas débarquer du bateau pour prendre du repos ! Pour l'heure, les équipages de la SNRH (7 dont un en renfort) effectue 15 heures de travail (10 effectives et 5 d'astreinte), suivies de 9 heures incompressibles de repos. Cette organisation, dénoncée par les détracteurs de la SNRH, pourrait évoluer. La compagnie, qui a pour priorité de reprendre au plus vite son activité, a proposé aux Affaires maritimes des aménagements sur les horaires de travail.

Port du Havre