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Le Havre à l’heure de l’avitaillement de paquebots en GNL

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Le Havre à l’heure de l’avitaillement de paquebots en GNL

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Le terminal croisière du port du Havre effectuait hier une répétition générale en vue d’effectuer la semaine prochaine le tout premier avitaillement en France d’un paquebot en gaz naturel liquéfié. C’est l’AIDAprima, dernier-né de la compagnie allemande AIDA Cruises, qui va bénéficier de ce nouveau service. Flambant neuf, le navire, positionné au départ de Hambourg, est exploité sur des croisières de 8 jours vers Southampton, Le Havre, Zeebrugge et Rotterdam. Il sera chaque mardi en Normandie, où il est comme tous les paquebots du groupe Carnival consigné par Humann & Taconet, qui était donc sur le pont, hier, pour une escale inaugurale un peu particulière. Comme pour tous les ports desservis par son nouveau paquebot, l'armateur a demandé qu’une simulation de chargement en GNL (sans transfert de liquide) soit réalisée pour la première visite. Il s’agit de valider les procédures, notamment dans le domaine de la sécurité, mises en place par les autorités portuaires pour effectuer cette opération, qui nécessite des précautions particulières. Réalisé avec succès au Havre, cet essais à blanc, réussi, ouvre la voie à une première livraison de GNL mardi prochain. 

Produire une électricité propre à quai

L’avitaillement en GNL de l’AIDAprima n’est pas destiné à alimenter la propulsion du paquebot, mais de lui permettre, à quai, de produire son électricité avec une énergie plus respectueuse de l’environnement. Car le gaz permet d’éviter les rejets de d’oxydes de soufre (SOx) et d’azote NOx, tout en réduisant significativement les émissions de CO2. A cet effet, l’un des quatre groupes alimentant l’appareil propulsif du paquebot (d'une puissance de 46 MW, le navire étant doté de deux Azipod pour une vitesse de plus de 21 noeuds) comprend un moteur dual MAK 12M46DF, les trois autres étant des « classiques » Caterpillar 12VM43C. Le MAK peut donc fonctionner au gaz comme au carburant classique. 

A Hambourg, le port d’attache de l’AIDAprima, la fourniture du courant est assurée par une barge au GNL, l’Hummel, équipée de moteurs Caterpillar et qui a débuté l’an dernier ses opérations au profit d’autres paquebots d’AIDA.

Camion-citerne

L’idée est donc maintenant de développer le fonctionnement du générateur au gaz (externes ou via le MAK du bateau) dans les autres ports que l’AIDAprima est amené à fréquenter, comme Le Havre. Dans le port normand, où il n’existe pas de barge comme à Hambourg, il a été décidé d’utiliser un camion-citerne qui alimentera directement le moteur de l’AIDAprima lors de ses escales à la pointe de Floride. Une technique fiable qui est déjà en service depuis plusieurs années en Europe du nord (voir notre reportage sur le ferry norvégien Bergensfjord)

 

Les futurs paquebots de Costa auront une propulsion au GNL (© : COSTA CROISIERES)

Les futurs paquebots de Costa auront une propulsion au GNL (© : COSTA CROISIERES)

 

Les ports français se préparent à la montée en puissance du gaz

Alors que le nombre de navires fonctionnant au GNL ne cesse de croître, il s’agit pour Le Havre d’une première étape avant, pourquoi pas, de futurs soutages complets si la propulsion au gaz se développe suffisamment et qu’un besoin des armateurs se fait sentir dans l'estuaire de la Seine. D’autres places françaises se positionnent d’ailleurs sur ce marché, comme Dunkerque, qui voit dans son nouveau terminal méthanier, qui entrera en service en juin, la possibilité de développer une telle capacité, pour des navires marchands ou des ferries notamment. Et puis il y a Marseille, premier port croisière de France, en compétition pour accueillir le soutage des prochains paquebots géants de Costa et AIDA. Les deux compagnies, qui appartiennent au même groupe, prendront livraison, entre 2018 et 2020, des premiers paquebots dotés d’une propulsion au GNL. Des mastodontes de 183.000 GT et 2600 cabines prévus pour être exploités en Europe. Une initiative qui a commencé à faire des émules puisque MSC Cruises a annoncé à son tour  que les quatre futurs navires de la classe World (200.000 GT, 2750 cabines), prévus pour sortir des chantiers de Saint-Nazaire entre 2022 et 2026, fonctionneraient eux-aussi au gaz. 

 

 

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