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Le Havre : Premier avitaillement de paquebot en GNL réussi

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Après avoir validé les procédures une semaine plus tôt lors de son escale inaugurale, le paquebot AIDAprima a été avitaillé en gaz naturel liquéfié mardi 10 mai, lors de sa seconde visite au Havre. Cette opération constitue une première et se déroulera désormais chaque semaine lors de l’escale du navire de la compagnie allemande AIDA Cruises.

L’avitaillement en GNL de l’AIDAprima, navire de 124.000 GT de jauge et 1640 cabines, n’est pas destiné à alimenter la propulsion du paquebot, mais de lui permettre, à quai, de produire son électricité avec une énergie plus respectueuse de l’environnement. A cet effet, l’un des quatre groupes alimentant l’appareil propulsif du paquebot comprend un moteur dual MAK 12M46DF, les trois autres étant des « classiques » Caterpillar 12VM43C. Le MAK peut donc fonctionner au gaz comme au carburant classique. «  Le GNL présente l’avantage de ne générer aucune émission atmosphérique d’oxyde de soufre ou de particule fine et de diminuer de 20 à 30% les émissions de CO2. Pour l’escale d’une journée d’un Paquebot tel que l’AIDAprima cela représente une économie équivalente au rejet de 11.000 véhicules diesels. Cette opération constitue une première française puisqu’à ce jour, aucun avitaillement en GNL n’avait encore été opéré dans un port français pour une escale commerciale », soulignent le Grand Port Maritime du Havre et AIDA Cruises.

Le 10 mai, après avoir finalisé les préparations et les procédures d’autorisation initiales notamment avec les services de la Préfecture de la Seine Maritime, de la DREAL et du SDIS 76 et à l’issue d’un test satisfaisant réalisé le 3 mai, le port normand a donc été en mesure de procéder à l’approvisionnement du navire en GNL, manœuvre réalisée à l’aide de camions citernes.

 

Avitaillement de l'AIDAprima (© LE HAVRE PORT)

Avitaillement de l'AIDAprima (© LE HAVRE PORT)

 

Les ports de la Baie de Seine engagés depuis 2014 dans le pojet SAFE SECA

Les ports de la Baie de Seine, rappelle le GPMH, sont à la pointe pour l’élaboration d’un cadre réglementaire pour l’utilisation de carburants alternatifs avec une faible émission de soufre. En mars 2014, ils ont ainsi lancé le projet SAFE SECA sur « le développement de carburants marins alternatifs ». L'objectif de SAFE SECA est de contribuer à la diminution des rejets polluants du transport maritime en proposant des solutions alternatives, compétitives et fiables, à l'utilisation du fioul pour la propulsion des navires. L'enjeu est important pour les ports du range Manche/Mer du Nord qui concentrent l'essentiel des trafics internationaux ; il est tout à la fois technique, économique et environnemental.

Le projet SAFE SECA, financé à 50% par la Commission européenne, a permis de mettre en avant l’avenir du gaz naturel liquéfié et le triple défi qui y est associé: celui des conditions de réalisation des avitaillements dans les ports, celui de la formation des personnels chargés de l’encadrement de ces opérations, et celui de la sécurité. « Notre démarche s'inscrit dans le cadre des politiques européennes, les solutions que nous proposons répondent aux exigences de la convention internationale Marpol VI pour les zones d'émissions de soufre contrôlées (Seca) mais aussi à la directive européenne sur le déploiement à l'horizon 2025 de stations d'avitaillement en carburants alternatifs », explique Hervé Martel, directeur général d’HAROPA - Port du Havre.  

 

(© FABIEN MONTREUIL)

(© FABIEN MONTREUIL)

 

La propulsion au gaz se développe

Alors que Le Havre est l’un des premiers ports mondiaux en mesure d’autoriser des opérations d’avitaillement en GNL suivant tous les modes (camion/navire, barge/navire, navire/navire), la croisière sera l’un des marchés qui devrait permettre de développer cette activité. AIDA Cruises et sa maison-mère, la compagnie italienne Costa Croisières, ont en effet commandé en Allemagne et en Finlande les quatre premiers paquebots dotés d’une propulsion au GNL. Ces géants de plus de 180.000 GT et 2600 cabines entreront en service entre 2018 et 2020. Et d’autres armateurs leur emboitent le pas, comme MSC Cruises, qui a annoncé que ses futurs navires de la classe World (200.000 GT, 2750 cabines) fonctionneraient également au gaz. Ce type de propulsion se développe également fortement sur les ferries, mais aussi de plus en plus sur d’autres types de navires, y compris des remorqueurs portuaires. 

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