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Le HMAS Canberra va être livré à la marine australienne

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Le HMAS Canberra va être livré à la marine australienne

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Alors que la coque du HMAS Adelaide devrait arriver à Williamstown demain, la Royal Australian Navy s’apprête à prendre livraison de son aîné, le HMAS Canberra. Ces deux porte-hélicoptères d’assaut, commandés en 2007 au groupe espagnol Navantia pour 990 millions d'euros, vont devenir les plus grands bâtiments militaires mis jusqu’ici en œuvre par la flotte australienne. Après leur assemblage au chantier Navantia de Fene-Ferrol, en Espagne, les coques ont été transportées jusqu’à Williamstown, près de Melbourne, pour être achevées. C’est là que BAE Systems assure la mise en place de l’îlot et des différents équipements puis procède à l’achèvement des navires.

Dérivés du bâtiment de projection stratégique (BPE) Juan Carlos I de la marine espagnole, les HMAS Canberra et HMAS Adelaide mesurent 230.8 mètres de long pour 32 mètres de large. Leur déplacement à pleine charge atteindra 27.500 tonnes. Ils pourront accueillir six hélicoptères des types NH90 et Tigre ou quatre CH-47 Chinook sur leur pont d’envol (de 202 mètres de long pour 32 mètres de large) et abriter 10 machines lourdes dans un hangar de 990 m², desservi par deux ascenseurs. En théorie, jusqu’à 24 aéronefs peuvent être embarqués, sachant que les bâtiments disposent d’un tremplin les autorisant à mettre en œuvre, si l’Australie le souhaite, des avions à décollage court et appontage vertical F-35B.

 

 

Coupe des HMAS Canberra et HMAS Adelaide (© : DR)

Coupe des HMAS Canberra et HMAS Adelaide (© : DR)

 

 

L’équipage pourra atteindre 400 hommes, incluant les personnels du groupe aérien embarqué et de mise en œuvre de la batellerie, ainsi qu'un état-major. Ces unités pourront en effet servir de bâtiment de commandement pour une opération interarmées et interalliée. En dehors de leurs capacités aéromobiles, les HMAS Canberra et HMAS Adelaide sont conçus pour les opérations amphibies. A cet effet, ils pourront accueillir 1000 hommes de troupe et plus de 110 véhicules, dont des chars lourds. Ces engins seront stockés sur deux ponts. D’une surface de 1410 m², le premier, renforcé, surplombera le radier alors que le second (1880 m²) sera situé au niveau supérieur, dans le prolongement du hangar des hélicoptères. Les deux ponts seront reliés par un ascenseur d’une capacité de plus de 16 tonnes dimensionné notamment pour accueillir des conteneurs de 20 pieds.

Les véhicules, les soldats et le matériel seront déployés au moyen de quatre chalands de débarquement stockés dans un radier de 1165 m² (69.3 mètres de long pour 16.8 mètres de large), qui pourra, en outre, accueillir quatre embarcations rapides pour commandos.

Côté propulsion, HMAS Canberra et HMAS Adelaide sont équipés de deux diesels-alternateurs MAN et une turbine à gaz GE LM 2500, ainsi que deux moteurs électriques orientables Azipod. La puissance développée atteint 19.5 MW, avec une vitesse pouvant dépasser les 20 nœuds (19 à pleine charge) et une autonomie de 6000 milles à allure maximale, ou 9000 milles à 15 nœuds.

L’armement, constitué de quatre canons télé-opérés de 25mm Typhoon, ainsi que de mitrailleuses de 12.7mm, est complété par des lance-leurres anti-missiles Nulka et un bruiteur remorqué Nixie pour tromper les torpilles assaillantes.

 

 

Vue des HMAS Canberra et HMAS Adelaide (© : DR)

Vue des HMAS Canberra et HMAS Adelaide (© : DR)

 

 

Projection de forces et opérations amphibies

 

 

Outre la projection de forces pour les interventions militaires, les deux nouveaux porte-hélicoptères d’assaut australiens seront également très utiles pour les opérations humanitaires. Dans une région régulièrement frappée par des catastrophes naturelles, les capacités aéromobiles et amphibies de ce type de bâtiments sont en effet très précieuses pour secourir les populations sinistrées dans des zones où les infrastructures sont fortement endommagées ou détruites. Les HMAS Canberra et HMAS Adelaide pourront donc servir de base logistique afin d’acheminer de l’aide humanitaire, mais aussi d’hôpitaux flottants, leurs moyens médicaux étant très importants, avec 40 lits d’hospitalisation et des blocs opératoires.

Au sein de la RAN, ils vont remplacer le bâtiment de débarquement de chars HMAS Tobruk, dérivé des anciens Sir Bedivere britanniques, ainsi que les HMAS Manoora et HMAS Kanimbla. Ces deux ex-unités du type Newport News américain, dont la refonte a été complètement ratée, ont finalement été désarmées en 2011. Une retraite anticipée qui a obligé la marine australienne, en attendant l’arrivée de ses nouveaux porte-hélicoptères d’assaut, à acquérir l’ex-transport de chalands de débarquement auxiliaire britannique RFA Lars Bay, devenu HMAS Choules en 2012.

 

 

 

 

Mise sur cale du second destroyer du type Hobart

 

 

La modernisation et la montée en puissance de la flotte australienne, qui entend ainsi maintenir son rôle de grande puissance régionale, ne se limite pas aux porte-hélicoptères d’assaut, dont le second exemplaire doit être mis en service en 2015. La RAN va également se doter de trois destroyers lance-missiles dérivés du type F100, dont cinq exemplaires ont été construits par Navantia pour la marine espagnole. Ce programme d'un peu plus de 5 milliards d'euros, qui a connu d’importantes difficultés, est progressivement remis sur les rails. Alors que l‘assemblage de la tête de série, le HMAS Hobart, s’achève, son premier sistership, le futur HMAS Brisbane, a été mis sur cale le 3 février au chantier Techport Australia d’Adelaide. Quant au troisième destroyer, le HMAS Sydney, les travaux ont déjà débuté pour fabriquer les blocs qui constitueront sa coque. Alors que, suite aux problèmes rencontrées en Australie avec le HMAS Hobart, Navantia apporte son concours en réalisant des anneaux en Espagne, le programme enregistre du retard. Ainsi, le HMAS Hobart ne devrait pas entrer en service avant 2016, alors que ses deux sisterships seraient opérationnels entre 2017 et 2019.

 

 

Le futur HMAS Hobart (© : DR)

Le futur HMAS Hobart (© : DR)

 

 

Longs de 146.7 mètres pour une largeur de 18.6 mètres, ces bâtiments de 7000 tonnes en charge pourront filer à plus de 28 nœuds avec une autonomie de 5000 milles à 18 nœuds. Armés par environ 180 marins, ils seront spécialisés dans la défense aérienne. A ce titre, ils mettront en œuvre le système américain Aegis, avec radar SPY-1D à quatre faces planes, et seront dotés de 48 cellules de lancement vertical pour missiles surface-air, soit 32 SM-2 MR et 16 ESSM (avec la possibilité d’embarquer également des SM-3). Le reste de l’armement comprendra 8 missiles antinavire Harpoon, une tourelle de 127mm, un système multitubes Phalanx, deux canons de 25mm Typhoon et quatre tubes pour torpilles MU90. Un double hangar permettra d'accueillir  deux hélicoptères, chargés notamment de la lutte anti-sous-marine, pour laquelle les destroyers disposeront également d’un sonar d’étrave et d’une antenne remorquée. 

Pour finir, il convient également de rappeler que l'Australie compte renouveler sa flotte sous-marine, actuellement constituée de six unités du type Collins. Jusqu'à 12 nouveaux bâtiments océaniques pourraient être commandés. 

 

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