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Le Windsor rentre au Canada après avoir « affronté » la marine française

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Le sous-marin Windsor a quitté Brest hier matin pour traverser l’Atlantique et regagner le Canada. Le mois dernier, le bâtiment a participé, en Méditerranée et au sud du Portugal, à Trident Juncture, le plus important exercice interarmées organisé par l’OTAN depuis 2002. D’autres unités canadiennes étaient également présentes, comme la frégate Halifax et le destroyer Athabaskan, ainsi que les chasseurs de mines Summerside et Goose Bay.

 

Le Windsor en rade de Brest (© : MICHEL FLOCH)

Le Windsor en rade de Brest (© : MICHEL FLOCH)

 

FASM, SNA, PATMAR, Caïman Marine…

A l’issue d’une escale à Rota, en Espagne, le Windsor est arrivé deux semaines plus tard, c’est-à-dire vendredi dernier, à la pointe Bretagne, où il est donc resté quelques jours. Entretemps, il avait  manœuvré, dans le golfe de Gascogne, avec la Marine nationale. Engagé dans une série d’exercices anti-sous-marins de haut niveau, le bâtiment canadien a été confronté à toute la panoplie tricolore de lutte anti-sous-marine. Il a notamment évolué avec la frégate Jean de Vienne, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Saphir, ainsi que différents aéronefs (avion de patrouille maritime Atlantique 2, hélicoptères NH90 Caïman Marine et Lynx).

 

La frégate Jean de Vienne (© : MICHEL FLOCH)

La frégate Jean de Vienne (© : MICHEL FLOCH)

 

Retour en service après 8 ans de travaux

De quoi achever la remise à niveau opérationnelle du Windsor et de son équipage. Car l’ancien HMS Unicorn, transféré par le Royaume-Uni en 2001 et qui porte son nom actuel depuis 2003, n’a pas navigué entre 2007 et 2015. Pas moins de huit années auront été nécessaires à la marine canadienne pour remettre en état le bâtiment et le moderniser.

 

Le Windsor en rade de Brest (© : MICHEL FLOCH)

Le Windsor en rade de Brest (© : MICHEL FLOCH)

 

Les quatre anciens Upholder britanniques

Pour mémoire, le HMS Unicorn est le dernier des quatre sous-marins d’attaque britanniques du type Upholder. Mis en service entre 1990 et 1993, ces bâtiments, désarmés dès 1994 par la Royal Navy, ont été rachetés par le Canada et remis en service suite à différents travaux entre 2000 et 2004.

Après avoir renoncé à acquérir des SNA français du type Rubis, projet étudié dans les années 80 et définitivement abandonné après l’effondrement de l’URSS, le Canada avait été contraint de prolonger ses vieux sous-marins du type britannique Oberon. Entrés en flotte entre 1962 et 1964, les Ojibwa, Onondaga et Okanagan avaient pu prendre leur retraite entre 1998 et 2000 suite à un accord signé par Ottawa et Londres pour la location puis l’acquisition des Upholder.

 

Le Windsor en rade de Brest (© : MICHEL FLOCH)

Le Windsor en rade de Brest (© : MICHEL FLOCH)

 

15 ans de déboires

Malheureusement, ce qui paraissait être une bonne affaire s’est rapidement transformée en calvaire pour les Canadiens, les déboires s’enchainant de manière dramatique. Le Chicoutimi (ex-HMS Upholder) fut endommagé par un incendie lors de son transit vers le Canada en octobre 2004. Le sinistre, qui fit un mort et deux blessés au sein de l’équipage, marqua profondément la marine canadienne. Quant au bâtiment, remorqué en Grande-Bretagne, il fut transféré au Canada dès janvier 2005 mais n’a été officiellement déclaré au service actif qu’en septembre dernier. Quant aux deux autres sous-marins de la série, les Victoria (ex-HMS Unseen) et Corner Brook (ex-HMS Ursula), ils ont eux aussi rencontré d’importants problèmes techniques. Basé sur la côte Pacifique à Esquimalt, en Colombie Britannique, le Victoria n’a que très peu navigué et a passé plus de six ans en cale sèche avant de reprendre la mer en 2011 et d’être enfin opérationnel l’année suivante. Le Corner Brook, pour sa part, a réalisé différents exercices et quelques missions entre 2006 et 2010. Mais, en 2011, il a été gravement endommagé au large de Vancouver après avoir touché le fond. Compte tenu de l’ampleur des travaux, il a été décidé d’entreprendre un important chantier de mise à niveau, le bâtiment ne devant pas être opérationnel avant 2017.  Ses sisterships devront également bénéficier d’une refonte afin de voir leur durée de vie prolongée jusqu’à l’horizon 2030. Sauf si le Canada jette l’éponge et décide de les remplacer au cours de la prochaine décennie par des sous-marins neufs.

Longs de 70.2 mètres et présentant un déplacement de 2400 tonnes en plongées, les Victoria peuvent atteindre la vitesse de 20 nœuds en plongée. Armés par un équipage de 47 hommes, dont 5 officiers, ils comptent six tubes lance-torpilles avec une capacité d’emport de 18 armes. 

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