Défense
Le Jean-François Deniau, nouveau patrouilleur de la Douane

Focus

Le Jean-François Deniau, nouveau patrouilleur de la Douane

Défense

Gros plan sur le Jean-François Deniau, nouveau patrouilleur hauturier de la Douane, qui a été baptisé mardi 7 juillet à La Seyne-sur-Mer. La cérémonie s’est déroulée en présence du secrétaire d’État chargé du budget, Christian Eckert, la marraine du bâtiment étant Jeanne Deniau, 7 ans, petite-fille de l’ancien homme politique et écrivain français, décédé en 2007.

 

Christian Eckert lors de la cérémonie de baptême (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Christian Eckert lors de la cérémonie de baptême (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Doté d’une coque en acier et de superstructures en aluminium, le bâtiment a été conçu par les architectes de Bureau Mauric et réalisé par Socarenam. Mise à flot en septembre 2014 à Saint-Malo, sa coque a été remorquée à Boulogne-sur-Mer pour achèvement, la livraison intervenant en avril dernier.

Le plus grand bâtiment des douaniers

Version agrandie et améliorée des Jacques Oudart Fourmentin et Kermorvan (43 mètres de long pour 412 tonnes à pleine charge), livrés en 2007 et 2008 par Socarenam et respectivement basés à Boulogne et Brest, le Jean-François Deniau est le plus grand bâtiment de la Douane. Il mesure 53.7 mètres de long pour 9.4 mètres de large, son déplacement en charge atteignant 530 tonnes. Doté de deux moteurs diesels Caterpillar 3516 de 3200 cv chacun, soit une puissance propulsive totale de 4750 kW, ainsi qu’un propulseur d’étrave, le patrouilleur peut atteindre la vitesse de 21 nœuds et franchir 3500 milles à 16 nœuds. La production électrique est assurée par trois groupes électrogènes d’une puissance totale de 375 kW.

Le Jean-François Deniau est armé par trois équipages, qui se relaient à bord pour augmenter la disponibilité du bateau. La Douane prévoit, ainsi, qu’il puisse réaliser 188 jours de mer par an et assurer en plus 55 jours de disponibilité opérationnelle.

 

Le Jean-François Deniau (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Jean-François Deniau (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Trois équipages de 14 marins  

Chaque équipage compte 14 marins, soit un commandant, son second et deux chefs de quart pour la passerelle, un chef mécanicien, son second, deux mécaniciens et un électricien pour la partie énergie/propulsion ; ainsi cinq marins pont dont un assurant également les fonctions de cuisinier et un autre les fonctions de chef d’équipe. Dix marins répartis sur les trois équipages ont par ailleurs la qualification de plongeurs.

En plus de son équipage, le Jean-François Deniau, qui dispose de 15 cabines, dont 5 individuelles, peut embarquer 10 personnes supplémentaires.

 

Le Jean-François Deniau et son ZH 938 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Jean-François Deniau et son ZH 938 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Deux embarcations rapides à bord

Doté de radars de surveillance et d’un système électro-optique pour la détection et l’identification, le patrouilleur, qui abrite un centre opérationnel embarqué, est équipé d’embarcations rapides pour les opérations de contrôle et d’interception. Il s’agit d’un ZH 938 et d’un ZH 638 à propulsion inboard.  Fournis par Zodiac Milpro, ces semi-rigides de 9 et 6 mètres sont mis en œuvre  depuis des systèmes de mise à l’eau et de récupération Vestdavit installés sur la plage arrière. On notera qu’un dispositif de stabilisation par effet de surface libre avec contrôle du remplissage permet d’améliorer la stabilité de plateforme et, ainsi, de faciliter la manutention des embarcations.  L’armement comprend des mitrailleuses de 12.7 et 7.5mm.

 

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Action de l’Etat en mer et surveillance aux frontières

Concernant ses missions, le nouveau patrouilleur  sera employé depuis sa base de La Seyne, en rade de Toulon, dans le cadre de l’action de l’Etat en mer. Il mènera des opérations de surveillance maritime et de lutte contre les trafics illicites, notamment en mer d’Alboran. Toutefois, son activité principale sera la surveillance des  frontières extérieures de l’Europe et la lutte contre l’immigration clandestine. D’un coût de 13.54 millions d’euros, le nouveau bâtiment amiral des douaniers a, en effet, été très majoritairement payé grâce à des financements communautaires via le FFE (Fonds Frontières Extérieures) de la Commission européenne. Au final, ceux-ci s’élèvent à 9.19 millions d’euros (un peu moins qu’annoncé initialement) soit près de 68% de l’investissement. De ce fait, le Jean-François Deniau sera largement utilisé au profit des opérations coordonnées par l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières de l’Union (FRONTEX).

 

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Déploiement au sein de l’opération Triton en fin d’année

A ce titre, le Jean-François Deniau, dont la mise en service est prévue au mois d’octobre, sera déployé d’ici la fin de l’année au large de la Sicile au sein de l’opération européenne Triton. Il pourra dans cette perspective être amené à recueillir des migrants qui tentent de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. La Douane souligne d’ailleurs que son nouveau fleuron a été  conçu spécifiquement pour être en mesure de recueillir à son bord des personnes en détresse. Il dispose d’un espace protégé dédié à l’accueil de naufragés (environ 40 personnes), sa plateforme extérieure permettant d’augmenter la capacité d’emport de personnes pour un transit vers un port de débarquement.

 

(© MARINE NATIONALE - S. DZIOBA)

(© MARINE NATIONALE - S. DZIOBA)

 

Près de 600 marins chez les douaniers

Le Jean-François Deniau vient compléter le dispositif de la Douane, dont les moyens nautiques et aériens sont répartis en métropole et Outre-mer. En plus de ses trois patrouilleurs hauturiers, l’administration, qui emploie 597 marins, compte 12 vedettes garde-côtes semi-hauturières en métropole (Corse comprise) : six sur la façade Atlantique-Manche et six sur la façade Méditerranée (en cours de réorganisation avec un passage à six vedettes). Elle aligne également quatre vedettes garde-côtes semi-hauturières en Outre-mer : trois aux Antilles (Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin) et une en Guyane. S’y ajoutent neuf vedettes de surveillance rapprochée en métropole : cinq sur la façade Atlantique-Manche et huit sur la façade Méditerranée (en cours de réorganisation avec un passage à cinq vedettes) ; ainsi que cinq vedettes de surveillance rapprochée Outre-mer : quatre aux Antilles (deux sont en cours de remplacement) et une à Mayotte.  

 

 

Nouvelles vedettes

Des moyens maritimes qui font donc l’objet de programmes de renouvellement. Une Vedette Garde Côte (VGC) de 32 mètres a notamment été commandée l’an dernier à Socarenam en vue d’une livraison à la fin du premier semestre 2016 (le contrat comporte une option pour une seconde unité).

 

La future VGC de 32 mètres (© BUREAU MAURIC)

La future VGC de 32 mètres (© BUREAU MAURIC)

 

La Douane se dote, par ailleurs, d’une nouvelle série de Vedettes de Surveillance Rapprochée (VSR) de 13 mètres. Après la livraison du prototype en 2012, le chantier Bernard de Locmiquelic, près de Lorient, a livré l'été dernier la première VSR de série, baptisée Pléville le Pelley. Affectée à la brigade de surveillance nautique de Granville, elle a été suivie en novembre par une autre VSR, qui a rejoint la BSN varoise de Bandol. Et la Douane attend la livraison de cinq autres vedettes de ce type d’ici la fin du premier trimestre 2016. 

 

VSR (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

VSR (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

VSR (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

VSR (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

VSR (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

VSR (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Des avions et hélicoptères pour l’action de l’Etat en mer

 

Toujours dans le cadre de l’action de l’Etat en mer, la Douane dispose aussi de moyens aériens. Elle aligne spécifiquement pour les missions maritimes cinq hélicoptères EC135 en métropole, répartis entre la façade Atlantique-Manche et Méditerranée. Pouvant intervenir de jour comme de nuit, ils sont équipés d’une boule optronique et d’une capacité d’hélitreuillage.  Deux AS355 sont pour leur part basés dans la zone Antilles-Guyane.

 

EC135 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

EC135 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Les douaniers mettent également en œuvre 10 avions F 406, dont huit en métropole et deux sur la zone Antilles-Guyane (capacité de vol nocturne et deux équipés d’un dispositif de détection des  pollutions maritimes). Ces appareils vont être remplacés par des Beechcraft KA 350 ER, dont deux sont en cours de déploiement sur la façade méditerranéenne. Un septième avion de ce type a été commandé et doit être livré en 2015. 

 

F 406 (© DOUANE)

F 406 (© DOUANE)

Beechcraft KA 350 ER 

Beechcraft KA 350 ER (© FRANCIS ROCHE)

Douane | Toute l'actualité des douanes en mer | Mer et Marine