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Le Liban étudie l’acquisition d’un patrouilleur français
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Le Liban étudie l’acquisition d’un patrouilleur français

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Après les trois Patrouilleurs Antilles Guyane (PAG, ex-PLG) réalisés pour la Marine nationale, Socarenam va peut-être enchainer avec une quatrième unité de ce type, cette fois pour le Liban. Le pays du Cèdre étudie en effet l’acquisition d’un tel bâtiment, comme l’ont indiqué les deux officiers généraux libanais présents hier à Saint-Malo pour le baptême de La Combattante, le troisième PAG français. « Nous sommes là parce que le Liban pourrait commander un bâtiment de ce type. On doit prendre une décision », ont-ils expliqué à nos confrères du Télégramme.

Conçus en coopération par Socarenam et Mauric, les PAG, dotés d’une coque en acier et de superstructures en aluminium, mesurent 60.8 mètres de long pour une largeur de 9.55 mètres et un déplacement de 750 tonnes environ. Mis en œuvre par 24 marins et capables d’accueillir jusqu’à 38 personnes, ces patrouilleurs embarquent deux semi-rigides, leur armement comprenant un canon télé-opéré de 20mm Narwhal (Nexter) et des mitrailleuses. Capables d’atteindre 21 nœuds, ils peuvent franchir 3500 milles à 12 nœuds.

Alors que Paris est engagé depuis 2016 dans un plan de coopération renforcée avec Beyrouth, notamment sur le plan militaire, différentes initiatives sont menées pour, selon les termes de l’Etat-major des Armées, « accompagner le Liban dans la consolidation de son outil de défense et contribuer à la montée en puissance des Forces Armées Libanaises dans leur combat contre la menace terroriste ». Un soutien est donc apporté, des matériels cédés et des entrainements conjoints organisés, à l’image de l’exercice amphibie Cèdre Bleu qui va se dérouler la semaine prochaine et impliquera un millier de militaires français et libanais. Mais l’un des grands enjeux porte aussi sur la modernisation des FAL, qu’il s’agisse de moyens terrestres, aériens et maritimes.

C’était le but du défunt programme DONAS, officiellement lancé en 2015 et qui devait porter sur la livraison au Liban, par la France, de nombreux matériels militaires (bateaux, hélicoptères, véhicules, missiles…), dont trois patrouilleurs du type Combattante FS 56 du constructeur cherbourgeois CMN. Il y en avait pour 3 milliards d’euros en tout, avec un financement saoudien. Toutefois, compte tenu de la situation complexe au Levant et de l’influence grandissante du Hezbollah, hostile à l’Arabie Saoudite, Ryad a décidé en 2016 de suspendre le contrat tel que prévu, tout en reprenant à son compte les commandes signées, moyennant certaines évolutions. DONAS est alors devenu le programme SFMC (Saoudi French Military Contract).

A défaut de recevoir ces matériels, le Liban, considéré par la France comme faisant « partie de (ses) principaux partenaires dans la région », va bien devoir malgré ses moyens financiers limités moderniser ses équipements vieillissants.

Dans cette perspective, avoir un bâtiment de type PAG (ou autre car Socarenam n'est sans doute pas le seul chantier français positionné sur ce projet) lui permettrait enfin de disposer d’un véritable patrouilleur hauturier afin de surveiller et protéger son domaine maritime. Pour l’heure, la plus grande unité de la marine libanaise est le patrouilleur Trablous (43.5 mètres, 265 tonnes en charge), construit aux Etats-Unis et mis en service en 2012. S’y ajoutent deux petits patrouilleurs côtiers, le Kalamoun, ex-unité de 30 mètres de la douane française (Avel Gwalarn) datant de 1984 et transférée en 2009 ; ainsi que le Tabarja, bateau de 29 mètres livré en 1994 par l’Allemagne. Le reste de la flotte est constitué de vedettes et semi-rigides, ainsi que deux chalands de débarquement de 59 mètres du type français EDIC, les Sour et Damour, opérationnels depuis 1985.

Si la commande libanaise venait à se concrétiser, ce serait excellente nouvelle pour Socarenam, qui prolongerait ainsi une série débutée avec La Confiance et La Résolue, mises en service en 2017, et qui se poursuit cette année avec La Combattante. Des bateaux qui constituent des évolutions de précédentes réalisations, comme les patrouilleurs belges Castor et Pollux, ainsi que le Jean-François Deniau de la Douane française.

Le constructeur boulonnais est par ailleurs en compétition pour les six nouveaux patrouilleurs d’outre-mer (POM) de la Marine nationale, programme sur lequel se positionnent également Ocea et Kership. Socarenam et CNIM ont par ailleurs remporté cet hiver le programme des 14 futurs engins de débarquement amphibie standards (EDAS), qui vont succéder aux actuels chalands de transport et de matériel (CTM) de la flotte française. La construction de la tête de série débutera en juillet sur le site Socarenam de Saint-Malo, en vue d’une livraison d’ici la fin 2020.

 

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