Marine Marchande
Le LPM de Nantes s’équipe d’un banc de formation frigorifique de nouvelle génération

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Le LPM de Nantes s’équipe d’un banc de formation frigorifique de nouvelle génération

Marine Marchande
Pêche

Alors que la règlementation sur les émissions polluantes continue de se durcir, les lycées professionnels maritimes (LPM) doivent adapter leur outil pédagogique pour former les futurs marins aux nouveaux équipements et techniques qu’ils auront à gérer sur les bateaux à bord desquels ils travailleront. Les évolutions touchent notamment la partie énergie/propulsion des navires, mais aussi les systèmes frigorifiques, dont les anciens modèles sont particulièrement nocifs pour la couche d’ozone et contribuent aux rejets de gaz à effet de serre. « Les systèmes frigorifiques traditionnels emploient des fluides qui font partie des plus polluants et participent beaucoup au réchauffement climatique. Heureusement, la technologie et la règlementation évoluent avec de nouveaux systèmes. D’ici 2030, les anciens fluides seront interdits en recharge. Nous devons donc nous adapter afin de former les jeunes, sur des outils modernes, à intervenir en mer sur les nouvelles installations et fluides », explique François-Marie Coatanlem, directeur par intérim du LPM Jacques Cassard de Nantes.

Premier lycée français équipé

Dans cette perspective, l’établissement vient de s’équiper d’un tout nouveau banc pédagogique frigorifique. Cette installation fonctionne avec un nouveau gaz de substitution, le R290 (propane), qui respecte le règlement européen F-gaz sur les gaz à effet de serre fluorés. Le R290 remplace les traditionnels fluides frigorigènes beaucoup plus polluants encore présents sur de nombreuses installations mais qui vont donc tendre à disparaitre dans la décennie qui vient. C’est déjà le cas pour l’ancien R12, interdit depuis 2015 et dont 1 kg équivalait à 12 tonnes de CO2. Suivront en 2025 le R404A (dont 1 kg équivaut à 4 tonnes de CO2) puis en 2030 le R134A (1.3 tonne de CO2). « Depuis quelques années, le lycée s'inscrit dans une démarche écologique en suivant de près l'évolution des réglementations en terme de pollution atmosphérique, au même titre que les navires de commerce. Nous sommes le premier établissement de formation maritime à se tourner vers ces fluides de transition qui, à terme, permettront de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre et la destruction de couche d'ozone », souligne Rémi Guinche, directeur adjoint du LPM de Nantes. Disposer d’un banc pédagogique de nouvelle génération est essentiel pour la formation des élèves, car ces nouveaux systèmes, fonctionnant avec un gaz explosif (ici du propane) et de l’eau glycolée (sans danger) « nécessitent une manipulation précise et répondent à des protocoles très stricts ».  

 

Le nouveau banc frigorifique (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le nouveau banc frigorifique (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le nouveau banc frigorifique (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le nouveau banc frigorifique (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

François-Marie Coatanlem et Rémi Guinche

François-Marie Coatanlem et Rémi Guinche (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

« Notre but, c’est de dispenser un enseignement au goût du jour » 

Conçu par la société stéphanoise Eridès, spécialisée dans les bancs d'essais et pédagogiques, il s’ajoute à de nombreux autres équipements modernes dont le lycée s’est doté ces dernières années, dont par exemple un simulateur de navigation. Cela, dans le cadre d’un important plan de modernisation financé grâce à la région Pays de la Loire. « Pendant longtemps nous avons comme bien d’autres lycées fonctionné avec du matériel déclassé ou ancien qui nous était donné. Depuis plusieurs années, nous investissons grâce à la région pour nous équiper d’outils modernes. Face aux évolutions actuelles et à la technicité accrue des métiers maritimes, on ne peut plus faire travailler nos élèves sur du matériel datant des années 70. Notre but, c’est de dispenser un enseignement au goût du jour », expliquent François-Marie Coatanlem et Rémi Guinche.

 

Simulateur de navigation (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Simulateur de navigation (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Simulateur machine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Simulateur machine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Simulateur machine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Simulateur machine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Atelier machine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Atelier machine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Créer un nouveau BTS mécatronique

L’acquisition du nouveau banc frigorifique, comme d’autres investissements récents et à venir, vise aussi à permettre au LPM d’accueillir un futur BTS mécatronique, un objectif sur lequel toute l’équipe pédagogique du lycée est actuellement mobilisée.

Après un premier plan de modernisation des bâtiments et équipements de 11 millions d’euros achevé en 2016, une nouvelle phase de 13 millions d’euros sera conduite entre 2022 et 2026, ce qui doit faire du lycée professionnel Jacques Cassard l’un des établissements maritimes les plus modernes du pays. 

Situé dans un parc de 3.5 hectares près du centre de Nantes, sur la rive gauche de l’Erdre, le lycée accueille, chaque année, une centaine d’élèves en formation initiale. Des jeunes qui deviendront de futurs mécaniciens et marins au commerce et à la pêche.

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