Marine Marchande

Actualité

Le Marion Dufresne bientôt sorti de chantier

Marine Marchande

Après deux mois passés au sec dans le chantier naval de Durban, en Afrique du Sud, le navire océanographique et de ravitaillement Marion Dufresne (propriété de l’administration des Terres Australes et Antarctiques Française et armé par CMA CGM) devrait retrouver la mer le 26 janvier. Pour mémoire, le navire avait subi une avarie mi-novembre après avoir heurté un haut-fond dans l’archipel austral de Crozet, alors qu’il effectuait sa tournée de ravitaillement des îles sub-antarctiques. Une déchirure dans la coque avait forcé le navire à s’arrêter puis à faire route sous escorte vers l’Afrique du Sud. Les passagers avaient été ramenés au Cap par le navire câblier Léon Thévenin de France Telecom Marine. Le ravitaillement, le transfert et la relève d’une partie des hivernants des îles Kerguelen et Amsterdam, ont été, depuis, effectués par le patrouilleur Osiris et le navire océanographique La Curieuse. « Il n’y a pas eu de pénurie sur les districts, nous avions des réserves », précise Christophe Jean, secrétaire général des TAAF. « La frégate de surveillance Nivôse a appareillé pour sa mission habituelle de patrouille dans l’océan austral, elle effectuera un petit complément de ravitaillement sur les districts en attendant l’OP 1, la première rotation de l’année du Marion Dufresne qui s’effectuera aux dates habituelles, c’est-à-dire avec un appareillage mi-mars ». 

 
Une mission océanographique avant la première campagne de ravitaillement
 
 
D’ici là, le navire va repartir en campagne pour le compte de l’Institut polaire Paul Emile Victor (IPEV), son affréteur à l’année, qui l’utilise pour effectuer des campagnes océanographiques au profit de différents organismes de recherche. « Le navire va partir le 6 février et revenir juste avant le départ de l’OP1 », précise Héléne Léau, responsable des moyens navals de l’IPEV. Pour « rattraper » le mois d’indisponibilité du navire, les logisticiens de l’IPEV ont prévu de concentrer durant cette campagne tous les objectifs prioritaires, c’est-à-dire toutes les mesures habituellement effectuées en début d’année dans le cadre d’observations scientifiques à long terme. « Nous essayons de préserver un maximum d’opérations, mais nous avons été obligé de les réduire aux priorités. Nous avons également dû annuler une campagne ».
 
2.5 millions d’euros de frais
 
Le coût total de l’incident, entre les réparations effectuées par le chantier  et l’affrètement des navires pour l’escorte et le rapatriement des passagers, aura coûté 2.5 millions d’euros. « Cette somme est prise en charge par notre assurance, contractée dans le cadre du contrat d’armement avec CMA CGM » , précise Christophe Jean des TAAF. « Il n’y a pas eu de mauvaise surprise lors du passage au chantier du navire. Les travaux ont surtout consisté dans de la tôlerie, puisqu’il fallait remplacer les éléments de la coque touchés par la brêche. Mais ni les machines ni la poutre navire n’ont été affectées ». Le BEA-mer devrait prochainement remettre son rapport sur les causes de cet incident.
 

TAAF