Marine Marchande
Le Marion Dufresne part pour une mission scientifique australe

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Le Marion Dufresne part pour une mission scientifique australe

Marine Marchande

Après une première mission scientifique, Obs Austral qui regroupe trois programmes scientifiques OISO, OHASISBIO et NIVMER, et juste avant la première opération de ravitaillement des archipels subantarctiques, le Marion Dufresne vient d'appareiller pour l'océan austral. Propriété des Terres Australes et Antarctiques et armé par Louis Dreyfus Armateurs, le Marion Dufresne est désormais géré, pour ses missions océanographiques, par l'Ifremer au sein de la Flotte Océanographique Française.

Il se dirige actuellement vers les latitudes 40 et 50° sud de l'océan austral avec une trentaine de scientifiques de 11 nationalités différentes à bord.  La mission est portée par le laboratoire Géosciences marines de l’Ifremer et le laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement (CNRS-CEA-Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines). Des scientifiques des universités de Perpignan, Bordeaux, Barcelone, Rio de Janeiro, du Bjerkness Centre for Climate Research et du NORCE Research Centre (Norvège), et de l’Université de Cardiff (Royaume-Uni) sont également du voyage.

Cette campagne, baptisée Acclimate 2, va durer trois semaines. Elle vise à mieux comprendre l'histoire climatique de l'océan austral, plus gros réservoir de CO2 de la planète. Pour celà, 8 carottages de sédiments marins, de 40 à 70 mètres, sont prévus. Ils seront prélevés de 1000 à 4600 mètres. De ces sédiments extraits, les scientifiques étudieront la taille des grains, la composition des éléments chimiques, les microfossiles. Toutes ces informations les renseigneront sur la provenance des masses d’eau qui ont parcouru la zone, sur les vitesses des courants de fond à différentes époques et sur l’évolution de la température des eaux de surface et de fond.

Deux carottes de sédiments seront également prélevées le long de la côte sud-africaine. En comparant ces enregistrements avec des équivalents terrestres (issus de stalactites et stalagmites), les scientifique norvégiens et britanniques veulent reconstruire l’évolution du climat de l’Afrique du Sud au Quaternaire (de 2.5 millions d’années à aujourd’hui) et déterminer son impact sur l’évolution humaine.

L'analyse des sédiments prélevés en 2016 lors de la campagne Acclimate 16 montre des variations rapides de la circulation océanique et du climat. Encore mal compris, ce phénomène est également observé dans les carottes de glaces polaires. Si les scientifiques s’accordent à dire que les grandes alternances des périodes glaciaires/interglaciaires intervenant tous les 100.000 ans sont liées aux cycles d’insolation de la Terre, ils veulent aujourd’hui comprendre à quoi sont dues ces variations rapides d’échelle millénaire du climat. Atteindre ce degré de compréhension permettrait d’améliorer les modèles climatiques et de mieux anticiper les réponses du climat aux émissions massives de gaz à effet de serre. La campagne Acclimate 2 pourra être suivie en direct sur la page web acclimate2.cearc.fr.

Le Marion Dufresne, quant à lui, mettra le cap sur l'hémisphère nord après la première opération de ravitaillement des îles australes. Il se rendra en Méditerranée, au sud de l’Espagne. Entre juin et début juillet, il y mènera d’autres carottages, pour examiner la sismicité de cette zone dans le cadre de la campagne Albacore. Il partira ensuite à l’Est, direction la mer Noire, pour étudier la dissolution des hydrates de méthane, avec un risque de dissipation de ce gaz à fort effet de serre (campagne Ghass).

TAAF IFREMER Louis Dreyfus Armateurs