Marine Marchande
Le Marion Dufresne repart en mission dans les îles Eparses

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Le Marion Dufresne repart en mission dans les îles Eparses

Marine Marchande

Basé à La Réunion, le Marion Dufresne a débuté le 1er avril une mission de plus de trois semaines qui le conduira à faire la tournée des îles Eparses, territoires français situés au large de Madagascar. Il passera par Europa, Bassas da India et Juan de Nova avant de faire escale à Mayotte où une partie des personnels scientifiques sera remplacée pour effectuer des opérations aux Glorieuses et à Tromelin. Affecté depuis sa mise en service en 1995 au ravitaillement des terres australes et antarctiques françaises (îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam), le Marion Dufresne avait réalisé en 2009 une première rotation vers les îles Eparses, qui dépendent administrativement du préfet des TAAF depuis 2007. D'un coût de 1 million d'euros, la mission de 2009 avait permis d'enlever l'ensemble des déchets lourds (1300 m3 de déchets évacués soit 600 tonnes de déchets ferreux, 14 tonnes de batteries, 2 tonnes d'huile, 11 à 12 tonnes d'hydrocarbures périmés) présents sur les îles Eparses, seulement occupées par de petits détachements de l'armée française. Durant cette campagne, le Marion Dufresne avait également servi au support logistique d'une mission scientifique regroupant 46 chercheurs travaillant sur 16 programmes.

 (© : TAAF - SERGE GELABERT)
(© : TAAF - SERGE GELABERT)

Un vaste programme scientifique

Deux ans après le vif succès de cette première rotation, les Taaf ont décidé d'organiser une seconde mission dans les îles Eparses en accordant une part encore plus importante à la recherche scientifique. C'est ainsi que le Marion Dufresne embarque, cette fois, 72 scientifiques représentant 17 programmes de recherche concernant aussi bien les sciences de la terre que de la vie. « La faible présence humaine sur les îles Éparses permet à de nombreuses disciplines scientifiques de mieux comprendre les phénomènes naturels mais également d'isoler précisément l'impact du réchauffement climatique en milieu insulaire. A l'image des îles subantarctiques et de l'Antarctique, les îles Éparses peuvent être considérées comme de véritables laboratoires naturels où la recherche permettra de répondre, notamment, aux préoccupations environnementales majeures de la planète », expliquent les TAAF. Afin de fixer un cadre logique de recherche qui répondra aux attentes de l'État en matière de connaissance et de développement, les TAAF ont demandé, en 2009, le concours du CNRS, de l'Agence des aires marines protégées, la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, l'Ifremer, l'Institut Polaire Paul-Emile Victor, l'IRD, du MNHN et de l'Université de la Réunion. Après une présentation des enjeux et objectifs scientifiques au Sénat le 5 octobre 2009, le CNRS a organisé le 9 novembre 2009 un colloque avec la communauté scientifique réunionnaise et métropolitaine pour évaluer les potentiels de recherche de la zone. Un appel à manifestation d'intérêt a été lancé en 2010. Il a retenu l'attention de 53 consortia, 80 laboratoires français, 26 laboratoires étrangers, 12 organismes de recherche et 21 universités de toutes les régions de France, ce qui marque une forte demande et un important potentiel de recherche.

TAAF