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Le Maroc réceptionne le Mohammed VI

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Le Mohammed VI, première frégate lourde de la marine marocaine, a été livré hier, à Brest, par DCNS. Le bâtiment rejoindra le Maroc au mois de mars, différents essais et exercices étant prévus au large de la Bretagne en février. Ces manœuvres permettront à l’équipage de poursuivre la prise en main de la frégate, conçue notamment pour la lutte anti-sous-marine.

Mis sur cale en mai 2010 sur le site DCNS de Lorient, le Mohammed VI a été mis à flot en septembre 2011. Après son achèvement, le bâtiment a débuté ses essais avec un équipage de conduite de la marine française. Celui-ci a, notamment, travaillé en binôme avec l’équipage marocain, qui a aussi bénéficié, via DCNS, de formations sur les parties techniques, notamment le système de combat et le système de management de la plateforme.

 

 

Cérémonie de livraison à Brest (©  DCNS)

Cérémonie de livraison à Brest (©  DCNS)

 

 

Un bâtiment voisin de ses homologues français

 

 

Longue de 142 mètres pour un déplacement de 6000 tonnes en charge, cette frégate du type FREMM est très voisine de celles réalisées par DCNS pour la Marine nationale. Elle dispose de la même suite sonar, avec notamment une antenne remorquée Captas 4, ainsi que de 16 cellules de lancement verticale pour missiles surface-air Aster 15 et deux ensembles quadruples pour missiles antinavire Exocet MM40 Block3. S’y ajoutent une tourelle de 100mm, ainsi que de l’artillerie légère, sachant que les Marocains n’ont pas opté, contrairement aux Français, pour un canon télé-opéré de 20mm Narwhal. Contrairement aux FREMM françaises, il n’y aura pas, non plus, de missiles de croisière à bord. Concernant les torpilles, le Mohammed VI est conçu pour la mise en œuvre de MU90 mais le contrat portant sur l’acquisition de ces armes n’a pas semble-t-il pas encore été signé. Enfin, le bâtiment pourra mettre en œuvre un hélicoptère, sachant que l’aéronautique navale marocaine dispose de trois AS565 Panther. Grâce au Mohammed VI, qui porte le nom du roi du Maroc, le pays renforce significativement sa flotte, qui s’est déjà enrichie en 2011 et 2012 de trois corvettes du type SIGMA livrées par le groupe néerlandais Damen. Rabat répond, ainsi, au développement de la marine algérienne, qui a notamment musclé ses forces sous-marines.

 

 

 

 

Première livraison à l’export pour la FREMM

 

 

Pour DCNS, la livraison du Mohammed VI est un évènement très important. Il s’agit, en effet, de l’achèvement du premier programme à l’export pour la dernière génération de frégates françaises. « C’est un grand moment, toutes les équipes sont très fières car c’est le premier succès commercial de FREMM sur le marché international et nous espérons qu’il y en aura beaucoup d’autres », explique Anne Bianchi, directrice des programmes FREMM chez DCNS. Le groupe naval propose notamment ce type de bâtiment au Canada, au Brésil et à l’Arabie Saoudite. Vis-à-vis de ces pays, et d’autres prospects, le groupe met en avant les qualités de sa nouvelle frégate, une plateforme extrêmement polyvalente et fortement automatisée (ce qui permet de réduire l’équipage à une centaine de marins seulement), techniquement à la pointe de la technologie. Alors que la FREMM a fait récemment l’objet, en France, de critiques concernant sa prétendue complexité et de là un coût élevé qui ne faciliterait pas les ventes à l’export, Anne Bianchi remet les choses en place : « Le bateau tel qu’il est conçu répond aux besoins des marines qui seraient des clients potentiels. La FREMM est un bâtiment très performant, compétitif et adapté au marché ».

 

 

La frégate Mohammed VI (©  DCNS)

La frégate Mohammed VI (©  DCNS)

 

 

Différentes versions disponibles

 

 

L’un des grands avantages de la FREMM est qu’elle a dès l’origine été conçue pour intégrer de nouvelles technologies et équipements, même si ceux-ci sont encombrants. C’est le cas du radar à quatre faces planes Sea Fire 500, développé par Thales et qui peut être intégré sur une imposante mâture logée au dessus de la passerelle et permettant à la frégate de disposer de capacités de défense aérienne de premier plan. D’autres modifications sont possibles, comme le remplacement de la tourelle de 76mm par une pièce de 127mm, l’intégration de systèmes d’artillerie anti-missile à courte portée, la mise en place d’un double hangar pour hélicoptères et/ou drones, ou encore le remplacement du sonar remorqué par des rampes permettant la mise en œuvre, par le tableau arrière, d’embarcations commandos. « C’est un bateau flexible qui est conçu pour intégrer les évolutions technologiques sans modification de la plateforme. Il dispose en plus de locaux vie très spacieux qui peuvent être adaptés en fonction des besoins des clients », précise la directrice des programmes FREMM.

On notera que trois frégates de ce type sont actuellement à Brest : L'Aquitaine, tête de série du programme, qui a été livrée fin 2012, la Mohammed VI et la Normandie, seconde FREMM française, actuellement en essais. 

 

 

Maroc Naval Group (ex-DCNS)