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Le ministre de la Défense soutient le futur missile antinavire léger

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Le ministre de la Défense soutient le futur missile antinavire léger

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En déplacement sur le site MBDA de Bourges, hier, Jean-Yves Le Drian a confirmé son soutien au lancement du futur missile antinavire léger franco-britannique. Ce programme, un temps sur la sellette dans l’Hexagone pour des questions budgétaires, devrait donc voir le jour et permettre de doter les hélicoptères de la Marine nationale d’une nouvelle arme. La décision reviendra néanmoins au parlement dans le cadre du vote de la future loi de programmation militaire couvrant la période 2014 – 2019. Chez MBDA, on espère que la notification du contrat ANL interviendra dès cette année, de manière à ce que les premiers missiles soient livrés en 2015/2016. Malgré les incertitudes françaises, le groupe, qui a besoin de nouveaux projets pour ses bureaux d’études, a continué de travailler sur fonds propres autour de cette nouvelle arme. Car, même si le Royaume Uni n’a pas encore entériné le lancement du programme, les Britanniques sont très attachés à ce que l’on appelle de l’autre côté de la Manche le FASGW (Future Anti Surface Guided Weapon). Londres avait d’ailleurs indiqué que ce projet serait mené à bien, même si les Français ne s'y associaient pas. Reste que la coopération permet de partager les coûts de développement et de bénéficier d’un meilleur effet de série. C’est pourquoi les Britanniques avaient même, pour inciter leurs partenaires à rester dans la boucle, proposé à ceux-ci de prendre en charge les premières phases de financement, les Français remboursant alors avec quelques années de décalage. Une sorte de crédit qui n'était toutefois pas sans risque sur la facture finale et les retombées industrielles dans l’Hexagone.

 

 

Maquette de l'ANL à l'issue des études de levée de risques (© : MBDA)

Maquette de l'ANL à l'issue des études de levée de risques (© : MBDA)

 

 

Symbole concret de la coopération franco-britannique

 

 

Au final, ce sont probablement, avant tout, des questions politiques qui sauvent l’ANL en France, où le gouvernement est très soucieux de consolider la coopération avec les Britanniques en matière de Défense. Or, le futur missile antinavire léger, qui faisait partie des projets retenus dans le cadre des accords de Lancaster House, fin 2010, est l’un des très rares programmes pouvant être mené à brève échéance par les deux pays. « Je crois que l’Europe de la Défense se mettra en place par des projets concrets, et cette démarche franco-britannique dans le domaine missilier en est un très bel exemple. C’est pourquoi j’ai personnellement marqué mon soutien au lancement du projet ANL. Il faut poursuivre, la filière franco-britannique doit encore évoluer vers une intégration plus poussée », a déclaré hier Jean-Yves Le Drian, qui soutient une amplification de l’intégration de l’industrie européenne des missiles, initiée il y a 10 ans avec la création de MBDA, filiale de BAE Systems (37.5%), EADS (37.5%) et Finmeccanica (25%).

 

 

FASGW tiré par un AW159 Wildcat (© : MBDA)

FASGW tiré par un AW159 Wildcat (© : MBDA)

 

 

Remplacer le Sea Skua et offrir une nouvelle capacité en France

 

 

L’ANL/FASGW a pour but de doter les hélicoptères des marines française et britannique d’un missile antinavire adapté au traitement de petites cibles de surface (des bateaux de moins de 500 tonnes, de la corvette aux vedettes rapides en passant par les embarcations terroristes ou même pirates si celles-ci sont, un jour, dotées de moyens antiaériens). Avec plusieurs avantages : traiter une menace en restant hors de portée d’une riposte éventuelle, ou encore augmenter la capacité offensive et l’allonge du bâtiment porte-hélicoptère. Le tout sans recourir à un missile antinavire lourd, comme l’Exocet, coûteux et disproportionné contre des bateaux de faible gabarit. Long de 2.5 mètres pour une masse d’environ 110 kg, l’ANL/FASGW doit offrir une portée supérieure à 20 kilomètres et être doté d’un autodirecteur infrarouge. Ce nouveau missile doit remplacer, au sein de la Royal Navy, le Sea Skua, qui arrive en fin de vie. Il équipera les nouveaux AW159 Wildcat. Quant à l’aéronautique navale française, elle recouvrerait cette capacité, dont elle est dépourvue depuis le retrait du service en 1995 de l’AS-12, qui était dévolu aux Lynx. L’ANL doit être mis en oeuvre par les NH90 et Panther de la Marine nationale.

Alors que les besoins français et anglais, qui ne sont pas encore annoncés, pourraient être de l'ordre de 150 à 200 missiles, l'ANL/FASGW présente également un potentiel à l’export, par exemple pour remplacer l’AS-15 TT.

 

 

NH90 doté d'un missile ANL (© : MBDA)

NH90 doté d'un missile ANL (© : MBDA)

 

Panther doté d'une maquette d'ANL - ancienne version (© : P. WODKA-GALLIEN)

Panther doté d'une maquette d'ANL - ancienne version (© : P. WODKA-GALLIEN)

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