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Le missile Exocet modernisé

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Le célèbre missile antinavire français bénéficie actuellement d’une importante modernisation. Ce programme très discret, notifié fin 2011, avait été révélé par un rapport sénatorial en 2013. « L'objectif du programme « évolution de l'Exocet » est, d'une part, de traiter les obsolescences touchant les équipements du missile permettant une amélioration des capacités intrinsèques de la munition face aux contre-mesures électroniques et aux navires furtifs conduisant à la définition appelée Block 3c et de permettre leur intégration sur les frégates Horizon et FREMM ».

Amélioration du Mer-Mer 40 Block 2, le MM40 Block 3 est pour mémoire entré en service en 2010 sur les frégates de défense aérienne du type Horizon. Il a ensuite équipé les FREMM et a été vendu à de nombreuses marines étrangères, dont le Chili, la Grèce, le Pérou, le Maroc, le Qatar, Oman, l’Egypte ou encore les Emirats Arabes Unis.

Par rapport au Block2, l’Exocet Block3 offre des capacités nettement accrues, avec une portée plus que doublée (180 km) grâce à l’ajout d’un turboréacteur et l’intégration d’un système de positionnement par satellite, qui lui permet d’être employé en mission secondaire contre des objectifs côtiers ou situés près du littoral. Plus léger tout en présentant les mêmes dimensions et installations de lancement, ce standard est accessible avec des munitions neuves ou tout simplement par retrofit du Block 2.

Le Block 3 n’avait, toutefois, pas traité l’obsolescence d’un certain nombre d’équipements, à commencer par l’autodirecteur électromagnétique du missile, qui bien que toujours performant, n’en a pas moins 30 ans et voit ses composants de plus en plus difficiles à obtenir. Le nouveau Block 3c va donc intégrer une nouvelle génération d’équipements. C’est le cas de l’autodirecteur qui, au-delà de la rénovation technologique des composants, va également bénéficier des dernières avancées en matière de traitement des formes d’ondes. Le calculateur, le système de positionnement satellite et le radioaltimètre vont également être rénovés et numérisés.

La mise en service de ce nouveau standard devrait intervenir en 2019. Une évolution similaire sur la version aéroportée (AM39) et celle mise en œuvre depuis les sous-marins (SM39) pourrait ensuite intervenir, sachant que ces deux missiles ont déjà bénéficié d’une numérisation de leurs systèmes pour adopter le standard Block2 Mod2 (adaptation de l’AM39 au Rafale F3, déjà opérationnelle) et prochainement avec l’entrée en service des nouveaux SNA du type Barracuda pour le SM39.

Avec le Block 3c, l’Exocet, dont le premier modèle date de 1974 (MM38) va voir sa durée de vie prolongée au-delà de 2030.

Une extension qui permettra de faire la jointure avec le projet franco-britannique FCAS/W (Future Cruise Anti Ship Weapon), aussi connu dans l’Hexagone sous le nom FMAN/FMC (Futur missile antinavire/Futur missile de croisière). Initié dans le sillage du traité de Lancaster House, signé en novembre 2010, cette coopération entre la France et le Royaume-Uni a fait l’objet d’un accord bilatéral le 28 mars 2017. Il s’agit d’étudier une nouvelle génération commune de missiles répondant aux futures menaces et qui succèdera aux Exocet, Harpoon, Scalp EG et Storm Shadow à l’horizon 2030. Un contrat d’étude binational de trois ans a été notifié afin de déterminer les besoins opérationnels et performances souhaitées en matière de lutte antinavire et de frappe dans la profondeur. Les travaux portent notamment sur des questions liées à la furtivité, l’autodirecteur, la portée, la charge militaire ou encore la vitesse (subsonique ou supersonique). A l’issue de ces études, la Direction Générale de l’Armement et son homologue britannique devraient, vers 2020, arrêter les grands choix et déterminer quelles mutualisations sont possibles entre les deux familles de missiles.  

Marine nationale MBDA