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Le Mistral au coeur de la tentative de libération de Denis Allex en Somalie

Accompagné de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, le bâtiment de projection et de commandement Mistral a servi de base arrière au commando qui a tenté, dans la nuit du 11 au 12 janvier, de libérer Denis Allex en Somalie. C’est notre confrère Jean Guisnel qui a révélé hier l’information sur son blog Défense ouverte. Parti le 5 décembre de Toulon, le Mistral devait assurer la 119ème rotation de la mission Corymbe en Afrique de l’ouest. Mais, fin décembre, on apprenait par la bande que le BPC avait été détourné de cette mission pour des raisons demeurées jusque là mystérieuses. Et pour cause, le bâtiment rejoignait en fait, dans le plus grand secret, l’océan Indien, afin de se positionner discrètement au large des côtes somaliennes. Objectif : se préparer à lancer une opération de sauvetage de Denis Allex, agent de la DGSE retenu en otage depuis le 14 juillet 2009 et pour lequel toutes les tentatives de libération par les canaux conventionnels avaient échoué.

 

 

Le BPC Mistral ( © EMA)

 

La frégate Chevalier Paul ( © MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Un commando emmené par la DGSE et composé également d’unités du Commandement des Opérations Spéciales (COS) a donc été projeté sur le Mistral, qui a servi de base au lancement d’une opération héliportée. Long de 199 mètres pour un déplacement de 21.500 tonnes en charge, ce bâtiment se prête particulièrement bien à ce type d’opération. Disposant d’importantes infrastructures de commandement et de puissants moyens de communication, il peut mettre en œuvre 16 hélicoptères lourds (avec un hangar doté des moyens de maintenance et de réparation associés, ainsi que des soutes à munitions) et abrite un vaste hôpital équipé notamment de salles d’opération, avec une capacité de télémédecine pour des interventions chirurgicales très délicates. Le Mistral, comme ses deux sisterships en service dans la Marine nationale, le Tonnerre et le Dixmude, offre donc un cadre parfait pour préparer, lancer et commander une opération complexe, avec une forte capacité à durer, c'est-à-dire demeurer longtemps sur une zone en profitant de la haute mer pour demeurer caché et ménager un effet de surprise.

 

 

Le PC des BPC peut accueillir jusqu'à 150 personnes ( © MARINE NATIONALE)

 

Salle d'opération sur un BPC du type Mistral ( © MARINE NATIONALE)

 

Caracal dans le hangar d'un BPC ( © EMA)

 

Tigre sur un BPC ( © EMA)

 

Caracal et Tigre ( © EUROCOPTER)

 

 

Selon Jean Guisnel, une demi-douzaine d’hélicoptères, apparemment quatre Caracal soutenus par deux Tigre, sont partis du BPC de la Marine nationale afin de rejoindre le lieu de détention de l’otage, situé dans une province du sud de la Somalie. Ce raid à grande distance a pu être suivi par les puissants radars du Chevalier Paul, comme le S-1850, dont la portée est d’environ 400 km. Comme on le sait, l’opération a malheureusement mal tourné, le commando, sitôt arrivé, faisant immédiatement face à une forte résistance. Deux militaires français sont morts dans l’assaut, au cours duquel, selon le ministère de la Défense, « 17 terroristes  ont été tués ». Quant à Denis Allex, « tout donne à penser que malheureusement (il) a été abattu par ses geôliers », a précisé samedi Jean-Yves Le Drian.

 

Malgré l’échec de cette tentative de libération, d’un strict point de vue opérationnel, on retiendra que les BPC confirment leur rôle de « couteaux suisses » de la marine. Extrêmement polyvalents, ils peuvent aussi bien servir à l’évacuation de ressortissants (Liban en 2006) qu’aux opérations humanitaires (Birmanie en 2008), à l’assaut depuis la mer d’hélicoptères de combat (Libye en 2011), ou encore à la projection de forces terrestres et aéromobiles dans le cadre d’un débarquement. A cet effet, les BPC peuvent accueillir 450 soldats et 70 véhicules (dont des chars), débarqués au moyens d’engins amphibies de type EDAR ou CTM, abrités dans un radier pouvant contenir 2 EDAR, 4 LCM ou 1 EDAR et 2 CTM.

 

 

Débarquement de véhicules depuis un CTM embarqué sur un BPC ( © JEAN-LOUIS VENNE)

 

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