Défense
Le Mistral et le Dixmude rentrent à Toulon

Actualité

Le Mistral et le Dixmude rentrent à Toulon

Défense

Après une seconde rotation entre La Réunion et Mayotte afin d’acheminer du fret alimentaire, sanitaire et logistique au profit de la population mahoraise, le groupe Jeanne d’Arc a entamé son retour vers la métropole. Constitué du porte-hélicoptères amphibie Mistral et de la frégate Guépratte, il va retrouver Toulon, qu’il avait quitté le 26 février pour une mission qui devait initialement l’emmener jusqu’en Océanie. Mais celle-ci a été interrompue du fait de la pandémie de coronavirus, alors que les bâtiments se trouvaient en océan Indien.

 

Le Guépratte à La Réunion en avril (

Le Guépratte à La Réunion en avril (© MER ET MARINE)

 

Ils avaient alors été mobilisés dans le cadre de l’opération Résilience, lancée le 25 mars par le ministère des Armées afin de soutenir la lutte contre le Covid-19. En tout, le Mistral aura permis de réaliser trois opérations logistiques au profit de Mayotte, où une situation compliquée était redoutée en raison de moyens médicaux limités alors qu’une épidémie de Dengue frappait déjà l’île.

 

Débarquement du SGTE le 4 avril à Mayotte (

Débarquement du SGTE le 4 avril à Mayotte (© MARINE NATIONALE)

 

La première opération avait été menée dès l’arrivée du bâtiment sur zone après son départ le 26 mars de Malé, aux Maldives, où il était en escale. Le 4 avril, le PHA débarquait au moyen de sa batellerie son sous groupement tactique embarqué (SGTE), composé de militaires du 2e régiment d’infanterie de marine (2eRIMa), du régiment d’infanterie chars de marine (RICM) et du 6régiment du génie (6eRG). Des moyens humains et des véhicules qui ont permis de renforcer le détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM) en soutien des autorités locales, et qui reste déployé sur l’île dans le cadre de Résilience. Les militaires ont notamment assuré des distributions de vivres dans les quartiers défavorisés.

 

Le Mistral lors de sa première escale logistique à La Réunion en avril (

Le Mistral lors de sa première escale logistique à La Réunion en avril (© MER ET MARINE)

 

Le Mistral, accompagné du Guépratte, avait ensuite mis le cap sur La Réunion, où il avait du 10 au 13 avril chargé près de 250 tonnes de fret, avant de repartir pour Mayotte où cette cargaison a été livrée le 16 avril.

Enfin, lors d'un dernier passage à La Réunion, qu’il a quittée le 6 mai, le PHA a chargé plus de 500 tonnes de fret ainsi qu’un hélicoptère de la Gendarmerie en prévision d’éventuelles évacuations sanitaires (EVASAN) au profit du centre hospitalier de Mayotte (CHM). L’ensemble a été déchargé les 11 et 12 mai.

 

Déchargement de fret depuis le Mistral lors de sa dernière rotation vers Mayotte (

Déchargement de fret depuis le Mistral lors de sa dernière rotation vers Mayotte (© EMA)

 

En un peu plus d’un mois, souligne l’Etat-major des Armées, ce sont donc près de 750 tonnes de fret qui ont été transportées par le Mistral, soient 1166 palettes de vivres, d’eau, de matériel médical et sanitaire, ainsi que de chantier. Une aide militaire qui a permis de compléter le pont aérien mis en place avec La Réunion.

Mission accomplie, le Mistral et le Guépratte ont repris la mer, quittant la zone le 13 mai pour débuter leur transit retour vers leur base de Toulon. Les autorités françaises demeurent cependant très attentives à l’évolution de la situation dans l’île. S’il n’y a pas eu besoin d’utiliser les importantes installations hospitalières du PHA, le ministère des Armées va y projeter une partie de l’élément militaire de réanimation qui avait été déployé à Mulhouse au plus fort de la crise. Cela va permettre d’ajouter 10 lits de réanimation (il y en avait 20 en Alsace) en plus des capacités du CHM. Les modules de cet hôpital de campagne vont être acheminés à Mayotte d’ici la fin du mois par des avions de transport A400M de l’armée de l’Air.  

Pour mémoire, le Mistral et le Guépratte ont été déployés dans le cadre de la 11ème mission Jeanne d’Arc, qui se déroule chaque année depuis 2010 et permet notamment de former à la mer les jeunes élèves officiers. Ils sont 138 à bord des deux bâtiments, avec lesquels ils ont vécu leur premier déploiement de longue durée.

Quant au Dixmude, l’autre PHA de la Marine nationale dépêché Outre-mer dans le cadre de l’opération Résilience, il a lui aussi amorcé son retour en métropole. Il y était arrivé le 17 avril aux Antilles après deux semaines de navigation depuis Toulon avec à son bord du fret, notamment sanitaire, ainsi que des hélicoptères (Gendarmerie et Sécurité civile) et véhicules à destination de la Guadeloupe, de la Martinique, de Saint-Martin et de la Guyane (pour laquelle des conteneurs acheminés par le PHA ont été transbordés à Pointe-à-Pitre sur le BSAOM Dumont d’Urville, qui a ensuite rejoint Dégrad-des-Cannes). Au-delà du soutien logistique, le Dixmude a apporté son concours à des évacuations médicales grâce aux hélicoptères (deux Puma de l’armée de Terre) et à l’équipe du service de santé des armées qu’il embarque. Cinq opérations de ce type ont été réalisées du 24 avril au 6 mai afin de transférer des malades entre les centres hospitaliers antillais. La situation sanitaire locale étant désormais stabilisée et le déconfinement de la population en cours, explique l'Etat-major des Armées, le Dixmude a quitté Fort-de-France le 12 mai pour rentrer à toulon. "Divers moyens restent cependant mobilisés et les missions de soutien se poursuivent. Ainsi, les deux hélicoptères Puma de l’armée de Terre et leurs équipages restent positionnés en Martinique pour assurer le transport de patients. De la même façon, le détachement du 2e régiment de Dragons, spécialiste de la désinfection, reste aux Antilles afin notamment de concourir à la poursuite des évacuations de malades. Enfin, à Saint-Martin, le poste médical d’évacuation restera en place encore quelques semaines", précise l'EMA. Avant de rentrer, le Dixmude a participé à un exercice avec le bâtiment de projection néerlandais Karel Doorman et le porte-hélicoptères auxiliaire britannique Argus, qui ont eux aussi étté déployés dans la zone des Caraïbes pendant la crise. 

 

 

Le Dixmude, l'Argus et le Karel Doorman (

Le Dixmude, l'Argus et le Karel Doorman (© MARINE NATIONALE)

 

Enfin, le troisième PHA français, le Tonnerre, est resté en réserve à Toulon. Il avait été le premier engagé sur une mission sanitaire en assurant, du 21 au 23 mars, le transfert de 12 patients atteints du Covid-19 (dont 6 en réanimation) entre la Corse et Marseille, ce qui avait permis de soulager l’hôpital d’Ajaccio en pleine progression de l’épidémie.

- Voir notre focus détaillé sur les trois PHA du type Mistral

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Marine nationale