Histoire Navale
Le Musée de la Marine ferme ses portes jusqu’en 2021

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Le Musée de la Marine ferme ses portes jusqu’en 2021

Histoire Navale

Installé au Palais de Chaillot depuis 1937, le Musée de la Marine à Paris fermera ses portes ce vendredi soir pour le ne les rouvrir au public que fin 2021. D’ici là, l’établissement bénéficiera d’un vaste programme de rénovation. D’un coût de 50 millions d’euros, les travaux verront les locaux totalement modernisés et les espaces réaménagés afin de mieux mettre en valeur les superbes collections de ce musée d’art, d’histoire, de sciences et de techniques. Mais aussi adopter une nouvelle approche, visant à faire partager et comprendre au grand public, en partant de l’histoire, les enjeux maritimes actuels et futurs. Bref, démocratiser la mer dans toutes ses composantes et faire comprendre son importance pour l’avenir de l’humanité et la vie de chacun.

 

(© : MNM - P. DANTEC)

(© : MNM - P. DANTEC)

(© : MNM - A. FUX)

(© : MNM - A. FUX)

« Nous ouvrir plus largement à tous les publics »

« Nous devons parler à tout le monde, pas uniquement aux amateurs de maquettes. Il faut nous ouvrir plus largement à tous les publics, les jeunes, les anciens, les passionnés, les néophytes, les professionnels et les écoles, avec lesquelles nous allons déployer un programme pédagogique. Sensibiliser les jeunes générations est primordial et nous comptons d’ailleurs doubler le nombre d’élèves venant au musée et le faire passer de 10 à 20% des visiteurs. Jusqu’ici, nous étions surtout axés sur l’histoire de la marine et l’on venait regarder des œuvres. Demain, nous raconterons des histoires de mer et de marine avec l’objectif de lier notre grande histoire maritime et navale aux défis maritimes du XXIème siècle, qu’il s’agisse d’enjeux géostratégiques, de sciences ou encore d’environnement. C’est par exemple traiter des problématiques de réarmement naval et de remise en cause dans certaines régions de la liberté de naviguer à travers les mers, alors que nos sociétés sont extrêmement dépendantes du commerce maritime, qui représente 90% des marchandises échangées dans le monde. C’est mieux mettre en valeur l’économie maritime, de la pêche à la construction navale en passant par le développement des exploitations minières sous-marines au moment où les ressources naturelles se raréfient à terre. C’est aussi mettre l’accent sur la protection de l’environnement. Le rôle des océans est en effet crucial sur le climat et les énergies marines renouvelables constituent un enjeu majeur pour réduire la part des énergies fossiles. Il y a encore les aspects scientifiques car nous avons encore énormément de choses à apprendre sur les océans », explique le commissaire général Vincent Campredon, directeur du musée, dont il fermera symboliquement les grilles en cette fin de journée.

 

Vincent Campredon (© : MNM)

Vincent Campredon (© : MNM)

Un outil moderne et interactif

Le vieux musée de la marine a donc pour ambition de devenir un grand musée maritime, très moderne, plus intelligent, capable de séduire toutes les générations et qui sera largement ouvert sur le monde et toutes les dimensions de la mer comme des communautés humaines qui en dépendent. Pour cela, il s’agit non seulement de reconstruire un lieu, mais aussi d’élargir son offre et de le rendre plus interactif, avec de nouveaux espaces et une muséographie à la pointe de la technologie. Cette dernière sera confiée à une entreprise spécialisée dont le nom sera connu en 2018 et qui travaillera en collaboration avec l’équipe franco-norvégienne H2O Architectes et Snøhetta, lauréate du concours d’architecture lancé l’an dernier pour la rénovation du musée. « La nouvelle muséographie permettra de mettre en valeur l’identité maritime de la France, d’inviter au voyage et de transmettre les valeurs des marines, que ce soit le courage, l’audace, la curiosité, la solidarité ou encore l’esprit d’équipage ».

Un grand lieu culturel d’échange et de rencontre

Le Musée de la Marine va, aussi, se transformer en lieu d’échanges et de rencontres. « L’objectif est d’en faire un lieu culturel contemporain où l’on pourra notamment vivre l’actualité maritime, échanger et dialoguer autour de différentes problématiques. Il accueillera des séminaires, des évènements et en plus des expositions permanentes des expositions temporaires en lien avec l’actualité et qui favoriseront les échanges ». Un nouvel espace « actualité » sera notamment créé. Modulaire, il pourra être aménagé en fonction des besoins et évènements, par exemple en installant un PC Course lors de grandes compétitions de voile. S’y ajoutera un nouvel auditorium de 200 places et à un Centre de ressources avec notamment des livres en lien avec les expositions du moment.

 

(© : MNM - A. FUX)

(© : MNM - A. FUX)

(© : MNM - S. DONDAIN)

(© : MNM - S. DONDAIN)

Nouveaux espaces et nouvelles expositions

Alors que les expositions temporaires seront au nombre de deux par an, les plus belles pièces du musée, comme les tableaux de Vernet sur les ports français au XVIIème siècle, les figures de proue, les instruments de navigation et grandes maquettes de navires, seront exposées dans plusieurs studios. S’y ajoutera l’espace des expositions permanentes, qui deviendront en fait « semi-permanentes » puisqu’elles changeront tous les cinq ans afin de renouveler l’offre du musée et faire tourner ses collections, notamment les trésors contenus dans ses réserves. « Nous aurons trois espaces avec ces expositions semi-permanentes qui auront pour but de raconter des histoires où l’on part du passé pour arriver au monde contemporain et finir par parler des enjeux futurs. Il pourra par exemple s’agir d’une exposition sur l’histoire de la grande pêche qui ira jusqu’aux problématiques actuelles et futures de la surpêche, ou encore de thématiques autour de l’évolution des marines, des explorateurs, de la biologie marine, de l’économie de la mer et de son impact sur le développement littoral… Ce sera donc extrêmement varié et cela nécessite une réflexion énorme pour déterminer avec quels œuvres nous illustrerons ces thématiques ».

 

(© : MNM - A. FUX)

(© : MNM - A. FUX)

 

 

(© : MNM - A. FUX)

(© : MNM - A. FUX)

Un an pour déménager 850 œuvres

Des œuvres, le musée n’en manque pas : Il en possède plus de 30.000 (pour un total de 60.000 pièces), dont seulement 850 au Palais de Chaillot et un millier dans les quatre musées régionaux implantés à Brest, Port-Louis, Rochefort et Toulon. Les collections de l’établissement parisien, ainsi que les 20.000 ouvrages de sa bibliothèque, seront déménagés à partir de cet été vers le nouveau Centre de conservation et de ressources aménagé sur le site de l’ancienne base d’aéronautique navale de Dugny, près du Bourget. Une opération très complexe, puisqu’il faudra transférer des œuvres souvent très anciennes et fragiles, parfois même monumentales, avec toutes les précautions nécessaires. D’où la durée importante du déménagement, qui s’étalera sur un an. Ce n’est qu’à l’issue de ce transfert, à l’été 2018, que débutera le chantier du musée.

 

(© : MNM - S. DONDAIN)

(© : MNM - S. DONDAIN)

Le nouveau centre de Dugny

Projet lié mais mené indépendamment de la rénovation de Chaillot, le nouveau Centre de conservation de Dugny, ouvert en 2016, s’étale sur 8000 m² et comprend des espaces spécialement adaptées à la conservation des œuvres, avec notamment des systèmes de contrôle de l’hydrothermie, de la température et de la luminosité. Le site dispose également d’un atelier ultramoderne dédié à la restauration des œuvres. La musée profitera d’ailleurs du déménagement des collections de Chaillot pour faire examiner, dépoussiérer et si besoin remettre en état chaque objet, travail mené à bien en fin d’année dernière sur l’ensemble des réserves, qui étaient notamment conservées auparavant au fort de Romainville. « Toutes nos collections vont se retrouver dans un même lieu, adapté à leur conservation et leur restauration, mais qui sera également ouvert à tous. Chercheurs, enseignants et étudiants pourront notamment venir travailler à Dugny ».

 

Déménagement des réserves à Dugny (© : MNM - P. SCHMIDT)

Déménagement des réserves à Dugny (© : MNM - P. SCHMIDT)

 

 

Le Centre de conservation de Dugny (© : MNM - P. SCHMIDT)

Le Centre de conservation de Dugny (© : MNM - P. SCHMIDT)

Un projet qui bénéficiera aussi aux musées régionaux

Ce nouveau Centre de conservation et de ressources participe au grand projet scientifique et culturel qui soutient la rénovation de Chaillot, et intègre les autres établissements du musée. Les sites portuaires, qui bénéficieront aux aussi de programmes de modernisation dans les années qui viennent, s’inscriront dans une politique globale cohérente. Ils s’attacheront encore plus résolument à l’histoire locale, avec une évolution de leurs collections, tout en bénéficiant de nouvelles expositions temporaires qui pourront tourner sur le territoire. Avec la possibilité de puiser dans les réserves et, ainsi, de mieux valoriser le patrimoine du Musée de la Marine.

- Voir notre article sur l'histoire du Musée de la Marine

 

La citadelle de Port-Louis, face à Lorient (© : MNM)

La citadelle de Port-Louis, face à Lorient (© : MNM)