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Le musée des Pêcheries de Fécamp a ouvert ses portes

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Au terme d’un long chantier lancé il y a près de 10 ans, le nouveau Musée des Pêcheries de Fécamp a ouvert ses portes le 8 décembre. Aménagé dans une ancienne sècherie de morue qui constituait jadis l’un des fleurons économiques de la ville, l’ouverture du Musée des Pêcheries fait renaître dans la cité normande des Terre-Neuvas un bâtiment emblématique qui s’impose d’emblée comme le premier objet de la collection. Situé sur la presqu’île du Grand Quai, au cœur des activités portuaires de commerce, de plaisance et de pêche de Fécamp, le nouveau musée constitue, sur plus de 4700 m2 et 7 niveaux, un nouveau pôle culturel et touristique majeur pour la ville et la région.

 

Le bâtiment dans les années 50. Son activité a cessé il y a 20 ans (© DR)

 

Le projet répond à la volonté de réunir en un seul et même lieu, l’ensemble des collections maritimes et historiques du patrimoine fécampois, lesquelles étaient précédemment abritées dans deux sites dépourvus du confort et des services qu’attend aujourd’hui le public. Outre ses spacieuses salles d’exposition, le nouveau musée comprend une librairie-boutique,  une salle pour les expositions temporaires, un centre de documentation, un auditorium de 100 places et un vaste hall d’accueil.

La transformation du bâtiment en musée a été confiée au cabinet Basalt-Architecture et pour la muséographie à Die Werft. En coiffe de l’édifice, les concepteurs ont créé un vaste volume vitré auquel on accède par ascenseur panoramique depuis le hall d’entrée. Situé aux 6ème et 7ème niveaux du musée, ce belvédère offre sur 360°, un point de vue sur la ville et la côte d’Albâtre, traduite si souvent dans l’art par ces peintres des falaises. De ce point culminant débute en immersion, le parcours de visite.

 

Installation d'une maquette avant l'ouverture (© HELENE HOUELLE)

(© HELENE HOUELLE)

(© FECAMP TOURISME)

 

La diversité des collections, toutes liées à la ville, a orienté le conservateur en chef Marie-Hélène Desjardins, vers une répartition en cinq séquences : Galerie historique de Fécamp, port de pêche, Beaux-Arts, Musée de l’Enfance et Vie cauchoise. A certains niveaux, la présentation des collections s’accompagne de témoignages sonores ou d’images projetées. Devant cette multiplicité, l’enjeu de la muséographie a été de la rendre accessible dans un parcours d’ensemble naturellement diversifié.

Le Musée de Fécamp a ainsi pour particularité d’associer des collections de Beaux-arts à d’autres se référant au passé d’une ville qui fut, du XVIème à la fin du XXème, port de grande pêche morutière et harenguière. La séquence Beaux-Arts est riche ici de peintures du XIXème réalisées en plein air lors de la vogue des bains de mer dans les stations locales (Etretat, Yport, Fécamp), comme en témoignent ici les œuvres de Jules Noël, Maximilien Luce ou Emile Schuffenecker.

L’autre partie principale des collections est constituée de peinture de marine, de maquettes de chalutiers ou encore d’un authentique doris, embarcation utilisée à Terre-Neuve pour la pêche à la morue.

A ces deux séquences, trois autres soulignent un peu plus l’originalité du fonds. La première concerne l’enfance laquelle comprend une surprenante collection de biberons provenant d’un médecin qui incarna le début de la pédiatrie moderne. À
celle-ci s’ajoute une section sur l’ethnographie régionale mêlant armoires, bijoux, ex-voto et costumes. La troisième partie, consacrée à l’histoire de la cité, de la période ducale au Mur de l’Atlantique, est présentée sur les deux niveaux du belvédère, constituant une sorte d’interface entre l’histoire de la cité et les collections abritées ici.

Quelques espaces du passé industriel du bâtiment ont été volontairement conservés, ce qui permet de découvrir préservés les vestiaires des filetières, deux fours de cette ancienne sècherie de poisson ou encore l’imposant bureau d’angle de l’armateur.

Le chantier a rencontré d’importantes difficultés techniques qui ont retardé l’ouverture. La réalisation du musée a été financée par la Région Normandie, l’Etat (DRAC), la Ville de Fécamp, le Département de Seine-Maritime, l’Etablissement Public Foncier de Normandie et le FEDER.

Au-delà de la date d’ouverture, la période inaugurale va se poursuivre tout le premier semestre 2018 à travers divers rendez-vous culturels dont notamment, du 21 janvier au 29 avril, une première exposition temporaire "Travailleurs de l'horizon : François Kollar et la mer". Elle sera consacrée au photographe à travers son travail sur les milieux fluvial et maritime. Par ses clichés, Kollar met en avant les gestes et savoir-faire, la vie quotidienne des travailleurs, ainsi que la relation entre l’homme et la machine.

 

(© HELENE HOUELLE)