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Le mystère du navire de l'OTAN échoué en Italie

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Le mystère du navire de l'OTAN échoué en Italie

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L’Alliance, bâtiment de recherche armé par l’OTAN s’est échoué la semaine dernière à Cala Giovanna, sur l’île de Pianosa, en Toscane. On ne connaît pas les circonstances de l’accident mais le navire de 3200 tonnes devra subir de grosses réparations, deux brèches ayant été constatées sur la proue. Au-delà de l’échouage, qui a entraîné une interdiction pure et simple des excursions touristiques sur l’île, la présence même de l’Alliance soulève de nombreuses questions. C’est ce que révèle le journal italien La Repubblica qui s’est emparé de l’affaire, entraînant des demandes d’explications au parlement et l’ouverture d’une enquête judiciaire. Officiellement, l’Alliance a été autorisée à étudier une algue menacée par la pollution, la Posidonie, dans le secteur de Pianosa, interdit à la baignade et à la navigation. Bâtiment océanographique, il dispose de 400 m² de laboratoires et d’engins capables de plonger à 6000 mètres de profondeur. Pour cette mission, il est appuyé par le Leonardo, l’autre navire scientifique que possède l’OTAN. Le déploiement d’un tel dispositif est donc particulièrement important alors qu’en Méditerranée, l’archipel de Pianosa serait, selon les associations écologistes, l’un des secteurs les moins touchés par la pollution. Aux dires des spécialistes, les prairies sous-marines de Posidonie de cette réserve n’aurait même plus aucun secret puisque le gouvernement italien a déjà dépensé des milliards de lires pour l’étudier.

Associations écologistes et parlementaires montent aux créneaux

Selon l’organisation de défense de l’environnement Legambiente, les deux navires de l’OTAN travaillent dans cette zone depuis déjà quelques années sur des expérimentations dont la teneur est en grande partie inconnue. L’organisation estime que les équipements très sophistiqués utilisés par l’Alliance et le Leonardo reviennent à : « regarder la télévision avec un télescope, l’algue se développant de 30 cm à 40 mètres de profondeur ». L’OTAN explique de son côté que les submersibles testés à Pianosa sont destinés à la cartographie des fonds marins, aux relevés environnementaux et à l’exploration des sites archéologiques sous-marins. Pour Legambiente, "Les potentialités militaires de ces robots sont évidentes et nos craintes de militarisation sont réelles, étant donné que l’OTAN est même parvenue à bénéficier de certains bâtiments sur l’îlot". Ainsi, selon La Repubblica, la fondation WWF, qui souhaitait observer les oiseaux de la réserve, s’est vue refuser à plusieurs reprises l’accès à Pianosa. Saisis du dossier, les politiques se mobilisent. Ainsi, la gauche et les verts italiens, persuadés que la version de la recherche scientifique est douteuse, ont réclamé des explications à Silvio Berlusconi et aux ministres de la défense et de l’environnement. Saisi du dossier, le parquet de Livourne a quant à lui ouvert une enquête pour éclaircir les raisons pour lesquelles L’Alliance s’est échouée mais aussi pour déterminer le but de l’expédition menée par l’OTAN. Le dossier ne devrait également pas tarder à atterrir à Bruxelles puisque l’archipel de Pianosa a été classé zone de protection spéciale par l’Union européenne. Sa faune et sa flore ont été reconnues de première importance.

Lire l'article de la Repubblica