Divers
Le Norway ne serait plus condamné à la ferraille

Actualité

Le Norway ne serait plus condamné à la ferraille

Divers

C’est un rebondissement de taille dans l’affaire de l’ex-paquebot France. Le navire, qui est au mouillage depuis le 10 août à Port Kelang (Malaisie), ne devrait finalement pas rejoindre un chantier de démolition indien. Selon nos informations, la Norwegian Cruise Line a reçu plusieurs offres de reprise ces dernières semaines. « Le navire est toujours à vendre et nous avons deux ou trois acheteurs sérieux», affirme la direction d’NCL, alors que nous apprenions hier soir que le prix du bateau, fixé à 30 millions de dollars au moment de son départ d’Europe, avait flambé. Une offre à 38 millions a été faite, ce qui marque un regain d’intérêt pour ce bateau que l’on a peut être un peu trop vite imaginé à la casse. Difficile toutefois de savoir qui se cache exactement derrière cette offre. Pour de telles négociations, la loi du silence est en effet la règle. Isaac Dahan, qui souhaitait ancrer le paquebot à Honfleur nous expliquait fin juin qu’il « en avait fait l’expérience à ses dépends » et qu’il « souhaitais désormais observer une complète discrétion autour de son projet ». Le promoteur affirmait alors être encore sur les rangs pour racheter l’ancien fleuron de la Transat. Depuis, aucune nouvelle.

Un nouveau Français en lice ?

Seule certitude, parmi les « acheteurs sérieux » qu’évoque la compagnie NCL, se trouve un autre investisseur français. Ce dernier souhaite remettre le Norway en état de naviguer mais pour les détails du projet, le cabinet d’avocats parisien qui gère le dossier reste muet. Ce qui est certains, c’est que ce candidat potentiel n’est pas le seul à avoir donné signe de vie pendant l’été. La famille saoudienne, qui s’était manifestée au moment du départ du navire de Bremerhaven est toujours intéressée. Selon ses négociateurs, « Il y a toujours des discussions mais les tractations sont très difficiles avec Nils Nordh (négociateur chez Star Cruises, maison mère d'NCL)». En revanche, le néerlandais Joop Post semble définitivement hors jeu. Après un premier échec au printemps, il avait refait surface en juillet. Ce député de la Hollande du nord souhaitait installer le paquebot dans le port d’Amsterdam. D’après nos sources, il ne serait une nouvelle fois pas parvenu à réunir les fonds nécessaires. La dead line qui lui avait été fixée par la compagnie arrivait à terme il y a quelques jours.

Réparations coûteuses

Revoir le Norway reprendre la mer, une utopie ? Pas si sûr. Certes les travaux seraient importants et la facture très salée mais l’envolée du prix de vente montre bien qu’un intérêt réel existe autour du paquebot (A noter d’ailleurs que, jusqu’à l’explosion d’une chaudière en 2003, c’était le navire de croisière qui connaissait le meilleur taux de réservation). La remise en état de cette gigantesque coque de 315 mètres de long n’est toutefois pas simple. Outre des travaux de mise à niveau des équipements, se pose la question de l’amiante. Comme tous les bateaux de sa génération, l’ex-France est truffé de marinite. On estime que 90% de ces fibres nocives peuvent être traitées pour quelques millions d’euros. En revanche, le montant d’un désamiantage total (avec des zones difficiles d’accès) dépasserait 25 millions d’euros et impliquerait une reconstruction partielle puisque les travaux s’attaqueraient à la structure même du navire.

Changer les moteurs

Pour faire naviguer à nouveau le Norway, d’importantes modifications seraient nécessaires autour de la motorisation. Avant l’explosion de 2003, les machines posaient déjà des problèmes et plusieurs chaudières avaient été condamnées. Sous le poids des années et d’une propulsion vieillissante, le paquebot commençait à accuser des retards de plus en plus importants sur ses traversées. C’est pour cette raison qu’une chaudière avait été remise en état de marche quelques semaines avant l’accident. Avant que le paquebot ne quitte l’Allemagne le 23 mai, plusieurs devis ont été réalisés concernant la propulsion. Trois solutions existent : Le changement des quatre chaudières, le remplacement de celles-ci par de nouvelles ou une autre solution, diesel-électrique, qui nécessiterait le remplacement des hélices. Ces différents projets oscilleraient entre 20 et 50 millions d’euros.
Selon certaines sources, la venue à bord des ferrailleurs indiens lorsque le paquebot est arrivé à Port Kelang concernait justement l’évacuation de la partie accidentée des machines. Pour l’heure, l’hypothèse du démantèlement serait donc exclue et NCL ne semble pas pressée de vendre le paquebot alors que les acheteurs potentiels augmentent la mise. Les associations de défense du paquebot et les amoureux du France ont donc tout lieu de se réjouir, même si les périodes de grâce ne sont parfois que des sursis.

Norway, l'ex-paquebot France