Construction Navale
Le nouveau fleuron de la SNSM remet Sibiril à flot

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Le nouveau fleuron de la SNSM remet Sibiril à flot

Construction Navale

Le Canot Tous Temps de Nouvelle Génération (CTTNG) de la Société Nationale de Sauvetage en Mer est sur les rails. Le prototype sera construit à Carantec, dans le Finistère, par le chantier Sibiril Technologies, qui en profite pour se remettre à flot. En tout, quelques 40 vedettes de la SNSM devront être remplacées dans les 30 ans à venir. C'est le 2 février à Paris, en marge d'un rendez-vous organisé durant la 5ème édition des Rencontres Emploi du Maritime par le Cluster Maritime Français, que l'amiral Lagane, patron de la SNSM, a signé le contrat avec Sibiril, sorti vainqueur de l'appel d'offres lancé par l'association dans le cadre du programme CTTNG. Le chantier breton va s'atteler à la réalisation du premier canot de série, en même temps prototype, qui doit prendre la mer en mars 2013 et rejoindre la station SNSM de l'Ile de Sein. Son premier sistership devrait, quant à lui, rejoindre les sauveteurs vendéens des Sables d'Olonne en 2014. Puis ce sera au tour des stations de Sète et Bonifacio d'être équipées, respectivement en 2017 et 2018.

 Le CTTNG   (© : SNSM)
Le CTTNG (© : SNSM)

Moderniser et uniformiser la flotte

« Le canot tous temps est un navire emblématique de la SNSM, car comme son nom l'indique, il doit pouvoir sortir dans n'importe quelles conditions météorologiques pour effectuer des opérations de sauvetage. Il devenait une priorité de se pencher sur un nouvel équipement qui réponde mieux aux nouvelles exigences du sauvetage, aux performances accrues grâce aux progrès technologiques de ces dernières années, et plus respectueux de l'environnement », explique la SNSM. L'association, qui s'appuie sur 6000 bénévoles, 220 stations de sauvetage et 600 embarcations, a décidé à l'occasion du programme CTTNG d'uniformiser ses nouveaux canots tous temps « pour mieux répondre aux exigences économiques et faciliter la gestion de la flotte ». Aujourd'hui, le plus ancien des CTT en service a été construit en 1980. Il s'agit de celui de l'Ile de Sein qui, après plus de 30 ans de bons et loyaux services, sera donc remplacé par le prototype de la nouvelle génération.

Insubmersible et auto-redressable

Du type ORC 178.R, le nouveau canot tous temps est conçu par Pantocarène. Dirigé par Didier Marchand, le cabinet d'architecture navale, basé à Port Navalo (Morbihan), a déjà dessiné pour la SNSM le prototype de la vedette SNSM de 1ère classe (V1NG). Le CTTNG sera insubmersible et auto-redressable, tout en alliant vitesse, stabilité et manoeuvrabilité. Il sera plus puissant que les moyens actuels des sauveteurs. Pour l'heure, Sibiril Technologies va attaquer la première phase, qui devrait durer trois mois, celle de la fabrication du moule du bateau. Il sera la propriété de la SNSM et permettra ensuite de fabriquer des canots en série, une bonne façon de tenir les prix. Le marché est porteur. Car l'association compte aujourd'hui 40 canots tous temps qu'il faudra renouveler au fil des années. «C'est un marché de 50 millions d'euros sur 30 ans», souligne l'amiral Lagane. La SNSM et le chantier de Carantec sont dans une logique de partenariat. «Ce doit être du gagnant - gagnant», disent les partenaires. Au chantier Sibiril d'être le mieux disant s'il souhaite construire tous ces bateaux...

 Le CTTNG  (© : SNSM)
Le CTTNG (© : SNSM)

Plus gros et plus puissant

À quoi ressemblera le nouveau canot, dont le coût sera de l'ordre de 1.2 million d'euros ? Une longueur de 18.8 mètres (hors tout), une largeur de 5.54 mètres et un tirant d'eau maximum de 1.53 mètres. Son déplacement atteindra 28 tonnes, contre 22 pour les embarcations actuelles. Équipé de deux moteurs de 650 CV, « respectant les normes écologiques les plus strictes », il pourra atteindre 25 noeuds, contre 20 aujourd'hui. Ce qui change encore: le futur canot, qui sera armé par un équipage de 8 marins, est certes un bateau de sauvetage mais aussi une «ambulance». L'espace permet d'accueillir plus de naufragés: 40 personnes dont 15 places assises et deux civières.
Pour le chantier Sibiril Technologies, qui a connu des heures difficiles l'an passé, puis une reprise par Jean-Pierre Le Goff, c'est l'heure de la remise à flot. Le plan de charge (au moins un an) est «satisfaisant». Le chantier, qui compte aujourd'hui 20 salariés, construit actuellement deux vedettes de 12 mètres pour la SNSM, ainsi que deux pilotines de port. Et il y aurait des touches sérieuses de commandes sur ce marché. Mieux, Sibiril Technologies concocte un nouveau bateau innovant, une vedette portuaire polyvalente. Pour l'heure, c'est du secret-défense. On saura tout sur la vedette en mai-juin. «Aujourd'hui, le chantier est reparti», se félicite Jean-Pierre Le Goff. «Il faut maintenant sécuriser.»
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Mer et Marine, avec Catherine Magueur Le Télégramme

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