Science et Environnement
Le nouveau navire de recherche du DRASSM dévoilé

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Le nouveau navire de recherche du DRASSM dévoilé

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Les chantiers H2X et le Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-marines (DRASSM) ont dévoilé, hier, la coque de l'André Malraux. Construit à La Ciotat suivant les plans du Bureau Mauric et financé par le ministère de la Culture, dont le DRASSM dépend, le nouveau navire de recherche français entrera en service l'an prochain. Ce bateau est très attendu au sein du DRASSM, privé de gros moyen nautique depuis le désarmement de l'Archéonaute, en 2005. Long de 36 mètres pour une largeur de 8.85 mètres, l'André Malraux, construit en matériaux composites, affichera un déplacement inférieur à 300 tonnes. Sa propulsion, diesel-électrique, comprendra notamment deux moteurs Baudouin 12M26 de 608 kW. La vitesse maximale sera de l'ordre de 13 noeuds et l'autonomie de 2000 milles à 11 noeuds. En matière d'équipements, l'André Malraux disposera d'une grue de 12 tonnes, d'un système de positionnement dynamique et d'un ensemble complet de gonflage nitrox HP pour la plongée sous-marine. Son portique, associé à un treuil, servira à la mise en oeuvre de mini-sous-marins ou autres engins (AUV, ROV...), pour un poids maximum de 7 tonnes. Le navire sera également équipé d'un magnétomètre Seaspy, un sonar à balayage latéral de type Klein 3900, ainsi que d'un treuil scientifique pour tracter des équipements de détection. Suivant la distance à laquelle il opèrera, l'André Malraux pourra embarquer 13 personnes, équipage compris (jusqu'à 200 milles des côtes, 2ème catégorie), ou 30 personnes, dont 20 plongeurs, à moins de 20 milles du littoral (3ème catégorie).



L'André Malraux   (© : Stéphane Cavillon/DRASSM)
L'André Malraux (© : Stéphane Cavillon/DRASSM)

Véritable support de plongée pour des équipes scientifiques et plus particulièrement pour des chercheurs en archéologie, le nouveau navire du DRASSM permettra d'effectuer des recherches d'épaves et contribuera à la protection des biens culturels maritimes français. Très différent de l'ancien Archéonaute, qui était construit en acier, l'André Malraux bénéficie des développements technologiques. Fabriquée en matériaux composites, mis en oeuvre grâce à la technique de l'infusion, la structure du bateau gagne en légèreté, tout en conservant des performances mécaniques optimales, assure H2X. Avec ce navire, le chantier de La Ciotat (né en 2007 de la fusion de H2O avec le chantier IX-Yard) bénéficie d'une belle vitrine de son savoir-faire en réalisant une plateforme complexe et un prototype innovant. Et le constructeur doit également respecter un planning très serré. L'André Malraux, dont la construction a débuté en août 2010, a vu la jonction des deux demi-coques composant sa structure menée à bien il y a quelques semaines. Après sa livraison, programmée en fin d'année, le navire débutera une série d'essais en vue d'entrer en service au printemps 2012.
On notera que le nom d'André Malraux a été retenu pour rendre hommage au résistant, homme de lettre et ancien ministre, qui a créé le DRASSM en 1966.

L'André Malraux  (© : Stéphane Cavillon/DRASSM)
L'André Malraux (© : Stéphane Cavillon/DRASSM)

Pour mémoire, l'Etat a confié au ministère de la Culture, par le biais du DRASSM, le soin de gérer administrativement et scientifiquement l'ensemble des biens culturels maritimes de toutes les eaux territoriales françaises (métropole et outre-mer). Le nouveau bâtiment sera donc prioritairement affecté à la réalisation de la carte archéologique sous-marine nationale, aux expertises des épaves de grand fond ou à l'étude des sites les plus menacés. Il servira aussi au soutien logistique des expertises, sondages et fouilles programmées situés dans des contextes maritimes requérant sa présence et fléchées comme prioritaires par le ministère de la Culture et les institutions représentatives de la communauté scientifique, comme le CNRA et le CIRA. L'André Malraux, grâce à sa conception, pourra aussi bien travailler sur la bande côtière que sur des zones situées au large. Du bord de la plage aux limites de la Zone Economique Exclusive (ZEE), il pourra mener de « simples » campagnes de prospection, comme des fouilles exhaustives et méthodiques par petits et grands fonds.