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Le nouveau ravitailleur de la marine française sera mis en chantier début 2020

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Le nouveau ravitailleur de la marine française sera mis en chantier début 2020

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Deux nouvelles séries de grands bâtiments pour la Marine nationale verront leur construction débuter dans les mois qui viennent. Avec d’abord la première des cinq nouvelles frégates de défense et d’intervention (FDI), dont la découpe de la première tôle est prévue fin octobre sur le site Naval Group de Lorient, puis l’entrée en phase de production du programme des quatre bâtiments ravitailleurs de forces (BRF), appelés à succéder aux derniers ravitailleurs du type Durance.

Conduit sous bannière européenne par l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR), le contrat BRF a pour mémoire été notifié le 30 janvier dernier à  un groupement d’entreprises constitué des Chantiers de l’Atlantique (mandataire) et de Naval Group. Le montant du marché, qui comprend également le maintien en condition opérationnelle des bateaux pendant six ans, s’élève à près de 1.7 milliard d’euros.

Les futures unités logistiques de la flotte française, connues à Saint-Nazaire selon les numéros de coque C35, D35, E35 et F35, sont une évolution du nouveau ravitailleur italien, le Vulcano, réalisé par Fincantieri. Ce dernier doit d’ailleurs construire la partie avant des BRF français, les sections étant ensuite remorquées jusqu’à Saint-Nazaire pour être assemblées aux parties arrière, qui seront produites localement. Les Chantiers de l‘Atlantique assureront l’armement de l’ensemble, puis les essais, Naval Group se chargeant de la partie liée au système d’armes.  

La construction de la partie avant du premier BRF doit commencer début 2020 (le contrat de sous-traitance avec les Italiens n’a toutefois pas encore été signé) alors que la section arrière sera mise en chantier à Saint-Nazaire environ six mois plus tard, soit autour de l’été 2020. La livraison du C35 à la Marine nationale est prévue à partir de la fin 2022. Suivra son premier sistership, le D35, dont l’achèvement devrait intervenir avant la fin 2025, puis les E35 et F35 mi-2027 et début 2029. Des dates qui pourraient pour les deux derniers évoluer de quelques mois en fonction du plan de charge de Saint-Nazaire.

Plus gros que le Vulcano italien, les BRF français mesureront 194 mètres de long, pour une largeur de 27.4 mètres, une jauge de 28.700 GT et un port en lourd de 14.870 tonnes. Leur tonnage à pleine charge atteindra 31.000 tonnes (environ 16.000 lège), ce qui en fera les plus lourdes unités de la flotte après le porte-avions Charles de Gaulle.

Côté équipements, on sait que ces bâtiments seront dotés de systèmes optroniques Paseo XLR de Safran. La décision quant au radar principal (2D ou 3D) et l’armement n’a en revanche toujours pas été officialisée. Le dossier est en effet sensible car les BRF devraient définir les nouveaux standards d'autoprotection des bâtiments de second rang de la Marine nationale. Des choix qui seront faits pourraient ainsi découler l'équipement de nombreuses autres unités neuves, comme les futurs patrouilleurs et chasseurs de mines. L'idéal, pour beaucoup, est une combinaison entre canon(s) de moyen calibre, entre 30 et 40mm (Thales et Nexter poussant notamment le RAPIDFire Naval en espérant profiter de BRF pour financer son développement), et des systèmes surface-air à très courte portée Simbad RC (dotés de missiles Mistral 3) de MBDA. Mais cela doit tenir dans une enveloppe budgétaire très contrainte. Or, vu le temps pris pour rendre une décision (elle devait initialement être actée cet été), il semble que les arbitrages sont particulièrement compliqués. 

- Voir notre article détaillé sur les BRF

Marine nationale Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)