Croisières et Voyages

Actualité

Le paquebot Carnival Triumph remorqué vers Mobile

Les remorqueurs Dabhol et Resolve Pioneer ont reçu pour mission de ramener aux Etats-Unis le paquebot Carnival Triumph, privé depuis dimanche de propulsion suite à un incendie dans un compartiment machine. Alors que le Resolve Pioneer était encore en route cette nuit, le Dabhol a rejoint hier le Carnival Triumph. L’armateur de celui-ci, la compagnie américaine Carnival Cruise Lines, avait initialement pensé que le navire, avec 3143 passagers et 1086 membres d’équipage à bord, serait conduit au port le plus proche, à savoir Progreso, au Mexique, afin que les croisiéristes soient  rapatriés par voie aérienne aux Etats-Unis. Mais cette solution n’a finalement pas été retenue pour deux raisons. L’une administrative, 900 passagers voyageant sans passeport (le navire, embarquant essentiellement des Américains, réalisait une mini-croisière de quatre jours avec une unique escale dans l’île de Cozumel, où les documents d’identité ne sont pas obligatoires), ce qui rendait les formalités plus complexes en passant par un pays étranger. L’autre raison tient aux forts courants dans cette zone du golfe du Mexique, qui ont fait dériver le Carnival Triumph de 90 milles depuis dimanche. Avec quand même un avantage : le paquebot s’est rapproché des Etats-Unis. CCL a donc choisi de le faire remorquer vers Mobile, désormais à égale distance de Progreso, une solution plus simple pour débarquer les passagers américains mais également plus aisée pour la navigation. Il est, en effet, plus facile de tracter le navire dans le sens du courant. Ainsi, le Carnival Triumph devrait finalement arriver à Mobile d’ici demain.

 

 

« Nous faisons tout ce que nous pouvons »

 

 

Pour mémoire, l’incendie, qui est survenu dans le compartiment machine arrière, a été maîtrisé grâce au système d’extinction automatique et n’a pas fait de blessé. Si les mécaniciens du bord ne sont pas parvenus à rétablir la propulsion, des moteurs auxiliaires, en plus des générateurs de secours, ont pu être relancés. Cela a permis de remettre en service une partie des sanitaires et des ascenseurs, tout en rétablissant le courant dans un restaurant, où du café chaud et une restauration sommaire est distribuée. CCL assure que tout est mis en œuvre pour assister les passagers, qui vivent depuis quatre jours dans des conditions dégradées, de nombreux équipements de « confort », comme la climatisation, étant inopérants. « Tous nos hôtes sont saufs et nous faisons tout ce que nous pouvons pour leur offrir le meilleur confort possible. Ils seront intégralement remboursés de leur croisière, y compris les frais de rapatriement et les dépenses à bord (hors boutiques et casino). De plus, ils recevront un avoir pour une future croisière d’un montant égal au prix qu’ils ont payé pour ce voyage », précise Gerry Cahill, directeur général de Carnival Cruise Lines, qui a présenté les excuses de la compagnie pour les désagréments occasionnés. Très mobilisée, CCL a dépêché à bord, par bateau, une équipe de techniciens et de personnel hôtelier afin de renforcer l’équipage, tant pour activer les réparations que pour soutenir les passagers. Plusieurs autres paquebots de CCL navigant dans la zone, dont les Carnival Elation et Carnival Legend, se sont par ailleurs déroutés vers le Carnival Triumph afin de transborder à son bord des vivres. Un bâtiment des garde-côtes américains, l’USCG Vigorous, a par ailleurs été dépêché sur zone afin d’assister le paquebot en cas de besoin.

 

 

Le Carnival Splendor lors de son arrivée à San Diego en novembre 2010 (© : US NAVY)

 

 

Deuxième incident du genre en un peu plus de deux ans

 

 

Livré en 1999 par les chantiers italiens Fincantieri, le Carnival Triumph mesure 272 mètres de long pour 38 mètres de large. Il affiche une jauge de 101.350 GT. Le navire avait quitté jeudi dernier le port américain de Galveston, au Texas, et devait achever lundi une croisière de quatre jours dans le golfe du Mexique. Les deux traversées suivantes, dont les départs étaient prévus les 11 et 16 février, ont été annulées, afin de permettre la réparation du navire. On notera que c’est la seconde fois en un peu plus de deux ans qu’une telle situation se produit chez Carnival Cruises Lines, principale filiale du groupe américain Carnival Corporation, leader mondial de l’industrie de la croisière. En novembre 2010, le Carnival Splendor, également réalisé par Fincantieri, avait connu la même mésaventure. Privé d’énergie après un incendie, le navire de 290 mètres et  113.000 GT, pourtant très récent (mise en service à l’été 2008), s’était retrouvé à la dérive, au large du Mexique et de la côte ouest des Etats-Unis, avec à bord 3300 passagers et 1300 membres d’équipage. Il avait fallu trois jours pour remorqueur le paquebot jusqu’à San Diego.

Ce nouvel incident soulève certaines questions quant à la redondance des systèmes et la capacité de ces grands navires de croisière à conserver leur propulsion en cas d’incendie. Car, même si ces évènements sont très rares au regard du nombre de paquebots en service (plus de 500 exploités en moyenne 51 semaines par an), il est permis de se demander ce qu’il adviendrait si un sinistre se produisait non pas près des côtes, mais en plein océan et dans des conditions météorologiques nettement moins favorables.


 

Carnival