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Le paquebot Costa Victoria aurait été vendu
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Le paquebot Costa Victoria aurait été vendu

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Navire emblématique de l’histoire de Costa Croisières et de son entrée dans l’ère des grands paquebots modernes au milieu des années 90, le Costa Victoria a, selon nos informations été vendu. Son armateur se refuse pour le moment à tout commentaire. Selon certaines sources, le navire, qui se trouve actuellement à Civitavecchia, aurait été cédé au groupe génois San Giorgio del Porto. Il partirait prochainement pour un chantier italien. En vue d’une adaptation et d’une remise en service au profit de SGdP ? Ce dernier exploite des chantiers de réparation navale à Gênes et Marseille, où des ferries ou paquebots sont régulièrement affrétés pour servir d’hôtels flottants aux équipages des navires en arrêt technique (et aux sous-traitants qui travaillent à bord). On pourrait imaginer une telle reconversion mais, dans le contexte actuel, cela serait peut-être une dépense trop lourde pour un marché étrillé par la crise du Covid-19. Ou alors SGdP sert d'intermédiaire pour une revente. Avec, au-delà d'une hypothétique reprise par un nouvel opérateur, scénario paraissant compliqué par les temps qui courent, une autre possibilité non négligeable : que le Costa Victoria, qui est maintenant âgé de 24 ans, finisse à la démolition, par exemple en Turquie où terminent régulièrement de gros navires européens. Ce qui nécessiterait, avant cela, des travaux préparatoires. On devrait logiquement en savoir plus dans les semaines qui viennent, quand Costa aura décidé de communiquer sur le sujet.

Réduire la voilure et les coûts en raison de la crise

La sortie de flotte plus ou moins rapide du Costa Victoria, qui était déjà logique avant le coronavirus, est en tous cas devenue une évidence compte tenu de la crise que traversent les compagnies de croisière, dont l’activité ne pourra pas reprendre de manière significative avant 2021. Et sans doute pour une partie seulement de leurs flottes. Les armateurs sont donc contraints de réduire la voilure, en commençant par se séparer de leurs unités les plus anciennes, sachant que même s’ils n’accueillent plus de passagers, les paquebots ne sont pas complètement désarmés. Ils gardent un équipage minimal, font tourner leurs machines et doivent régulièrement faire des ronds dans l’eau pour ballaster. Ils continuent donc de représenter des coûts opérationnels très lourds. La plupart des compagnies travaillent sur le sujet des désarmements définitifs actuellement. A ce titre, il y a fort à parier que le Costa neoRomantica s’en aille lui aussi dans les mois qui viennent.

Victoria : Un projet visionnaire qui à l’époque a plombé Costa

Le Victoria a une histoire assez particulière au sein de Costa, puisqu’il est arrivé au moment du départ de l’ancien liner Eugenio C (217 mètres de long, près de 33.000 GT de jauge et 1636 passagers), mis en service en 1964 et qui représentait à l’époque le navire du futur. En novembre 1996, l’Eugenio C réalise son ultime croisière aux couleurs de la compagnie italienne. Le navire a préalablement été vendu au chantier allemand Bremer Vulcan dans le cadre d’un accord comprenant la construction d’une nouvelle unité, qui deviendra le Costa Victoria. Il s’agit à l’époque d’un projet majeur puisque ce bateau est le premier paquebot européen moderne de plus de 1000 cabines. Un véritable challenge technique et commercial, d’autant qu’un sistership s’ajoute à la commande. A l’époque, même au sein de la compagnie, ils sont nombreux à douter qu’il sera possible de remplir des bateaux de cette capacité pour des croisières en Méditerranée.

Long de 253 mètres pour une largeur de 32 mètres et une jauge de 76.000 GT, le Costa Victoria est lancé en septembre 1995 et entre en service en juillet 1996. Son jumeau, le Costa Olympia, est en construction mais il ne rejoindra jamais la compagnie italienne. Celle-ci voit en effet ses comptes plombés par le projet et abandonne le second bateau, ce dont Bremer Vulcan ne se remettra pas. Alors que le chantier fait faillite, la coque du Costa Olympia est finalement rachetée par NCL, qui fait achever le navire chez Lloyd Werft et le met en service en 1999 sous le nom de Norwegian Sky.

Quant à Costa, visionnaire en Europe avec ces navires de grande capacité mais financièrement en situation de faiblesse, l’armateur génois doit faire face à une période très difficile, y compris sur le plan actionnarial. La famille Costa n’est en effet pas d’accord sur les orientations à prendre face à cette situation, et nombreux sont les héritiers à vouloir céder l’entreprise. Alors que le groupe RCCL s’intéresse à la reprise de Costa fin 1996, c’est finalement son concurrent Carnival Corporation qui va profiter de cette aubaine. Le géant américain s’offre ainsi Costa en juin 1997 (RCCL rachetant au même moment la compagnie grecque Celebrity).

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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