Croisières et Voyages
Le paquebot Monarch rejoint Aliaga pour y être démoli
ABONNÉS

Actualité

Le paquebot Monarch rejoint Aliaga pour y être démoli

Croisières et Voyages

Sans grande surprise, l’ex-Monarch of the Seas, sorti en octobre 1991 des Chantiers de l’Atlantique, a rejoint Aliaga, où se situent les grands chantiers turcs de démolition de navires. Il y est arrivé le 12 juillet après avoir quitté la veille son mouillage devant Malte, où se trouve toujours son jumeau, le Sovereign (livré en décembre 1987), qui va probablement prendre le même chemin. Les deux paquebots de 268 mètres, 74.000 GT et 2700 passagers avaient fait un passage au cours de la seconde quinzaine de juin à Naples, en Italie, où de nombreux matériels et fournitures avaient été débarqués. Hier, le Monarch était apparemment toujours positionné devant Aliaga, dans l'attente probable de pouvoir être échoué sur la plage des chantiers. 

La fin prématurée de ces navires, dont la vente à la démolition n'a toujours pas été officiellement annoncée par leur propriétaire, est liée à la crise du coronavirus, à laquelle n’a pas résisté la compagnie espagnole Pullmantur, placée en redressement judiciaire le mois dernier. L’armateur américain RCCL était actionnaire à 49% de l’entreprise, qu’il avait rachetée en 2006 avant d’en céder 51% à un fonds d’investissement (Springwater) en 2016. RCCL avait néanmoins conservé la propriété des paquebots exploités par Pullmantur, dont la flotte ne comptait plus que trois unités. En dehors des Sovereign et Monarch, il y avait également l’Horizon, navire de 208 mètres, 47.200 GT de jauge et 1800 passagers livré en 1990 par le constructeur allemand Meyer Werft. Exploité l’hiver dernier dans la région des Emirats, et après avoir assuré en juin le rapatriement de personnels indiens vers Mumbai, il a rejoint le 6 juillet le port grec du Pirée. Il pourrait lui aussi finir sa carrière de manière anticipée. Idem pour deux autres vétérans du groupe RCCL, le Majesty of the Seas (1992), sistership des Monarch et Sovereign actuellement en attente en Angleterre, tout comme l’Empress of the Seas, (211 mètres, 48.500 GT, 1840 passagers), né à la même époque (1990) à Saint-Nazaire.

 

Le Monarch of the Seas lors de ses essais au large de Saint-Nazaire (©  CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

Le Monarch of the Seas lors de ses essais au large de Saint-Nazaire (©  CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

 

C’est pour mémoire avec ces paquebots que les Chantiers de l’Atlantique avaient réussi à percer sur le marché des grands navires de croisière, grâce auquel ils ont pu survivre. Une page de l’histoire de la construction navale nazairienne est donc en train de se tourner, après le départ à casse, en 2018, du Marella Spirit, ex-Nieuw Amsterdam sorti des chantiers en 1983. Ce navire de 214.6 mètres, 33.900 GT et 1350 passagers commandé par Holland America Line avait été le premier paquebot moderne réalisé dans l’estuaire de la Loire. Un sistership, le Noordam, avait suivi en 1984, année précédant la commande du Sovereign of the Seas. Portant désormais le nom de Marella Celebration, l'ex-Noordam a été retiré prématurément du service en raison de la crise sanitaire et a lui aussi de fortes chances de terminer sous les chalumeaux. Il a rejoint début juillet Le Pirée, où il est en attente, alors que le Marella Dream (ex-Homeric et ancien Costa Europa datant de 1986) a quant à lui rallié le port croate de Gaženica. 

- Voir notre article sur l'histoire de l'ancien Nieuw Amsterdam

- Voir notre reportage à bord du Monarch

- Voir notre article réalisé en 2007 à l'occasion des 20 ans de la livraison du Sovereign

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France) | Actualité Royal Caribbean