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Le Pascal Paoli pris d'assaut, le combat des marins de la SNCM continue

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Le Pascal Paoli pris d'assaut, le combat des marins de la SNCM continue

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Le Pascal Paoli fait route cet après midi vers le port militaire de Toulon. Un transit sous bonne escorte puisque le cargo mixte est encadré par la frégate Courbet et l’aviso EV Jacoubet. Hier après-midi, une cinquantaine de grévistes du Syndicat des Travailleurs Corses (STC) s’étaient emparé du navire à Marseille et avaient appareillé de force vers l’île de Beauté. Arrivé dans la soirée devant Bastia, le Paoli est resté au mouillage toute la nuit avant d’être pris d’assaut ce matin. Sur ordre direct de Matignon, à 8 H 45, cinq hélicoptères de transport Puma ont débarqué à bord une cinquante d’hommes du GIGN et des Commandos marine. La reprise en main du bâtiment s’est déroulée sans heurts, le syndicat ayant demandé aux marins de ne pas opposer de résistance. Les hommes ont été menottés et coduits à l’intérieur du cargo mixte. « Nous n’acceptons pas qu’un privé vienne se saisir d’un outil appartenant à son pays. Nous le rendons donc à son propriétaire, la Corse », avait déclaré hier le secrétaire général du STC, Alain Mosconi. Embarqués sur le patrouiller Gravona, les inspecteurs de la police judiciaire sont montés à bord après l’assaut et ont signifié aux grèvistes leur garde à vue. Le parquet de Marseille a ouvert une procédure pour détournement, un crime passible de 20 ans de prison. « Les militaires ont fait leur travail dans un soucis de préserver la sérénité. Cette opération est un succès », a souligné Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense. Autre réaction, celle de Jean-François Copé : « La stratégie du pire doit cesser à la SNCM », a lancé ce matin le parole du gouvernement.
Toute la nuit, des heurts violents ont opposé les forces de l’ordre aux personnels de la SNCM et aux militants nationalistes rassemblés à Bastia. La ville est aujourd’hui en état de siège. Des compagnies de CRS ont pris position devant tous les bâtiments publics, alors que 300 manifestants bloquent le centre ville.

La mobilisation ne faiblit pas

A Marseille, où le mouvement a débuté il y a huit jours, on a suivi toute la matinée l’aventure du Paoli. La CGT s’est dite solidaire des révoltés du Paoli. « Il ne s’agit pas de voleurs et de pilleurs mais de pères de famille désespérés qui ont fait ce choix pour attirer l’attention des pouvoirs publics. L’Etat est le seul responsable de cette situation », a déclaré ce midi sur France 2 Jean-Paul Israël, secrétaire de la CGT. A Marseille le syndicat poursuit le blocus du port. Plus un navire ne fait mouvement jusqu’à Fos-sur-Mer, suite aux actions de soutien des dockers. A Marseille comme à Bastia, les syndicats jouent l’union sacrée face au projet de privatisation de la SNCM. Ils souhaitent la création d’une compagnie régionale publique. Face à la mobilisation des personnels, le gouvernement, tout en faisant preuve ce matin de fermeté, a également lâché du lest pour faire revenir les syndicats à la table des négociations. Hier soir, le ministre des Transports, Dominique Perben, a déclaré que l’Etat souhaitait finalement rester actionnaire minoritaire (il était jusqu’ici question d’une cession totale du capital à Butler Capital Partners). « C’est une ouverture qui permet de renouer le dialogue mais c’est le contenu du projet qui sera déterminant », affirme Jean-Paul Israël. Quelques heures avant cette déclaration, le syndicat avait appris que les deux marins interpellés mardi dans le cadre des affrontements sur le port de Marseille avaient été relâchés. Le président du fond d’investissement BCP, affirme de son côté que le retour au calme est un préalable nécessaire à la reprise de son offre. Walter Bulter accèpte que l’état reste dans le capital de la compagnie. Il a proposé 35 millions d’euros pour son rachat. L’Etat, pour sa part, prévoit d’injecter 113 millions d’euros pour éponger les dettes et financer le plan social.

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