Pêche
Le patron du chalutier lorientais Père Milo toujours porté disparu

Actualité

Le patron du chalutier lorientais Père Milo toujours porté disparu

Pêche

Malgré les importants moyens aériens et nautiques déployés au large de Belle-Ile, le patron du chalutier lorientais Père Milo n'a pas été retrouvé. Vers 13h30 lundi, alors qu'il était parti en mer avec un matelot pour pêcher la langoustine, son bateau d'à peine 12 mètres a été violemment éperonné par un chimiquier turc. Long de 121 mètres, le Lady Ozge avait appareillé le matin même de Saint-Nazaire et faisait route vers Dunkerque. Naviguant à une douzaine de noeuds, le navire de commerce a littéralement pulvérisé le Père Milo, qui a rapidement sombré. Alors que les deux pêcheurs s'apprêtaient apparemment à déjeuner, le matelot a été projeté par la violence du choc. Tombé à la mer, il a été récupéré par l'équipage du Lady Ozge, avant d'être hélitreuillé par l'hélicoptère Dragon 56 de la Sécurité civile et transféré vers l'hôpital de Lorient. Le patron est, en revanche, resté introuvable. Jusqu'à la tombée de la nuit, un hélicoptère EC225 de la Marine nationale, 7 navires de pêche et le chimiquier turcs ont ratissé en vain la zone. Reprenant hier au lever du jour, les recherches, qui ont impliqué un avion de surveillance maritime Falcon 50, ont été abandonnées à 14h30, soit 25 heures après l'accident.

 Seuls quelques débris du Père Milo ont été récupérés (© : MARINE NATIONALE)
Seuls quelques débris du Père Milo ont été récupérés (© : MARINE NATIONALE)

 Le Lady Ozge   (© : MARINE NATIONALE)
Le Lady Ozge (© : MARINE NATIONALE)

La hantise des pêcheurs

Alors que la collision est intervenue à une vingtaine de milles à l'ouest de Belle-Ile, le Lady Ozge a rejoint la rade de Lorient pour les besoins de l'enquête. Les gendarmes maritimes, chargés de mener les investigations, ont entendu l'équipage du navire turc, afin d'élucider les causes de l'accident, qui s'est produit alors que les conditions météorologiques étaient assez mauvaises. Le parquet de Lorient a, dans le cadre de cette affaire, ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire.
Hier, sur les quais de Lorient, la collision était évidemment dans tous les esprits. « On était à 5 milles de la zone, le patron nous a réveillé pour nous dire que le Père Milo avait été abordé. On a viré en catastrophe et on s'est approché. On a vu que des débris, des bouées, des caisses, mais on a rien trouvé d'autre. Le bateau a explosé, il est parti en miettes », explique Alain Lantrain, un pêcheur ayant participé aux recherches. Les abordages avec les navires de commerce, c'est l'une des hantises des équipages de bateaux de pêche. Et, comme l'explique Ludovic Crochard, patron du chalutier Entre Terre et Mer, les accidents évités de justesse ne sont pas rares : « On se demande "c'est à qui le tour?" C'est courant, pratiquement tous ici ont failli avoir le droit à une collision avec un cargo. Il y a 5 ans, j'ai eu chaud aussi, j'ai été obligé de battre en arrière sinon il me fonçait dedans ». Certains pêcheurs dénoncent notamment la problématique de la veille en passerelle. Mais, bien évidemment, il est encore trop tôt pour dire ce qui s'est produit lundi au large de Belle-Ile.

Pollution en mer et accidents