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Le patrouilleur Bouchard (ex-L’Adroit) arraisonne un palangrier chinois

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Le patrouilleur Bouchard (ex-L’Adroit) arraisonne un palangrier chinois

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Première prise pour le nouveau patrouilleur hauturier argentin, qui n’est autre que l’ex-L’Adroit armé par la marine française de 2011 à 2018. Vendu à l’Argentine l’an dernier, dans le cadre d’un contrat portant en plus sur la réalisation de trois unités neuves de ce type, le bâtiment a été livré en décembre par Naval Group. Il a quitté Toulon le 15 janvier après un important chantier de remise à niveau et d’adaptation aux besoins de son nouveau propriétaire.

Initialement réalisé sur fonds propres par Naval Group pour valider son concept de nouveaux patrouilleurs hauturiers (Offshore Patrol Vessels – OPV), le bâtiment de 87 mètres et 1650 tonnes de déplacement en charge a été mis à disposition de la Marine nationale pendant près de sept ans, période durant laquelle il a réalisé de nombreuses missions et servi à expérimenter différents équipements, dont le drone aérien Camcopter S-100. Puis il a été vendu à l’Argentine et a été rebaptisé Bouchard.   

 

Le Bouchard, actuellement en mission de police des pêches dans la ZEE argentine (© : ARMADA ARGENTINA)

Le Bouchard, actuellement en mission de police des pêches dans la ZEE argentine (© : ARMADA ARGENTINA)

 

Arrivé à Buenos Aires le 5 février, il a rejoint sa base de Mar del Plata, au sud-est de la capitale argentine, où il a été officiellement mis en service le 10 février. Rapidement, le nouvel OPV argentin a effectué une première patrouille dans la zone économique exclusive argentine, qui fait régulièrement l’objet d’actions de pêche illicite. Rentré le 5 avril à Mar del Plata, il en est reparti le 30 avril pour une nouvelle mission de surveillance de la ZEE, qu’il effectue en coordination avec un bâtiment des garde-côtes, le Prefecto Fique, ainsi qu’un avion S-2 Tracker de l’aéronavale. Une opération qui a permis, lundi 4 mai, de surprendre un navire chinois en train de pêcher illégalement dans les eaux argentines à hauteur de Puerto Madryn. Le Hong Pu 16, un palangrier de 62 mètres parti du port chinois de Zhoushan en octobre dernier, a tenté de s’échapper, mais il a été rattrapé et arraisonné par le Bouchard. L’équipe de visite du patrouilleur, déployée avec les deux embarcations rapides mises en oeuvre par les rampes à l'arrière du bâtiment, a mené un contrôle pour vérifier l’infraction. 700 kilos de poisson frais et 300 tonnes de produits congelés étaient dans les cales. Une procédure a été initiée à l’encontre du Hong Pu 16, qui a reçu l’ordre de se dérouter vers le port de Bahia Blanca, où il est arrivé hier, escorté par le garde-côte Prefecto Fique. Le Bouchard poursuit quant à lui sa mission dans la zone, surveillant plus particulièrement l’imposante flottille de pêche internationale qui travaille aux limites de la ZEE argentine.

 

Le palangrier chinois intercepté par le Bouchard (© : ARMADA ARGENTINA)

Le palangrier chinois intercepté par le Bouchard (© : ARMADA ARGENTINA)

Le palangrier chinois intercepté par le Bouchard (© : ARMADA ARGENTINA)

Le palangrier chinois intercepté par le Bouchard (© : ARMADA ARGENTINA)

L'arrière du Bouchard avec ses deux rampes pour semi-rigides (© : ARMADA ARGENTINA)

L'arrière du Bouchard avec ses deux rampes pour semi-rigides (© : ARMADA ARGENTINA)

Le garde-côtes Prefecto Fique et le Bouchard contrôlant les bateaux de pêche 

Le garde-côtes Prefecto Fique et le Bouchard contrôlant les bateaux de pêche (© : ARMADA ARGENTINA)

 

C’est typiquement pour ce type de mission que l’Argentine, qui dispose d’une importante ZEE (plus de 1.1 million de km²) de l’Atlantique à l’océan austral, a souhaité se doter de bâtiments comme le Bouchard. Des plateformes économiques et endurantes capables d’évoluer loin de leurs bases et sur de longues périodes pour surveiller et protéger de vastes étendues maritimes.

Après le Bouchard, trois autres unités du type OPV 87 vont être livrées par Naval Group à la marine argentine en 2021 et 2022. Le premier de ces trois patrouilleurs neufs est en cours d’assemblage au chantier Piriou de Concarneau.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.