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Le patrouilleur Jean-François Deniau endommagé
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Le patrouilleur Jean-François Deniau endommagé

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Le navire amiral de la Douane française est immobilisé à Toulon depuis bientôt deux semaines après avoir heurté des rochers, a appris Mer et Marine. Selon les informations que nous avons recueillies, l’incident, qui aurait aux dires d’un marin pu « très mal tourner », s’est produit dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Le Jean-François Deniau faisait alors relâche à Port-Cros, sur un coffre de mouillage de l’île située au large d’Hyères. Vers 1H30 du matin, les amarres du patrouilleur ont rompu. « L’équipage de veille n’a pu remettre en route les moteurs suffisamment rapidement et le navire a touché la côte par son arrière bâbord », explique-t-on à la Douane. L’équipage a immédiatement signalé cette situation périlleuse. Le bâtiment de soutien, d’assistance et de dépollution (BSAD) Jason a été rapidement dépêché depuis la base navale de Toulon pour assister le patrouilleur. Ce dernier, qui a pu être dégagé de justesse avant un échouement aux conséquences potentiellement graves, a été remorqué par le Jason jusqu’à Toulon. Heureusement, aucun blessé ni voie d’eau ne sont à déplorer. Mais le bâtiment a quand même subi des dégâts, qui imposent notamment de changer ses deux hélices. « Nous avons décidé de procéder aux réparations le plus rapidement possible », indique la Douane. Le patrouilleur a apparemment rejoint le chantier IMS de Saint-Mandrier pour ces travaux. 

Conçu par Bureau Mauric et construit par Socarenam, le Jean-François Deniau est entré en service en 2015. Basé à La Seyne-sur-Mer, ce bâtiment, le plus grand de la flotte des douaniers français, mesure 53.7 mètres de long pour 9.4 mètres de large, son déplacement en charge atteignant 530 tonnes. Armé par 14 membres d’équipage avec la possibilité de loger 10 personnes supplémentaires, il peut atteindre 21 nœuds, avec une autonomie de 3500 milles à 16 nœuds. Le bâtiment peut mettre en œuvre des mitrailleuses jusqu’à 12.7mm ainsi que deux embarcations rapides (un ZH 938 et un ZH 638).

Le patrouilleur mène depuis Toulon des opérations de surveillance maritime, de lutte contre les trafics illicites, de garde des frontières extérieures de l’Europe et de lutte contre l’immigration clandestine. Le Jean-François Deniau, dont la construction, d’un coût de 13.5 millions d’euros, a été majoritairement financée par des fonds européens, est déployé chaque année dans des missions coordonnées par l’agence Frontex au large de l’Italie ou de la Grèce.

 

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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