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Le patrouilleur La Combattante baptisé à Saint-Malo

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Le patrouilleur La Combattante baptisé à Saint-Malo

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Cela faisait 20 ans que Saint-Malo n’avait pas connu un baptême de bâtiment de la Marine nationale. C’était la frégate Surcouf, en mai 2000. Hier, la cité corsaire a renoué avec cette tradition.

Le patrouilleur La Combattante, sorti des chantiers navals de la Socarenam (Saint-Malo et Boulogne-sur-Mer) a été baptisé ce mercredi après-midi bassin Vauban, avec au passage sa première cérémonie de prise de commandement.

 

 

« Oui, il y a une fierté de voir fini ce bateau » témoigne Julien, un chaudronnier malouin. « C’est génial ! C’est la première fois ! Ça fait un petit pincement au cœur » ajoute son camarade François, soudeur. Venus à 65 de Boulogne-sur-Mer, le siège de la Socarenam, les salariés ont assisté auprès de leurs compatriotes bretilliens au baptême du bâtiment. Les Malouins ont construit la coque et les Boulonnais se sont occupés de l’armement. Au final : un patrouilleur de près de 61 mètres de long et de 760 tonnes, qui sera basé à Fort-de-France, aux Antilles, complétant les deux premières unités de cette série, La Confiance et La Résolue, mises en service en 2017 et stationnées en Guyane.

Des missions diverses

Aux commandes, un Paimpolais de 32 ans, le lieutenant de vaisseau Jean-Christophe Dherbécourt. « C’est mon premier commandement, explique l’officier qui aura sous ses ordres un équipage de 24 marins dont 30 % de Bretons. Le patrouilleur fera la police des pêches, luttera contre les trafics de drogue, assurera la surveillance de la zone économique exclusive et pourra aussi assurer des missions de service public de première urgence ». De Saint-Malo, il mettra d’abord le cap sur Brest puis partira vers Casablanca et enfin Fort-de-France, où il sera véritablement opérationnel en fin d’année. La traversée de l’Atlantique permettra d’effectuer de nombreux essais (armement, satellites…) et vérifications manœuvrières…

 

La Combattante (

La Combattante (©  MARINE NATIONALE)

 

L’humain à la hune

Dans son discours, Philippe Gobert, le président de la Socarenam a insisté sur le côté humain « l’humain est au cœur de la réussite de l’entreprise » a-t-il martelé prenant exemple sur ses apprentis, femmes et hommes, formés dans l’entreprise. Claude Renoult, le maire de Saint-Malo, en a profité pour faire l’éloge des métiers de l’industrie un peu trop délaissés. « C’est un métier d’avenir ».

Avec beaucoup d’émotion mais de fermeté dans la voix, la marraine Marine Barnérias, présentatrice de l’émission Littoral sur France 3, a dit sa fierté d’être là. Elle a loué les vertus des marins : « force de l’engagement, solidarité, authenticité, esprit d’équipe ». Et aussi expliqué qu’atteinte de sclérose en plaques elle se sentait aussi une « combattante ».

Une commande libanaise ?

C’est le vice-amiral Thierry Catard qui a « reconnu » le futur pacha du patrouilleur devant une nombreuse assistance, parmi laquelle il y avait deux officiers libanais : le brigadier général Ziad Nasr et le contre-amiral Joseph Sarkis. « Nous sommes là parce que le Liban pourrait commander un bâtiment de ce type. On doit prendre une décision » a confié le premier.

En attendant, 14 chalands de débarquement, des engins de 28 mètres sur 6, ont été commandés à Socarenam pour la Marine nationale. « La construction doit démarrer début juillet, a confirmé Benoît Clavurier, le directeur du site malouin. Ce qui nous assure un plan de charge de 6 à 8 ans ».

Un article de la rédaction du Télégramme


 

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