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Le Pedro, Saint-Bernard des flottilles embarquées

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Le Pedro, Saint-Bernard des flottilles embarquées

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Alors que le détroit de Messine n’est plus qu’à quelques dizaines de nautiques, une pontée de Rafale et Super Etendard rentre sur le Charles de Gaulle. A proximité du navire, en parallèle de la piste oblique, un hélicoptère surveille les manœuvres. « Notre mission consiste à assurer la récupération des pilotes en cas de crash ou d’éjection », explique le lieutenant de vaisseau Patrick Hilbert. L’officier fait partie des six pilotes de la flottille 35 F, qui dispose, sur le porte-avions, de deux Dauphin et d’une Alouette III. Ces appareils sont appelés « Pedro ». L’origine de ce nom daterait de la guerre de Corée, au début des années 50 et devrait son nom à un pilote d’hélicoptère américain, le premier à réaliser une mission de sauvetage au profit d’un avion embarqué. Peu connus par rapport aux flottilles de chasse et de guet aérien, ces appareils sont indispensables pour assurer la sécurité des avions. Au terme de missions lointaines, ceux-ci peuvent rentrer à court de carburant ou endommagés par un tir ennemi, sans oublier les pannes, avaries et accidents qui font des appontages des opérations toujours délicates. « C’est une mission très routinière, qui est simple tant qu’elle ne s’exerce pas. De nuit, les intervenions sont très compliquées, alors que nous devons assurer le treuillage du pilote en deux ou trois minutes ».

Station de sauvetage volante

Le détachement de la 35 F embarqué sur le CDG compte 35 personnes. Outre les 6 pilotes, 3 mécaniciens opérateurs de vol et 3 plongeurs sont nécessaires, de même que 23 techniciens chargés de la maintenance et de la mise en œuvre des hélicoptères. L’équipage embarqué par le Pedro se compose de 4 personnes, l’appareil étant équipé d’un treuil d’une longueur de 90 mètres et d’une capacité de 272 kilos : « Nous disposons également d’une civière dans laquelle le plongeur installera le naufragé s’il est conscient. Si ce n’est pas le cas, il sera sanglé ». Au cours de ces trois mois en Océan Indien, le groupe aéronaval français n’a pas eu à déplorer de perte d’appareil. Avant tout sauveteurs, les équipages de Pedro, qui peuvent accueillir 3 ou 4 passagers, peuvent être confrontés à des choix délicats. Le capitaine Hilbert dispose d’une longue expérience dans les opérations d’assistance et de sauvetage. Breveté en 1996, il a déjà piloté les Dauphin de service public du Touquet, d’Hyères et de Cherbourg : « Il faut toujours faire le maximum dans le cadre de la sauvegarde de la vie humaine. Le commandant est parfois obligé de déroger à certaines règles et il m’est arrivé de prendre 10 personnes dans l’hélico. Entre une ceinture qui ne va pas être attachée et la certitude que le gars dans l’eau ne va pas s’en sortir, le choix et vite fait ».

A bord du porte-avions Charles de Gaulle