Offshore
Le pétrole poursuit sa chute, BP va supprimer 4000 emplois

Actualité

Le pétrole poursuit sa chute, BP va supprimer 4000 emplois

Offshore

Le cours du pétrole a continué de baisser hier et frôle désormais, à New York comme à Londres, la barre symbolique des 30 dollars le baril, au plus bas depuis la fin 2003. Alors que l’or noir a perdu 30% de sa valeur l’an dernier, l’effondrement ne s’arrête pas, bien au contraire, puisque les prix sont encore tombés de 20% depuis le 1er janvier. La perspective d’une levée des sanctions économiques sur l’Iran, mais aussi l’immobilisme de l’OPEP (l’Arabie Saoudite a refusé la tenue d’une réunion d’urgence réclamée par le Nigéria), qui contrôle 73% des réserves mondiales, inquiètent les marchés.

Avec, en ricochet, des implications très fortes pour l’industrie pétrolière et gazière, notamment à l’offshore, qui souffre depuis plus d’un an de la chute des cours. La faible valeur du baril rend ainsi certaines exploitations trop coûteuses, alors que les marges des compagnies ont fondu, entrainant un brutal arrêt des investissements, en particulier dans la prospection.

Du Golfe du Mexique au Moyen-Orient, en passant par l’Afrique et l’Europe du nord, tous les bassins sont touchés et les répercussions sont déjà très importantes.

En mer du Nord, par exemple, une centaine de navires de service à l’offshore sont maintenant désarmés, faute de travail. Les chantiers navals spécialisés voient par ailleurs leur carnet de commandes diminuer à une vitesse inquiétante. Certes, de nombreux navires doivent encore être livrés cette année dans le monde (plus de 250 PSV, 200 AHTS et une cinquantaine de MPSV), ajoutant au passage de la capacité dans un marché exsangue. Mais à partir de 2017, c’est l’effondrement avec, pour l’heure, à peine 120 navires à livrer tous types confondus. Quant à 2018, seule une dizaine de bateaux est pour le moment programmée. Un certain nombre de commandes ont été annulées et d’autres retardées, en particulier dans le secteur des navires de forage. Evidemment, la situation des chantiers asiatiques et européens pourrait vite s'améliorer si le marché se reprenait, surtout pour ceux qui réalisent des navires de services, dont les délais de production sont assez courts.

Mais les perspectives sont très incertaines et l’industrie offshore ne s’attend pas à un redressement avant deux ans. Du coup, les entreprises du secteur et leurs fournisseurs réduisent la voilure, avec la disparition de dizaines de milliers d’emplois à travers le monde. Les groupes français Technip et CGG ont, par exemple, respectivement annoncé en 2015 la suppression de 6000 et 2930 postes.

Hier, l’un des géants du secteur, BP, a révélé un nouveau plan de restructuration prévoyant de réduire ses effectifs de 4000 personnes en 2016 et 2017, dont 600 pour ses activités en mer du Nord. Une mesure qui va toucher ses activités d’exploration et de production et feront tomber BP à moins de 20.000 salariés dans deux ans.