Construction Navale

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Le plan de bataille de l'Etat pour fortifier la filière navale

Construction Navale

Le 14 mars, en marge de la livraison du paquebot MSC Preziosa par STX France, la première réunion du comité stratégique de la filière navale s’est déroulée à Saint-Nazaire. Les deux ministres présents, Arnaud Montebourg pour le Redressement productif et Frédéric Cuvillier pour les Transports et la Mer, ont confirmé la réouverture de l’appel à manifestation d’intérêt sur le projet Navire du Futur. L’AMI, qui sera cette fois doté de 80 millions d’euros, fait suite à une première procédure, qui a vu quatre dossiers retenus (le bateau de pêche Arpège avec une consommation énergétique réduite de moitué, le transport de personnel et de fret - crew boat - pour la maintenance d'éoliennes offshore Navalis, propulsé au gaz naturel liquéfié ; le voilier du futur construit en bio-matériaux, doté d'une propulsion électrique et d'un système de voile et de pilotage innovants, ainsi que l’autodéfense passive des navires civils contre la piraterie) pour une vingtaine de millions d’euros. Mais ce premier appel à manifestation d’intérêt s’est révélé long et fastidieux, alors que seule une partie des financements prévus à cet effet (100 millions d'euros) ont été attribués.

 

Des bateaux économes, sûrs et intelligents

 

D’où l’idée de lancer un nouvel AMI, plus souple et intéressant non seulement les têtes de filière, mais également les sous-traitants, l’idée étant de faire émerger des projets collaboratifs. En cela, l’Etat suit la feuille de route du Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN). « Les briques technologiques ainsi développées s’inscriront dans le cadre du navire économe, opérationnel, sûr, propre et intelligent et viendront offrir à l’industrie navale française une avance dans un contexte d’intensification de la concurrence internationale », explique le ministère du Redressement productif, qui rappelle que la filière navale représente en France 70.000 emplois industriels et un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros, réalisé notamment à l’export (65% pour le nautisme, 80% pour les navires à passagers comme les paquebots, et 30% pour les bâtiments militaires).

 

L’innovation pour contrer la concurrence

 

Un secteur à forte valeur ajoutée donc, et bien placé pour bénéficier de l’émergence de nouvelles filières (comme les énergies marines), mais qui est confronté à une très forte compétition au niveau européen et doit faire face à la montée en puissance des chantiers asiatiques, qui lorgnent désormais sur les navires plus technologiques. Dans ces conditions, l’Etat souhaite renforcer la structuration de la filière et soutenir ses projets de recherche et de développement, l’innovation étant un gage de différenciation et de compétitivité. Les constructeurs français travaillent, ainsi, sur des unités de pêche, des paquebots, des ferries, des bateaux de plaisance ou des navires de service à l’offshore plus efficaces, plus sûrs et moins gourmands en énergie. Des travaux essentiels pour survivre et disposer d’un avantage concurrentiel, mais qui nécessitent d’importants moyens financiers, ainsi qu’un gros effort d’organisation et de structuration. Il apparait notamment qu'il manque en France des entreprises de taille intermédiaire (ETI) entre les grands ensembliers et les petites et moyennes entreprises (PME) 

 

Mise en place d’un contrat de filière

 

Le soutien à l’innovation et les financements prévus dans le cadre du programme Navire du Futur font partie de la mise en place d’un « contrat de filière », annoncée lors de la réunion du 14 mars. Il vise d’abord à développer les solidarités entre grandes entreprises, ETI et PME. « La médiation des relations interentreprises et le GICAN feront la promotion de la charte des relations interentreprises et du label Relation Fournisseurs Responsables, mettront en place une médiation de filière et développeront une initiative de soutien aux PME à potentiel par les grands groupes », explique le ministère. Le contrat doit aussi permettre de structurer et d’accompagner les PME de la filière navale, afin de les renforcer. Le projet Oceans21, financé dans le cadre du programme des Investissements d’avenir, vient contribuer à cet objectif. Destiné à accompagner près d’un millier d’entreprises, essentiellement des PME, dont une majorité située dans les bassins maritimes, le projet propose de définir et conduire une stratégie collective pour le renforcement des PME, accompagner des entreprises à l’international (en partenariat avec UBIFRANCE) ; maintenir et développer des compétences spécifiques au secteur naval (le maintien de l'accès à une main d'oeuvre hautement qualifiée est essentiel); et enfin améliorer de la performance industrielle et faire la promotion de modes de travail collaboratifs.

 

STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire)