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Le point sur la déconstruction des vieilles coques de la marine

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Le programme de déconstruction des vieilles coques de la Marine nationale se poursuit et a atteint depuis un certain temps son rythme de croisière. Arrivée au mois d’octobre à Bordeaux, l’ex-Jeanne d’Arc est toujours à quai sur le site de Bassens, où  l’ancien porte-hélicoptères, dont le démantèlement a été confié au groupe Veolia, fait l’objet de travaux de dépollution. Il s’agit, notamment, d’extraire les produits amiantés. Cette phase devrait être achevée à l’automne. La vieille coque entrera alors au bassin pour être déconstruite, ce qui devrait prendre environ six mois. Dès qu’elle sera au sec, Veolia amènera à Bordeaux l’ex-croiseur Colbert, toujours en attente au cimetière marin de Landévennec et qui suivra à Bassens le même processus que la Jeanne. Avant son grand départ, le Colbert bénéficiera d’une importante « toilette de mer », destinée à le préparer à son transit. Il faudra notamment vider ses soutes, qui ne l’avaient pas été, et vérifier que la structure, notamment la mâture, est suffisamment solide.

 

L'ex-La Galissonnière quittant Brest en juin (© MICHEL FLOCH)

L'ex-La Galissonnière quittant Brest en juin (© MICHEL FLOCH)

 

Du côté des anciens escorteurs d’escadre, le transfert est terminé. Après l’ex-Bouvet en 2012 et l’ex-Duperré fin 2014, l’ancien La Galissonnière a quitté Brest le 12 juin pour être remorqué jusqu’à Gand,  où Galloo va assurer sa déconstruction. Le groupe franco-belge y avait déjà traité ses aînés, ainsi que de l’ex-aviso-escorteur Commandant Rivière et de l’ex-aviso Jean Moulin. Il ne restera plus à Galloo, dans le cadre de l’actuel contrat le liant à la marine française, qu’à accueillir les anciens Détroyat et Enseigne de Vaisseau Henry, qui devraient quitter Brest pour être remorqués à Gand avant la fin de l’année.

Trois marchés de déconstruction supplémentaires sont prévus pour être attribués cette année. Le premier porte sur les anciens patrouilleurs du type P400, les vieux transrades et les bateaux de servitude désarmés à Brest et Toulon. Le lauréat de cet appel d’offres devrait être connu cet été.

A l’automne, la marine devrait ensuite notifier le marché de déconstruction des ex-transports de chalands de débarquement Ouragan et Orage, de l’ancien bâtiment de transport et de soutien Bougainville et de l’ancien bâtiment atelier Jules Verne. A ces coques stationnées à Toulon doivent s’ajouter les ex-bâtiments de transport légers Francis Garnier et Jacques Cartier, ainsi que l’ex-remorqueur ravitailleur Rari, désarmés à Brest.

Un troisième marché, dont le titulaire devrait être connu en fin d’année, concerne l’ancienne batellerie en attente à Toulon.

 

Les ex-Ouragan et Orage à Toulon (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les ex-Ouragan et Orage à Toulon (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pour la suite, la marine va lancer un appel d’offres qui permettra de déconstruire d’anciens brise-lames de la région brestoise et toulonnaise. Sont concernés les ex-bâtiments de soutien Rance, Rhône, Rhin et Loire, auxquels s’ajouteront peut-être les ex-frégates Duguay-Trouin et Aconit.

Une fois ce marché notifié, la flotte française sera « à jour » dans le traitement de ses vieilles coques et, pour la première fois, va suivre un plan de gestion pluriannuel de ses brise-lames. La frégate Dupleix, désarmée en 2014, va ainsi remplacer l’ex-Rance à l’école de plongée de Saint-Mandrier, où elle restera quelques années avant d’être remplacée par une autre coque, plus récente, ou si les moyens le permettent un ouvrage maritime. Idem à Lanvéoc-Poulmic, devant l’Ecole navale, où les ex-Duguay-Trouin, Aconit et Rhin ont été remplacés par les ex-De Grasse, Tourville et Georges Leygues. A Lorient, c'est le patrouilleur Albatros, prévu pour être retiré du service cet été, qui va succéder à l'ex-Rhône. Il en sera de même, à terme, pour les ex-frégates Suffren et Duquesne, ancrées à l’île du Levant et Saint-Mandrier.

 

L'ex-Suffren à l'île du Levant (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-Suffren à l'île du Levant (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Parmi les bâtiments récemment retirés du service et appelés dans les prochaines années à servir de brise-lames, on trouve notamment le pétrolier-ravitailleur Meuse. Et il y aura bien entendu les frégates du type F70 toujours opérationnelles et dont le désarmement sera décidé en fonction de l’entrée en service des nouvelles FREMM. Le Montcalm devrait, ainsi, tirer sa révérence en 2017 et sera suivi dans les trois à quatre années suivantes par le Jean de Vienne, le Primauguet, le La Motte-Picquet et le Latouche-Tréville. Ce sera ensuite au tour des Cassard et Jean Bart, auxquels succèderont en 2020 et 2022 les futures FREMM DA. 

Marine nationale